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Islande

Juillet 2013

Jour 1

Reykjavík

Comme toujours avant les départs, je suis réveillé avant la sonnerie de mon réveil. L’excitation !

Bagages en main, nous voilà en route pour Charles De Gaulle. Terminal 2F.

Attente. Enregistrement (Ouf, on est en dessous des 20 kg par personne !). Attente. Sécurité. Attente. Embarquement. Attente. L’avion décollera avec une heure de retard.

Quand la descente commence, on s’aperçoit qu’il y a 3 couches de nuages à traverser avant d’enfin voir l’île, et là… Wow ! On a pas encore posé le pied au sol qu’on est déjà dépaysé. On se croirait sur le point d’arriver sur la Lune, il n’y a quasi aucune végétation. Tout semble désert. Ah, non ! Une route ! Une voiture ! Deux ! Et là, une ferme ! Oulala !

Pour commencer, on récupère les valises, on change nos euros en couronnes Islandaises (et me voilà l’heureux détenteur de 184000 ISK, j’ai l’impression de jouer au Monopoly !), on récupère le 4×4…

On devait avoir un Subaru Forester, mais il n’est pas disponible. On nous donne un Nissan X-trail. Le modèle est plus ancien, mais on s’en fout car il est aussi un peu plus haut, et ça nous rassure puisqu’on prévoit de passer des gués durant le séjour. Seul bémol : l’autoradio n’accepte pas les mp3, on ne va pas pouvoir écouter les CDs qu’on a préparé. On devra se contenter de la radio islandaise. En route pour Reykjavik !

On commence par aller au camping. Le Tjaldsvæðið Laugardal (Laugarásvegur, Reykjavík) nous fait une bonne impression. Pour 1400 ISK par personne, on peut y passer la nuit. Les douches sont accessibles gratuitement. Il y a un coin cuisine avec réchaud et bouilloire. A l’extérieur, il y a des tables (certaines sont abritées), et même un barbecue. En bonus, on a le wifi gratuit.

L’ambiance est vraiment sympa. Il y a des coins « free stuffs » où les voyageurs sur le départ laissent leur surplus de provision ou de gaz pour ceux qui arrivent. On a encore rien vu, on a encore rien partagé, et pourtant on se sent déjà bien.

Une fois les tentes montées, c’est l’heure de la douche. On l’a bien méritée.

Le soir, on a visité la ville.

Le centre est très agréable et charmant. On a du mal à croire que c’est une capitale. Il y a des petites maisons colorées très jolies. Pendant qu’on arpente Hverfisgata, une des rues principales, on a la surprise de voir à chaque intersection la mer au bout de la rue qu’on croise. Et en fond, une énorme montagne. La nature ne se laisse pas oublier au milieu de cette zone urbaine.

Pour cette première soirée, on n’ose pas tenter la nourriture islandaise. Ce sera un restaurant italien. Mais on commande quand même une Viking pour accompagner le repas.

Après manger, on marche jusqu’à l’Hallgrímskirkja, l’église de la ville, puis on redescend se balader sur le bord de mer, on s’arrête regarder les pécheurs.

Il est encore tôt quand on retourne au camping, mais la journée a été longue, et on veut être en forme pour demain.

Jour 2

Le cercle d'or

La première nuit a été froide, mais c'est surtout la luminosité constante qui nous a gênés ! On s'est tous réveillé plusieurs fois dans la nuit, en se demandant quelle heure il pouvait bien être. C'est assez perturbant de ne pas réussir à se repérer.

Comme hier nous n'avons pas eu le courage de faire les courses, nous n'avons pas grand chose pour le petit déjeuner ce matin. Afin de se remplir le ventre un minimum, on décide de débuter la journée avec des pâtes chinoises pour accompagner notre café.

Il n'empêche que malgré notre difficulté à émerger, les pâtes sans goût et le café soluble à peine passable, partager ce moment tous les quatre, en regardant le soleil se lever, c'est un vrai bonheur. Aujourd'hui, c'est notre première vraie journée en Islande. Au programme : 113 km de route… On a hâte !

Mais avant ça, il faut passer par la corvée « courses ». On trouve rapidement un Bonus, mais il n'ouvre qu'à 11h… tranquille les horaires en Islande ! Alors on continue un peu plus loin jusqu'à trouver un magasin ouvert. Pain, beurre, confiture, tomates, fromage, saucisson (saucisson… c'est vite dit, il n'y a que du salami). Ça ira pour le moment. Un peu plus loin on s'arrête pour acheter un petit réchaud et une bouteille de gaz.

Maintenant qu'on est fin prêt, c'est parti !

On va commencer par les environs de Reykjavik, le « cercle d'or ». On s'attend à voir beaucoup de touristes aujourd'hui.

La route est longue car on s'arrête très souvent pour admirer le paysage.

Aux abords du lac Leirvogsvatn, c'est l'humain qui apporte sa pierre en construisant des totems. On ajoute le notre.

A midi, on a mangé à côté des failles de Þingvellir.

Puis on se dirige vers Geysir, la ville qui a donné son nom aux geysers. Ici, l'eau des rivières est à 80°C et de la fumée sort du sol. Ça sent un peu le soufre, mais je crois qu'il va falloir s'y habituer.

Après ça, on décide d'aller poser nos tentes. Le camping est à deux pas des geysers. Selon le vent, on reçoit quelques gouttes en provenance du plus gros d'entre eux.

Le camp est géré par l'hôtel Geysir. Un peu plus cher que la veille (1500 ISK par personne) pour moins de confort : pas de cuisine, aucune table abritée, douches payantes (300 ISK), mais ça fera très bien l'affaire.

A 18h, le soleil tape fort, il fait 20°C. On décide de faire péter le bermuda pour aller voir la chute d'eau de Gullfoss. Mais durant les 10 minutes de trajet, le soleil est parti, le vent a pris sa place. En prime, il pleut un peu, alors on ressort le pantalon…

32 mètres de haut, 70 de large, le spectacle de la « chute d'or » est d'une beauté à couper le souffle !

Retour au camping pour se sécher et se reposer. On s'assoit dans l'herbe jouer aux cartes. Au loin, on aperçoit un glacier. C'est magnifique…

La première journée se termine à peine, et on en a déjà pris plein les yeux.

Jour 3

Hveravellir

La nuit a été difficile car très froide ! Au matin, malgré le soleil et le ciel dégagé, il y a beaucoup de vent et celui-ci est glacial. Les choses risquent d’empirer pour nous dans la journée car nous allons quitter la route goudronnée pour la F35, un chemin de gravier qui nous emmène vers le centre de l’île… où nous attendent les glaciers !

Nous avons 100 km à faire jusqu’à Hveravellir, on mettra plusieurs heures, à cause de la route qui oblige à rouler à 30 km/h en moyenne.

Plus on avance vers le centre de l’île, plus la végétation devient rare. Le sol est presque rouge, quasi désertique. Martien.

Le vent souffle fort, très fort. Quand on arrive à Hveravellir, entre les glaciers Langjoskull et Hofsjokull, on est frigorifié. Le pantalon, le sous-pantalon, t-shirt, polaire, sur-polaire, coupe vent, bonnet, gants… Rien n’y fait.

On est donc assez déçu quand, en arrivant sur le camping, on découvre qu’il n’y a pas de cuisine ni d’abris. Il y a bien quelques tables en extérieur, mais toutes sont en plein vent.

Cependant, la vue est juste splendide.

On va se réfugier derrière un petit cabanon pour manger. Assis par terre, mais au moins, on est coupé du vent. Pas loin de nous, il y a un bassin d’eau chaude. L’idée de devoir se déshabiller par ce froid pour entrer dans l’eau nous terrifie. Quelques personnes se lancent devant nous, mais l’eau semble trop chaude.

Après avoir planté nos tentes, on va faire une petite balade. Hveravellir est une zone géothermique.

Là, entre deux glaciers, au milieu des vents froids, le sol fume, c’est impressionnant.

On s’aventure un peu plus loin. Le paysage autour de nous est magnifique, on prend une sacré claque !

On croise quelques moutons. On essaye de les approcher, mais ils fuient immédiatement.

Au retour sur le camping, on se pose au petit café déguster une crêpe et un chocolat chaud. Puis on découvre avec joie que contrairement à ce qui était annoncé sur notre guide, il y a des douches ! Celles-ci sont gratuites, ça fait un bien fou.

Le soir, on retournera sur la route de notre balade de l’après-midi. On y avait vu une petite maisonnette ouverte, avec une table. C’est rustique, mais pouvoir manger dans un abris est un vrai soulagement !

Le vent n’a toujours pas faibli quand on va se coucher. Il ne doit pas faire plus de 2 ou 3°C. On s’habille chaudement, et on se glisse dans nos duvets en espérant y trouver un minimum de chaleur pour la nuit.

Jour 4

Akureyri

La nuit a été rude, mais comme on redoutait de ne pas fermer l’œil de la nuit à cause du froid, on est content d’avoir réussi à dormir un minimum. Dire qu’on avait trouvé la première nuit difficile… Faut croire qu’on s’habitue !

Le matin, on a la joie de découvrir que le vent est tombé.

Ce réveil est assez particulier. On est là, après une courte nuit, perdus au milieu de nulle part, la plus proche ville est à 100 km. A gauche un volcan. A droite un glacier. Ici, on sent bien la force de la nature. On se sent tout petit.

Avant de mettre le cap vers la côte nord, dans l’espoir d’y retrouver la chaleur, on s’octroie le luxe d’un petit déjeuner complet au café du camping. Jambon, fromage, œufs, tomates, pain, céréales, yaourts, confiture. C’est un vrai régal !

On démonte les tentes, puis on reprend la F35. Sur la route, on est entouré de montagnes et de glaciers, le paysage est superbe.

Dans l’après-midi, on arrive à Akureyri qui, avec ses 18000 habitants, est la seconde plus grande ville. Le temps est couvert, le thermomètre affiche à peine 7°C mais comparé à hier, cela nous semble chaud.

On se pose au camping Hamrar (Kjarnaskóg, Akureyri). Il se situe sur les collines derrière la ville. Le terrain est immense. Une nouvelle fois, la vue est géniale. Pour 1100 ISK par personne, on a accès aux douches chaudes gratuitement. Mais il n’y a ni cuisine, ni abris.

Le soir, nous sortons visiter la ville, mais il n’y a pas grand chose à voir. En quelques minutes, nous en avons fait le tour. On en profite pour acheter quelques cartes postales et souvenirs. On se pose un moment dans un café boire une Gull. Ensuite, on va manger des spécialités locales au Bautinn. Ça nous permet de bien nous réchauffer. Puis on retourne au camping pour dormir.

Jour 5

Les baleines d’Húsavík

Un bon gros dodo de 10h, ça fait du bien après les courtes nuits précédentes. Une nouvelle fois, on se réveille dans un cadre grandiose !

Petit déjeuner, douche, démontage de tente. La routine se met en place.

Aujourd’hui est une journée que nous attendons depuis longtemps : on prend le bateau en direction du cercle polaire… On espère y voir des baleines !!

On prend la direction Húsavík, ce sera notre escale la plus au nord. Sur la route, on s’arrête voir la « chute des dieux » Goðafoss.

Arrivés à destination, on réserve le bateau pour 15h (58€ par personne), puis on va s’installer au camping (Héðinsbraut, Húsavík). Celui-ci se situe à quelques minutes à pied du centre ville et est très bien équipé : cuisine avec plaques à induction, table pour manger à l’intérieur, douches chaudes gratuites, machine à laver et salle de séchage.

15h approche, on retourne en ville à pied, direction la mer arctique ! Sur le bateau, on nous donne des combinaisons pour se protéger du froid. On est déjà bien couvert, mais on les enfile quand même. Nous croisons la route de baleines à bosse et de quelques puffins… On cherche une baleine bleue, en vain. Elle fait sa timide.

Le bateau bouge pas mal, je ne fais pas le malin. Plus nous allons vers le large plus il fait froid. On est content d’avoir mis la combinaison. Avant de rentrer au port, on nous distribue des chocolats chauds et un petit gâteau à la cannelle. Sur le retour, une baleine à bosse revient nous saluer.

Une fois revenus sur la terre ferme, on s’arrête à nouveau dans un magasin pour acheter une peluche représentant un puffin.

Le soir, on savoure un riz au curry dans la cuisine chauffée.

Jour 6

Mývatn

Premier réveil sous la pluie… C’est pas franchement agréable, mais on savait bien qu’on finirait par y passer. Aujourd’hui on ne se déplace que de 50 km… Il y a donc peu de chance pour que la météo soit meilleure.

Nous arrivons rapidement aux abords du lac Mývatn, « le lac des mouches », mais on n’en verra aucune. Les nuages sont très bas au dessus de l’eau. Ça donne une ambiance un peu mystique au décor.

Pour commencer, on décide de braver la pluie et d’aller jusqu’au cratère Viti. Sur le trajet, on croise Bjarnarflag, un bassin d’eau chaude, il est d’un bleu pâle surnaturel. Une fois devant le cratère, on est un peu déçu. Il y a tellement de brume que l’on peine à voir l’eau bleu turquoise qui s’est installée dedans. On discerne vaguement la silhouette du volcan Krafla au loin.

On fait donc demi-tour pour se rendre au pied du volcan Hverfjall. On y laisse la voiture et on grimpe à pied.

Une fois au sommet, c’est un sentiment étrange qui nous envahit. Nous, tout petits, tout faibles, sur ce volcan si grand, si puissant…

La vue sur le lac est incroyable.

Il y a des plaines vertes où pâturent des moutons, des champs de lave fossilisés aux allures lunaires, ainsi que des vallées d’un rouge martien où on trouve des sources de soufre de couleur jaune toutes fumantes. Tout ça en l’espace de quelques centaines de mètres !

Midi est largement dépassé. On va donc se poser au camping Hlíð (Hlíð ferðaþjónusta ehf Hraunbrún, Reykjahlíð). Il y a une grande tente avec des réchauds et des tables pour manger à l’abris du vent et de la pluie. En prime, les douches sont gratuites.

Plus tard dans l’après-midi, on retourne se balader. Tout d’abord sur le site géothermique Hverarönd que l’on apercevait depuis Hverfjall.

L’odeur de soufre est ici très forte. Limite insupportable.

Au milieu de la terre rouge et du soufre, on découvre des bassins d’acide sulfurique en ébullition.

Puis on retourne au cratère Viti. La visibilité est loin d’être idéale mais est un peu meilleure.

Le soir, après manger, nous allons nous baigner au Jarðböðin. C’est une source naturelle d’eau chaude qui est refroidie à l’eau froide car, à la base, l’eau est à 120°C ! Se baigner dans cette eau bleue à 40°C, au milieu des volcans, quand dehors il fait 5°C… C’est divin ! On y reste 2 heures.

Jour 7

Egilsstaðir

Les bains chauds d’hier nous ont aidés à supporter la nuit qui a été très humide.

Aujourd’hui, on met le cap vers l’est !

Sur la route, on fait un détour pour voir la chute d’eau Dettifoss, mais on a été un peu trop confiant sur la météo. Le trajet entre le parking et la chute est assez long, on se fait rattraper par la pluie. On hésite à rebrousser chemin, mais comme on a déjà fait le plus gros, on continue. On fera le retour en courant. A notre arrivée à la voiture, on est détrempé. Mon appareil photo a pris l’eau, il refuse de s’allumer

Dans le 4×4, on met le chauffage à fond pour faire sécher nos vêtements. Un peu plus loin, on s’arrête admirer une cascade bien plus modeste.

On fait escale à Egilsstaðir, non loin du lac Lögurinn où le cousin du loch Ness aurait élu domicile. Mais au lieu de chercher le monstre, on va dans un grill commander un bon burger, avec des oignons rouges confits, un délice.

Egilsstaðir est loin d’être l’étape la plus intéressante de notre parcours, mais elle est nécessaire pour passer du nord au sud.

On monte nos tentes au camping du Kaffi Egilsstaðir (Kaupvangur 17, Egilsstaðir), pour 1100 ISK par personne. Les douches sont très propres et accessibles gratuitement. Il y a une grande pièce chauffée avec une machine à laver, mais aucune table. Le soir, nous devrons manger par terre, c’est bien dommage.

L’après-midi, on fait une petite randonnée dans la forêt aux alentours (une des seules d’Islande).

On découvre une sorte de petit bar, une scène, et même une tyrolienne. On s’y arrête un moment pour s’amuser.

Au sol, on trouve des champignons mais aussi groseilles, des fraises des bois et des framboises. Ça nous a fait un chouette goûter… et surtout ça nous change des barres de céréales !

Le soir, il fait froid, mais nous avons laissé la pluie derrière nous, ça fait du bien d’être au sec !

Jour 8

Les fjords de l'Est

a pluie nous a rejoint dans la nuit Au matin, on retourne manger dans la salle chauffée. Par terre, mais c’est mieux que dehors.

Aujourd’hui, tout droit vers le sud. On croise les doigts pour avoir une meilleure météo.

Sur la route, les montagnes qui se dégradent en noir, vert, jaune et rouge. C’est somptueux.

Arrivé sur le bord de mer, on se balade un instant sur une plage de sable noir.

Puis on remonte en voiture longer les fjords de l’est. On croise des dizaines de cygnes. D’un côté l’océan atlantique, de l’autre les montagnes. On se sent à nouveau tout petits.

On roule ainsi jusqu’à Höfn. Le ciel est dégagé, ça fait du bien On s’installe au camping à l’entrée de la ville. Les douches sont payantes (100 ISK pour deux minutes), les prises aussi (100 ISK pour recharger un appareil) mais il y a une cuisine extérieure abritée (avec des réchauds et des tables) et une pièce chauffée (avec une bouilloire et des tables) à disposition. Il y a même un coin Internet, mais il faut payer.

En fin d’après-midi, on décide d’aller jusqu’au pied du glacier Hoffell… Quel spectacle !

En rentrant au camping, il y a des tas de voitures arrêtées sur le bas côté. Un renne ! Alors on fait comme les autres, et on prend des photos.

Le soir, on dégustera les raviolis et les saucisses les plus immondes qu’on ait jamais mangé.

Jour 9

Les icebergs de Jökulsárlón

C’est notre première nuit intégralement au sec depuis 6 jours, quel bonheur ! Ce matin le ciel est bleu au dessus de l’océan et des glaciers, ça annonce une bonne journée.

Dans la matinée, nous longeons le glacier Vatnajökull...

... jusqu’au lac Jökulsárlón ! A cet endroit, le glacier rejoint l’océan. Les blocs de glace se détachent pour devenir des icebergs à la dérive ! Le bleu du ciel se reflète dans l’eau et sur la glace, c’est spectaculaire.

A l’approche de Vík, on traverse les champs de lave d’Eldhraun. Ils sont couverts de mousse verte.

D’ailleurs, plus on arrive vers Vík, plus le vert est omniprésent. Il se décline en vert pale, vert pastel, vert pomme, vert fluo, vert kaki… c’est féérique ! On voit même un arc-en-ciel.

On pose nos affaires au camping de la ville (Gro Liljedahl, Vik) où il y a une cuisine intérieure (avec bouilloire uniquement) et des tables pour manger au chaud. Les douches sont gratuites.

Un peu plus tard, on part à la recherche des puffins. Pour commencer, la plage Reynisfjara.

On ne verra aucun puffin, mais la plage est superbe avec ses galets noir. Dans l’océan, on aperçoit un phoque qui sort la tête de l’eau.

On monte donc sur la falaise Reynisjfall, juste au dessus de la plage, via la route la plus pentue d’Islande.

On croise quelques moutons, mais on ne sera pas plus chanceux en ce qui concerne les puffins. Ils sont trop bas, il faudrait s’allonger sur le sol et sortir la tête au niveau du vide, mais aucun de nous n’a le courage d’affronter son vertige. On se contente d’admirer la vue sur l’océan !

On redescend vers la plage Reynisdrangar, de l’autre côté de la falaise. Du sable noir à perte de vue, et au dessus de nos têtes, des puffins qui volent ! On grimpe sur quelques rochers pour les approcher.

Sur le retour, on prend un peu de sable noir qu’on ramènera en souvenir en France.

Le soir, au camping, on peine à sentir la solidarité des campeurs. La cuisine est grande, mais il y a du monde, donc plus aucune table de libre. Certains groupes ont fini de manger, mais restent assis à ne rien faire, pendant que d’autres doivent manger debout ou par terre.

Jour 10

Landmannalaugar

Réveil sous un ciel bleu ! On met le cap vers le centre de l’île ce matin, direction le Landmannalaugar. Il parait que c’est un des coins les plus beau d’Islande. On compte y rester jusqu’à la fin de notre séjour. Peut-être partirons nous le dernier soir, afin de se rapprocher de l’aéroport.

On est un peu craintif pour la route. Cette partie de l’île est inaccessible en hiver en raison de sa nature sauvage. Sur le plan, la F208 annonce 3 gués. C’est moi qui conduis aujourd’hui. L’idée de rouler dans l’eau ne m’inspire pas.

Alors qu’on quitte le sud, on revoit une dernière fois les collines vertes. Plus on s’enfonce vers le centre, plus la végétation se raréfie.

Et rapidement, les montagnes commmencent à prendre des couleurs assez folles. On y voit des cornets de glace. Vanille, chocolat, pistache. Et même un petit coulis de caramel ou de fraise. A moins que ce ne soit notre régime à base de pâtes qui commence à nous peser.

Sur les premiers km, la plupart des cours d’eau sont à sec. On commence à espérer ne pas avoir à subir l’épreuve du gué. En même temps, on est un peu frustré, on aurait bien aimé se la péter : « ouais, moi, j’ai franchi un gué en 4×4 ! ».

Mais un peu plus loin, notre frustration s’efface et la peur remonte : notre premier gué ! Au milieu ? A gauche ? A droite ? On ne sait pas où le prendre. On descend de la voiture pour essayer de voir si l’eau est profonde. Là dessus, un autre 4×4 débarque, et ralentit à peine pour foncer tout droit. Ça a l’air simple. On le suit d’un pas peu rassuré. Tout droit, sans freiner, on serre les dents… Et en fait, on passe l’épreuve assez facilement. Cris de joie de toute notre équipe !

Quelques km plus loin, un autre gué. Même scénario. Et puis encore un autre. Et un autre. Et encore un… On en passera ainsi 25 avant d’arriver au camp ! Nous qui en voulions juste un !

Le camping nous fait vite déchanter. Là, dans la zone la plus rude de l’île, c’est la foule. Le terrain est immense mais il y a des tentes partout. On paye deux nuits, et on va visiter les parties communes : pas de cuisine, quelques tables non abritées, des douches payantes (500 ISK par tranche de 5 minutes)… On fait la queue pour aller aux toilettes. Puis on fait la queue en attendant qu’une table se libère.

Il y a des bains chauds gratuits, mais un panneau prévient d’une récente épidémie dermatite due à des bactéries. On passe notre tour, et on va plutôt monter la tente.

Le sol est plein de cailloux. Il y a beaucoup de vent. Ça sent la mauvaise nuit qui approche.

Dans l’après-midi, on part faire une randonnée de 6.5 km. Une nouvelle fois, on croise des bassins aux couleurs épatantes.

Et pour changer, des moutons !

Il pleut. Les montées sont rudes vu notre peu d’entraînement. Mais c’est une vraie satisfaction quand on arrive au sommet des montagnes. Et le décor est une chouette récompense.

Le paysage semble être peint à l’aquarelle… Les couleurs sont surnaturelles. Etes-vous sûr qu’on est bien sur Terre ?

On rentre au camping en traversant une zone géothermique.

Puis, un champ de lave.

Le soir, il y a vraiment beaucoup de vent, et il pleut. Les gens mangent assis par terre, dans les toilettes, avec les mauvaises odeurs. On décide de faire chauffer notre repas dans nos tentes. Une petite partie de carte pour terminer la journée, et puis, au dodo !

Jour 11

La grande débandade !

Cette nuit, les éléments se sont déchaînés ! Tempête de vent et de pluie. On a quasiment pas dormi, la tente se pliait sous le vent, on avait peur qu’elle lâche. Heureusement, elle a tenu bon.

Ce matin le camping a des airs de fin du monde. Le terrain n’est qu’une énorme flaque de boue. De nombreuses tentes sont dans un état lamentable, on en voit même qui s’envolent. Leurs propriétaires leur courent après. Dans les toilettes, les gens se réfugient avec leurs duvets mouillés.

Certains prennent ça à la rigolade, d’autres, qui semblent ne pas avoir fermé l’œil de la nuit, craquent de fatigue et de désespoir.

La météo n’annonçant aucune amélioration, on a décidé de partir immédiatement, tant pis pour la seconde nuit. Le temps de démonter les tentes, on prend une sacrée saucée, mais on s’en sort très bien par rapport à d’autres !

Quand on part, on voit que le camping se fait désert.

Nous roulons vers Hveragerði. On pensait n’y aller que vendredi soir, pour une escale à proximité de l’aéroport. Sur la route, tout est gris ou noir. On se croirait sur la Lune. Mais il pleut toujours beaucoup, la visibilité est très médiocre. Dommage.

On fait un petit détour vers le cratère Kerið, histoire que la journée ne soit pas totalement perdue. Pour y accéder, il faut payer 200 ISK. C’est bien la première fois qu’on nous demande de l’argent pour voir quelque chose ici. Le sol est rouge, l’eau d’un bleu-vert.

Hveragerði est une ville construite sur un site géothermique. On a donc la surprise de découvrir en arrivant en ville des serres. Ici, malgré le froid, on fait pousser des bananes en quantité.

On commence par s’arrêter à la pâtisserie Hverabakarí (Breiðumörk 10, Hveragerði) acheter la spécialité locale : un pain de seigle cuit sous terre, avec la chaleur du sol. Puis on fonce au camping (Reykjamörk, Hveragerði). Ce dernier se situe en plein coeur de la ville. A peine 1100 ISK par personne, pour une ambiance très familiale. Il y a une cuisine extérieure abritée avec des réchauds et une grande table. Les douches sont gratuites et très propres. A l’intérieur, il y a aussi un coin café (ou thé, ou chocolat) à prix libre. Le wifi est gratuit.

Nous passons la majeure partie de l’après-midi à dormir, pour rattraper la nuit précédente. De toute façon, on ne rate pas grand chose, il continue de pleuvoir. Le temps devrait être meilleur demain.

Le soir, au camping, on rencontre d’autres groupes venant du Landmannalaugar. Certains sont restés jusque dans l’après-midi espérant une éclaircie qui n’est jamais venue… On ne regrette donc pas notre décision de ce matin !

Jour 12

Hveragerði

Ce matin, on se réveille au sec, c’est un vrai soulagement !

Pour la première fois depuis notre arrivée, nous ne prendrons pas la route aujourd’hui. Puisqu’on a pas pu visiter le coin hier, on va tenter de se rattraper !

On commence par un tour en ville.

Dans certaines rues, on voit de la fumée qui sort. Pour 100 ISK, on peut visiter le parc géothermal, où on trouve des caféiers et autres plantes que l’on ne s’attendrait pas à voir pousser dans cette région du monde.

Il est beau mon café ! Elle est belle ma banane ! On fait un tour dans le parc, où on voit bien que toute l’activité de la ville est centrée sur la chaleur du sol.

Quelques rues plus loin, il y a même un restaurant qui fait cuire ses plats ainsi !

Malgré quelques aménagements sympa, la ville nous confirme bien que les islandais ne sont pas bons en architecture. Les maisons semblent posées un peu n’importe où.

L’après-midi, on nous parle d’une randonnée d’une heure, qui emmène jusqu’à une rivière chaude, à 35°C, où on peut se baigner. Il y a quelques gouttes quand on part, et sur le chemin, il se met à pleuvoir vraiment fort. On en est à peine à la moitié du trajet que déjà, je ne suis plus imperméable. L’eau rentre via les coutures de mon sur-pantalon et par les manches de mon coupe-vent. Je suis trempé et préfère faire demi-tour.

Quand ça veut pas, ça veut pas.

Le soir, pour notre dernier repas en Islande, on sort manger en ville, et on opte pour le restaurant qu’on a vu ce matin.

Jour 13

Reykjanes

Aujourd’hui, c’est le départ ! Il a continué de pleuvoir toute la nuit, on est donc pas mécontent de rentrer retrouver notre confort, et surtout, le sec !

Petit déjeuner festif, on s’achète des pâtisseries. Du moins, les rares pâtisseries qu’on a pu trouver qui ne soient pas enduites d’un glaçage dégueulasse.

Pour la dernière fois, nous plions nos tentes. On refait nos valises sous une légère averse.

Pour le trajet, on choisi de passer via Þorlákshöfn et Grindavík. On roule au sud de la péninsule des Reykjanes. Le paysage est essentiellement composé de champs de lave.

On est assez épuisé par l’humidité, on ne s’arrêtera même pas sur la route.

Pour le reste, la journée ressemble beaucoup à notre départ, mais en sens inverse.

On rend la voiture. On change nos derniers ISK en euros. On attend. On passe l’enregistrement. On attend. On embarque. On attend. On décolle.

Petit pincement au cœur quand même, une fois en l’air. C’est peut-être la seule et unique fois qu’on verra l’Islande. Et si le séjour a parfois été difficile, on en a pris plein les yeux.

Dans l’avion, on ressort les appareils photos, et on se remémore le séjour.

On arrive à Paris sur les coups de 22h. Quand l’hôtesse annonce une température au sol de 20°C, on se tape dans les mains.

Le projet de partir en Islande a été avancé deux ans plus tôt. Il y a un an et demi, alors qu’on en parlait à nos amis, deux d’entre eux nous on fait par de leur envie de se joindre à nous. On a accepté. C’était notre premier voyage « loin », alors ça nous rassurait. Et puis, c’est plus festif de se retrouver en groupe sur la route et pour camper. Sans oublier, que ça divise une partie des frais par deux.

On a réservé l’avion quasi 8 mois avant. On a pris des billets chez WOW air. Ça nous est revenu à 370€ par personne l’aller-retour Paris-Keflavík.

5 mois plus tard, on a réservé le 4×4. Un Subaru Forester chez Iceland 4×4 Car Rental. On s’en est tiré pour un peu plus de 1600€ avec toutes les options GPS et les assurances, soit 400€ chacun.

On n’avait aucun matériel ni vêtement pour ce genre d’expédition. On a dû tout acheter : tente, sacs de couchage, matelas, oreillers, chaussures de randonnée, pantalons, sur-pantalon, coupe-vent, polaire, sur-polaire… On recycle ce qu’on peut (mon imperméable, nos valises, etc). Si vous cherchez quelque chose chez Décathlon, demandez-nous, on connait leur catalogue par coeur ! On prend aussi de la nourriture (soupes, nouilles lyophilisées, barres de céréale). A deux, on a dépensé aux alentours de 1000€.

On est parti avec 300€ en liquide chacun, pour payer l’essence, le camping et la nourriture. On devra faire un second retrait de 250€. Si on ajoute l’achat de quelques souvenirs, et le dernier restaurant qu’on a payé pour tout le monde, on arrive à environ 1300€ dépensés à deux sur place. En gros, ça doit se répartir de la façon suivante : Essence 25%, Logement 25%, Nourriture 25% , Sortie en mer (baleines) 10%, Souvenirs 10%, Divers 5%.

Au total, ces 13 jours nous sont donc revenus à un peu moins de 2000€ par personne. Sans l’équipement, on tomberait à 1500€. Pour 2 semaines dans un endroit magique, c’est pas cher payé !

Si c’était à refaire ?

Sûr qu’on le referait ! On a eu froid, on a pris l’eau, mais ces petits désagréments sont déjà oubliés. Tout ce qu’il nous reste, c’est le souvenir de toutes les choses géniales qu’on a vues.

Il y a des choses qu’on ne changerait pas, comme le fait de partir à 4. A un moment, l’idée a été émise de partir à 8, avec deux voitures. 4, c’est bien. 2 couples. On discute, face à face, on prend les décisions rapidement. Quelques fois on fait des compromis. Quelques fois on met de l’eau dans notre vin. Mais les choses se gèrent vite. Je pense qu’à 6 ou à 8, ça aurait été bien plus compliqué.

On ne changerait pas non plus notre tente (pas très chère, mais bien plus résistante que toutes les 2 seconds Quechua qu’on a croisé), et surtout, nos chaussures <3 Le froid, la pluie, les cailloux, les champs de lave. On a rien senti.

Cependant, il y a certaines choses dans nos valises qui seraient différentes.

On avait lu que la température était en moyenne de 15°C la journée, et de 10°C la nuit. On s’était donc dit qu’avec quelques polaires, ça passerait. En pratique, on a rarement eu au delà des 10°C… en journée !

On avait aussi lu que la nourriture était difficile à trouver et très chère. C’est vrai. On traverse souvent des zones où il n’y a rien pendant 100, 200 km, et c’est vrai, la nourriture est un poil plus chère (et surtout, moins diversifiée). Toujours est-il qu’on a du coup embarqué depuis Paris des tas de nourriture qu’on aurait très bien pu acheter sur place (surtout qu’on a rien pris de très diversifié). Et si on avait dû la payer 150€ au lieu de 100€… Vu le coup total du voyage, ça n’aurait pas changé grand chose. Et s’il faut faire des provisions à chaque fois qu’on croise une ville… C’est pas plus compliqué que d’en faire depuis la France !

Oui, si c’était à refaire, on libérerait toute la place prise par nos pâtes, notre riz, et nos barres de céréale, et on y mettrait à la place des vêtements de ski. La chaleur et l’étanchéité qui nous a cruellement fait défaut !