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L'Ouest Américain

Septembre 2015

Jour 1

Here we are!

Voilà des années que nous parlions ce voyage, et enfin, nous y sommes !

Une journée de 33h nous attend, et nous la commencons de bonne heure. Dès 4h20 du matin, nous sommes à l'aéroport de Montpellier. Notre vol est le tout premier de la matinée. Il est si tôt que l'enregistrement et la sécurité sont encore fermés quand nous arrivons. Deux heures plus tard, notre premier avion décole, en direction de Paris.

Quand nous atterrissons, la courte nuit se fait déjà sentir, mais c'est pas l'heure de se reposer, il faut d'abord changer de terminal. Lorsque nous rejoignons la porte d'embarquement, nous avons encore 2h30 d'attente. L'occasion de se remplir un peu le ventre, malgré le fait qu'il soit à peine 8h, on opte pour des sandwiches et des salades, on a pas encore quitté le sol francais qu'on est déjà en plein décalage horaire !

Notre second vol part en retard, les bagages ne sont pas tous chargés à temps, et même si on a hate d'arriver, on préfère y être un peu plus tard mais y être avec toutes nos valises ! Notre avion est un A380, on est bluffé par ses dimensions (deux étages, une allée centrale, etc) et on apprécie le petit espace suppĺémentaire (on peut bien comparer avec le vol précédent). Le début de vol passe relativement vite, on joue un peu avec notre écran tactile et déjà un premier repas nous est proposé. Il faut du temps pour qu'on nous serve l'apéro, le plateau repas puis le café. D'un côté ca nous occupe, mais de l'autre on aurait bien envie d'en finir vite pour essayer de dormir ! En plus, notre localisation dans l'avion fait qu'on fait parti des derniers servis.

Après quelques heures de sieste, le gouter et un ou deux films, l'ennui commence à se faire sentir. Il reste encore 4h de vol, et on attend impatiement le diner. Mais il sera servi au dernier moment, à peine 1h avant notre arrivée. Á nouveau le service est un peu brouillon, le steward qui s'occupe des rangées après nous pense toujours que celui qui s'occupe des rangées avant nous s'est occupé de nous servir, du coup on nous oublie et on doit les rappeler... Après 11h de vol, on attéri enfin à San Francisco !

Mais ce n'est pas encore la fin de notre périple, prochaine étape : passer la frontière ! La file d'attente est longue mais avance plutot rapidement, jusqu'à ce qu'on se retrouve à quelques mètres du bureau et là... on a du tomber sur le douanier le plus pointillueux du monde ! Toutes les files continuaient d'avancer à un rythme rapide, sauf la notre. Heureusement, le monsieur avait presque fini son service et un autre douanier, toujours lent car endormi mais beaucoup moins pointilleux, a fini par débloquer la situation.

Et quand on croyait enfin toucher le but, nous sommes arrivés devant les bornes du métro, au fonctionnement assez incompréhensible. Remercions la dame qui est venue nous indiquer, sans quoi on y serait sans doute toujours. Au lieu de simplement pouvoir indiquer notre destination et le nombre de ticket pour que la machine nous affiche un montant total, il faut calculer soit même le montant total (le détail est affiché à côté des machines), puis insérer la somme, indiquer le nombre de personne, là la machine divise la somme entrée par le nombre de personne et il reste encore à cliquer sur "-" jusqu'à ajuster la division au prix exacte que l'on veut. Mais attention, la monnaie rendue est au maximum de 4$, du coup il faudra qu'on fasse deux transactions... Nous sommes debout depuis 21h, le calcul fait mal à la tête !

À 16h (1h du matin heure francaise), on arrive enfin au pied de l'appartement qu'on a loué, allelujah ! Courses, douches, et puis encore un nouveau repas. Il faut se faire violence pour tenir jusqu'à 19h sans s'endormir. On a hâte d'être au lendemain afin de découvrir la ville !

Jour 2

San Francisco

Avant d'attaquer la route, nous passerons deux jours à San Francisco, histoire de découvrir la ville et aussi de se remettre calmement du décalage horaire.

Pour le premier jour, nous débutons par un grand classique : le cable car ! Dès 8h du matin, nous rejoignons la file d'attente à Powell Street, il est tôt mais il y a déjà pas mal de monde devant nous. Sur la route, on a apercu pas mal de boutiques avec des devantures joliment tagguées, et surtout, un nombre impressionnant de SDFs. Après une petite attente, nous nous installons sur la partie avant droite du cable car, certains d'entre nous sont tranquillement assis tandis que d'autres se tiennent debout sur le marche pied. Deux agents sont là pour faire rouler la navette et veiller à ce qu'il se passe à bord, et la plupart des gens sur les côtés (nous compris) se font engueuler car ils ne se tiennent pas face à la route, bloquent la montée ou descendent pour faire des photos lors des arrêts. Le cadre strict ne s'adapte pas forcément avec les touristes qui parlent mal la langue ou qui ont envie de s'amuser. Du coup l'ambiance est un peu particulière, mais c'était quand même bien rigolo comme premier contact avec les collines de la ville (bien qu'un peu flippant pendant les descentes !).

À notre arrivée à Mason Street, on ne se dirige pas immédiatement vers le port et on fait un détour vers Russian Hill pour un autre grand classique : Lombart Street. Si le nom ne vous dit rien, vous avez pourtant dû voir cette rue sinueuse en photo des dizaines voir des centaines de fois. L'ascension de la rue et de sa pente à 27% font travailler nos cuisses, mais ca vaut le coup. Les lacets fleuris et les petites maisons colorées sont très jolis. Au sommet, la vue plongeant sur Lombart Street est impressionnante, et tellement typique de l'image que l'on s'était fait de la ville au travers des films. Si on avait jusque là un peu de mal à réaliser où on était, il n'y a cette fois plus de doute, on est à San Francisco !

On redescent ensuite Russian Hill en direction de Fisherman's Wharf. Le temps est couvert ce matin, le vent souffle sur le port, il fait bien froid. On arrive tout d'abord au Maritime National Historical Park et on profite d'un tour sur le quai pour observer les vieux bateaux à voile ou à hélice. Alors qu'on sort nos vestes pour se protéger du vent, certains sont dans l'eau en train de nager. Puis on remonte jusqu'au très célèbre Pier 39, à la rencontre... des otaries qui sont bien tranquillement installés, à quelques mètres de la foule qui les prends en photo. Le Fisherman's Wharf, bien qu'il soit très touristique, est plutot pittoresque avec ses batisses en bois.

Un peu plus loin, on reprend le tramway en direction de Ferry Building. Le batiment abrite un marché que l'on parcourt brièvement avant de se poser chez Mijita pour déguster des burritos et des tacos. Puis on rentre, il est l'heure de la sieste !

L'après-midi, on remonte Grant Street depuis Market Street. Passé la Dragon's Gate, on est dans Chinatown ! Les devantures kitsch, les ruelles étroites, les sinogrammes sont omniprésents et nous feraient presque douter d'être aux États-Unis.

Passé Colombus Street, on atteint North Beach quartier italien ancien fief de la beat génération ! On remonte les restaurants italiens jusqu'à Telegraph Hill. Au sommet de laquelle se trouve la Coit Tower qui offre une belle vue dégagée sur la ville (en particulier sur les buildings de Downtown) et le Golden Gate Bridge. On redescent via les Filbert Steps, long escalier qui passe au milieu de très charmantes maisons et jardins.

La soirée se déroule un peu moins bien. On avait repéré une pizzeria, mais lorsqu'on y arrive, même s'il est moins de 19h, le restaurant est complet. Même chose pour ceux des alentours, on nous annonce jusqu'à 2h d'attente. Les seules places que l'on trouve sont dans des endroits plutôt expensif. On erre de North Beach jusqu'à Chinatown en vain, pour finalement revenir jusqu'à notre appartement avec deux pizzas achetées au coin de la rue ! On est exténué par toute cette marche, deux parts de pizza, une douche et au lit.

Jour 3

San Francisco

Notre seconde journée à San Francisco commence sur le Pier 33 où nous embarquons à destination de l'île d'Alcatraz.

Il parait que la traversée en ferry est une bonne facon de découvrir un peu plus le Golden Gate Bridge mais il y a tellement de brume que l'on peine à deviner l'existance d'un pont ! On se contente donc de la vue sur la ville, ses collines et ses buildings, et c'est déjà pas mal !

Les 2,5 km qui séparent Alcatraz du continent sont vite parcourus. La prison est au sommet de la petite île, mais la montée est plutôt facile. En haut, on récupère nos audio-guides et c'est parti pour la visite du batiment. Pendant 45 minutes, gardiens et prisonniers se relayent au micro pour nous raconter les conditions de détention. Pas franchement joyeux mais très instructif.

Au retour, on va manger sur Fisherman's Wharf. Burger In-n-Out pour l'un, sandwich au poisson de chez Sally's Famous Fishwish pour les autres !

L'après-midi, on prend le bus en direction d'Alamo Square à la rencontre des Painted Ladies. Ces maisons colorées sont sur toutes les cartes postales de la ville. On se balade un peu dans Haight, très joli quartier avec ces maisons de toutes les couleurs mais dont le calme est gaché par des rues à trois voies, jusqu'à Mission District.

À Mission, on descend Valencia Street depuis 16th Street jusqu'à 24th Street. Sur notre route on croise Mission Dolores, tout premier batiment de la ville, et les peintures de Clarion Alley ou du Women's Building. Populaire et animé, ce quartier est très séduisant.

On fini la soirée en mangeant libanais sur la 24th Street. Demain, les choses sérieuses commencent : on attaque la route !

Jour 4

Monterey

Quelle journée ! Dès 7h du matin, nous partons récupérer le van que nous avons loué. Après avoir plusieurs fois refusé les assurances supplémentaires, on nous annonce que la voiture ne sera prête que dans une heure. On va faire quelques courses en attendant. À notre retour, il y a une bonne file d'attente, et quand enfin on nous donne les clés, on se rend compte que le coffre est beaucoup trop petit pour contenir nos 6 valises ! On pensait que le plus petit modèle de la catégorie qu'on avait choisi irait, on nous a donné une voiture beaucoup plus grosse mais... avec un coffre ridicule. Et lorsqu'on demande à changer, on nous répond que la seule autre voiture disponible est en panne. On doit récupérer une seconde voiture (un cabriolet pour se la jouer un peu sur la côte) dans une autre agence (du même loueur), un échange serait envisageable, mais il faut se rendre sur place pour le savoir.

On s'efforce donc de faire rentrer nos valises dans le mini-coffre, en sacrifiant un des sièges et la plage arrière. Au final tout rentre, mais celui placé à l'arrière est vraiment vraiment vraiment très très très à l'étroit. Inenvisageable de faire 2 semaines de route et plus de 4000 km dans ces conditions.

Arrivée à la seconde agence, la file d'attente est encore longue. On récupère le cabriolet, et on nous invite à nous rendre au point retour des voitures pour demander un échange... On est bien bien stressé et on a hâte de savoir comment cette histoire va finir, les attentes et les déplacements font monter la pression et notre anxiété. Heureusement, un peu plus tard, on accepte de nous donner un autre van, beaucoup plus grand et luxeux. Nos valises rentrent parfaitement dans le coffre et dans l'habitacle on est très confortablement installé, ouf ! Difficile de coire que ces deux voitures se louent au même prix. Mais juste avant de crier victoire, on s'apercoit qu'il y a une erreur avec le cabriolet, on nous a facturé les assurances qu'on avait pourtant refusé, il faut donc reprendre le contrat... nouveau contre-temps !

Plus de 2h en retard sur notre planning, on quitte enfin San Francisco, en route pour l'aventure !

Il est lundi matin, 11h30, et la highway 1 est bien encombré. On est plutot surpris de constater un traffic si dense à cette heure là, et ca n'arrange pas notre planning. Vers 13h, on s'arrête manger un sandwich à Santa Cruz et vers 15h, on arrive enfin à Monterey !

Après avoir fait le check-in à l'hotel, direction le très réputé aquarium de la baie de Monterey et là, nouvelles stupeurs. Tout d'abord, il n'y a pas de parking, on doit tourner dans la ville à la recherche d'une place hors de prix. Ensuite, l'établissement ferme dans une heure ! Il est vrai qu'on aurait du vérifier les horaires, mais jamais on a imaginé qu'un aquarium de renommée internationnale ferme ses portes à 17h chaque soir. On décide donc de réserver les billets pour le lendemain matin, et le guichetier nous informe qu'on peut profiter de la dernière heure d'ouverture et revenir le lendemain avec le même ticket, cool !

On se remet donc de toutes les émotions de la journée en observant paisiblement les gros poissons, les poulpes, les raies (qu'on peut même toucher), les pingouins, et bien d'autres encore.

Après quoi, comme il est encore tôt, on reprend la voiture en direction de la 17-mile drive. Comme son nom l'indique, c'est une route de 17 miles qui parcourt la péninsule de Monterey. On passe le péage via la porte de Pacific Grove, et on longe la côte jusqu'à Carmel-by-the-sea. Cette route est absolument fantastique, il nous faudra 2h pour en faire seulement la moitié tant on s'arrête régulièrement pour prendre des photos et admirer le merveilleux panorama. Elle est décrite comme "une des plus belles routes au monde", et bien que l'on manque de comparaison car nous n'avons pas vu les autres plus belles, on peut directement la mettre en première position de notre classement personnel. Les qualificatifs me manquent et mes piètres talents de photographes ne rendent pas hommage à la beauté naturelle de ce paysage. De manifiques arbres verts contrastent avec la blancheur du sable et les rochers gris ou beiges. On croise aussi de nombreux oiseaux, des biches, des lions de mer et même des écureuils qui vivent sur ces plages. En face, des maisons de millionaires.

Des étoiles plein les yeux, on fini la soirée dans un bon restaurant, le Tree House Cafe, à Carmel-by-the-sea, très jolie ville avec ses maisons toutes plus mignonnes les unes que les autres. Puis retour à l'hotel pour une nuit bien méritée.

Jour 5

Big Sur

À 8h du matin, on file au Fisherman's Wharf de Monterey pour prendre le petit déjeuner. Des loutres sont tranquillement en train de nager à deux pas de la jetée. Pendant qu'on prend nos cafés et nos croissants, on sympatise avec le vendeur de crèpe de la boutique d'à côté, il nous offre du caramel au beurre salé maison et une crèpe sucre-citron. Les américains savent être acceuillants !

Puis on se rend sur Cannary Row afin de faire l'ouverture de l'aquarium. On prend deux heures pour visiter les installations qu'on a pas eu le temps de voir hier. Au programme, des loutres, des bancs de sardines, des tortues, des poulpes, des thons, des macareux, etc. On assiste même au repas des pingouins.

A midi, pour continuer l'immersion dans la culture américaine, on s'installe dans un dinner commander des burgers et un steak-frite à plus de 2000 kcal !

Mais même s'il reste des choses à voir dans la région de Monterey, il est l'heure de partir. En prenant la Highway 1, on passe devant la réserve naturelle de Point Lobos qui aurait du faire parti de notre planning si on avait pas perdu des heures hier à cause des voitures...

Quelques miles plus loin, toujours sur la Highway 1, on entre dans le territoire de Big Sur. La côte est magnifique, à gauche la montagne et la forêt, à droite l'océan pacifique à perte de vue. Et entre les deux, nous à quelques pas de la falaise. Il fait beau aujourd'hui, le ciel bleu embelli le panorama et nous permet d'enlever la capote de la voiture.

On s'arrête régulièrement faire des photos, par exemple du Bixby Bridge.

On passe plus d'une heure à marcher sur la superbe Pfeiffer Beach, avec son sable au reflet violet.

Puis on fait une courte marche dans le Julia Pfeiffer Burns State Park, jusqu'à la McWay Cove, plage interdite d'accès sur laquelle s'écoule les Pfeiffer Falls. De loin on peut apercevoir quelques veinards qui se sont introduit sans doute illégalement sur la plage, se laisser asperger par l'eau de la cascade.

Deux heures de route nous séparent encore de notre destination finale, Morro Bay. On fera une dernière rapide pause un peu avant San Simeon, observer les éléphants de mer entassés sur la plage, et pour le reste, on profite de la vue confortablement installés dans la voiture.

Jour 6

Santa Barbara

Aujourd'hui, 5h de route nous attendent. On continue de descendre la Highway 1, jusqu'à Los Angeles.

Mais avant ca, on fait escale à Santa Barbara. Sur le papier, la ville ne nous emballait pas plus que ca, mais c'est en réalité un endroit très agréable pour une petite escale. On s'arrête rapidement sur State Street prendre des sandwiches et cookies chez South Coastal Deli, puis on rejoint le Stearn Wharf pour déguster notre repas devant le pacifique. La ville est peuplée de jolies maisons blanches, et les palmiers sont alignés le long des routes. Le tout sous un soleil radieux.

D'ailleurs, ce ciel bleu et ce beau temps nous permettent de profiter de la décapotable pour sa dernière journée de location. On s'y relaye au volant, se délectant la vue sur la côte, les cheveux dans le vent (ce qui nous vaudra un joli coup de soleil sur le visage). Un peu plus tard, on passe par Malibu. On a cherché Mitch Buchannon, mais on a pas réussi à le trouver ! À l'inverse de Santa Barbara, Malibu est plutot décevante. Les villas sur la plage ont l'air très agréables, mais elles bloquent l'accès à l'océan...

Los Angeles

En fin d'après-midi, on approche de Los Angeles. Premier arrêt : l'aéroport afin de rendre le cabriolet. La route nous parait durer une éternité, coincés dans les bouchons des 2x6 voies de la ville... On met plus d'une heure pour faire moins de 30 miles. Et c'est pas fini, on se dirige ensuite vers Downtown. Les freeways sont noires de voitures, plus d'une heure et demi pour faire 8 miles !

Dans la soirée on atteint enfin Olvera Street, quartier mexicain historique, mais on en profitera à peine. On englouti les tortillas achetées à la Luz Del Dia...

... et on doit encore faire le check-in dans l'appartement qu'on a loué pour deux jours, ainsi qu'une lessive, le tas de linge sale commence à devenir volumineux ! Petit moment de panique sur place, la porte refuse de s'ouvrir. Heureusement un voisin vient à notre rescousse.

Cette seconde partie de journée a été épuisante, espérons que la circulation soit meilleure demain pour laisser Los Angeles se refaire une image après ce premier contact difficile.

Jour 7

Los Angeles

On commence notre visite de Los Angeles par Hollywood Boulevard, qu'on remonte, depuis Vine Street jusqu'à La Brea Avenue, les yeux baissés à regarder les noms sur les étoiles du Walk of Fame. On fait un arrêt au Chinese Theater, ici les célébrités ont laissé leur signature et leurs empreintes dans le sol. Globalement cette visite n'emballe personne. On avait tous une vision bling-bling de ce lieu, mais il est en réalité très fade, les boutiques pour touristes s'enchainent, et on se fait régulièrement acoster par des vendeurs tentant de nous faire acheter un tour de Hollyood en bus.

Direction suivante : Beverly Hills.

Pour s'y rendre, on passe par Melrose Avenue, très loin de l'image que nous avait donné la série Melrose Place. La rue est une succession de barbiers et autres boutiques vintages, un côté un peu hispter qui nous étonne mais qui a son charme. À l'inverse, Beverly Hills est très reconnaissable. Les maisons blanches avec la petite allée où sont garées les voitures, exactement comme dans les films. On s'y gare le temps d'une courte balade sur Rodeo Drive. La rue est partagée entre une zone résidentielle au sud et une zone commerciale (boutiques de luxe uniquement) au nord.

Vers midi, on reprend la voiture pour rejoindre Santa Monica Beach. On se gare à proximité de Muscle Beach, mais il n'y a pas grand monde pour faire de la musculation. On s'installe dans un restaurant sur le Santa Monica Pier, en terasse, avec une jolie vue sur la plage, la jetée et son parc d'attraction, le Pacific Park. Après manger, on marche un moment sur la jetée en bois, au milieu des commerces et des attractions. Une bonne partie de la déco est orientée "route 66" car c'est ici qu'elle termine sa course. Si on prend tout droit sur 2447 miles, on arriverait à Chicago !

Ensuite, on descend sur la plage, et pieds nus dans le Pacifique. La plage s'étend à perte de vue, et on y retrouve les décors que l'on connait déjà bien car présents dans un tas de séries télé comme Pacific Blue ou plus récement Californication. On remonte les 2 miles qui nous séparent de Venice Beach. D'un coup, l'ambiance change. Fini les belles résidences et les immensent parkings qui bordent la plage, à Venice, les tags envahissent les murs, et sur la promenade les skaters côtoient des artistes plus ou moins accomplis vendent le résultat de leur travail. Tout le monde n'aimera pas cette atmosphère mi-grunge mi-hippie, mais au moins le quartier a du caractère !

En fin d'après-midi, on remonte dans la voiture afin de rejoindre Griffith Observatory. Les freeways sont à nouveau complètement bouchées. On met 2h à faire 15 miles, du coup, on arrive bien après le coucher de soleil. C'est dommage mais la vue sur la ville, toute lumière allumées dans la nuit, est plutot impressionnante. Les grandes lignes droites des boulevards ressortent très bien vue d'ici, grace à tous les phares des véhicules. Mais impossible de faire une photo correcte dans ces conditions, c'était pas le bon jour pour oublier le trépied dans la valise.

Jour 8

Joshua Tree

Aujourd'hui, on quitte Los Angeles et la côte Pacifique pour rentrer dans les terres ! Plus on avance, et plus la végétation diminue. Le sol devient beige, pas de doute, on est en route pour le désert. Après 2h30 de voiture, on atteint le Joshua Tree National Park qui sera notre premier parc américain.

L'arbre de Josué. qui a donné son nom au lieu, pousse exclusivement dans cette région du monde. Et ici, il y en a partout, il est impossible de les compter !

Nous allons devoir nous contenter de visiter la zone située entre les entrées ouest et nord. La scenic drive s'étend vers le sud sur plus de 100km, nous n'avons pas le temps et cela nous éloignerait trop de notre itinéraire. On commence par la Hidden Valley Trail, petit sentier d'1 mile qui nous emmene entre les gros rochers à la découverte de la faune et la flore locale.

Puis on continue par la Barker Dam Nature Trail, autre petite boucle d'1.3 mile qui longe un point d'eau retenu par un barrage. Il fait presque 30°C et il n'y a ni air, ni ombre. La chaleur est écrasante, les deux toutes petites randonnées nous semblent presque difficiles, mais le décor est tellement beau et original qu'on se force à avancer.

On termine notre visite en montant (en voiture) jusqu'au Keys View, point de vue qui culmine à 1500m au dessus de la Coachella Valley (qui est elle à -200m sous le niveau de la mer).

Après quoi, il nous reste encore 3h de route avant d'arriver à Needles où nous passerons la nuit. Le trajet se fait au travers du Mojave Desert. Des étendues de sable à perte de vue, et quelques jolies montagnes brunes qui se posent à l'horizon. Par moment, la seule trace de la civilisation semble être la route qui se déroule devant nous. L'occasion de mesurer l'immensité du territoire américain. On est encore en voiture quand le soleil se couche, le ciel au dessus des montagnes se pare d'un halo bleu doré. Dire que tout ca n'est qu'un amuse bouche... Les prochains jours devraient être grandioses !

Jour 9

Route 66

Notre journée commence par un copieux petit déjeuner américain à base de pancakes, omelette et bacon. Puis nous prenons la voiture pour quitter la Californie et entrer en Arizona.

Pour rejoindre Williams depuis Needles, nous suivons le tracé de la mythique route 66.

Notre premier arrêt se fait à Oatman. La ville se compose de saloon et autres boutiques dont la décoration rappelle les western, et est habitée par de nombreuses mules, autrefois utilisées pour transporter les marchandises et aujourd'hui de retour à la liberté.

Un peu plus loin, on arrive à Kingman pour y visiter le musée de la route 66, et surtout, pour manger au Mr D'z, un dinner réputé.

Ensuite, on s'arrête un court instant à Hackberry, juste le temps de faire un tour au Hackberry General Store, une boutique qui ressemble presque à un musée tant on y retrouve entassé des reliques sur l'histoire de la route.

Enfin, on arrive à Seligman où se trouve le Rusty Bolt et le Angel and Vilma’s old-fashioned, des boutiques-musées desquelles on ramène quelques souvenirs. Pause glace au Snow Cap, et on reprend la route 66 une dernière fois.

Tout au long du trajet, on croise une multitude de motards en Harley-Davidson.

Il n'est même pas 18h quand on atteint Williams, parfait, cela nous laisse le temps pour une petite balade dans la ville avant de manger. On est au milieu de la forêt, dire qu'hier on était en plein désert... L'ambiance ici rappelle à nouveau les cowboys, dans les bars on joue de la country. La mother road n'aura été qu'une succession de clichés, mais on en attendait pas moins.

Jour 10

Grand Canyon

Le réveil sonne tôt ce matin, il ne faut pas être en retard car on a réservé un hélicoptère pour survoler... le Grand Canyon !!

Presque une heure à l'avance, on arrive à l'héliport, l'attente semble longue, mêlée d'impatience et de stress. A 10h, notre tour arrive enfin ! Le décolage et le vol sont plus stables que je ne l'aurai pensé, c'est une agréable surprise.

Le pilote nous fait d'abord survoler la Kaibab Forest. A perte de vue, des arbres et encore des arbres. Quand soudainement, le sol se dérobe et sous nos pieds surgit cet immense précipice. L'hélicoptère baisse la tête vers l'avant pour accentuer l'effet, impossible de ne pas être pris de vertige. La foret a disparu en une seconde pour laisser place à ce canyon gigantesque. 450 km de long, de 5 à 30 km de large et de 1.3 à 2 km de profondeur. Pendant 45 minutes, on survole le Grand Canyon, de la rive sud à la rive nord. Le spectacle est saisissant, on se sent vraiment minuscule face à un paysage si fabuleux.

De retour sur la terre ferme, on commence par acheter des sandwichs au Bright Angel Fountain et on se pose aux abords du canyon pour les manger tout en profitant de la vue. On attaque ensuite la Rim Trail, randonnée de 21 km le long de l'Hermit Road, heureusement déservie par une navette. On parcourt les différents points de vue à pied et de temps en temps en bus pour se reposer : Trailview Overlook, Maricopa Point, Hopi Point, Mohave Point, The Abyss et enfin Pima Point. A chaque fois, les couleurs, les ombres, les formes et la végétation changent, et notre émerveillement demeure.

On rejoint ensuite le Grand Canyon Village pour découvrir Mather Point, point de vue panoramique mais très fréquenté.

Puis on remonte en voiture la Desert View Scenic Drive, route de 40 km qui long le Grand Canyon (où on croise le cousin de Bambi). A nouveau de nombreux arrêts pour découvrir de nouvelles facettes du canyon alors que le soleil qui descend change encore les couleurs : Grandview Point, Moran Point, Lipan Point et Navajo Point, jusqu'à atteindre Desert View Tower. Il est un peu plus de 18h à notre arrivée, le soleil se couche dans quelques minutes. On s'assoit au bord du canyon, devant nous le Colorado qui s'écoule paisiblement, sur le côté le soleil qui s'apprête à passer sour la ligne de l'horizon. Magique.

Jour 11

Monument Valley

Après une bonne nuit de sommeil, on prend la route en direction de Monument Valley. Pour se faire, on passe par l'US 163, très jolie ligne droite avec en point de mire les rochers du parc. On arrive à destination vers midi, pile l'heure d'un pique-nique devant West Mitten Butte et Merrick Butte, il faudrait être vraiment très difficile pour ne pas apprécier le cadre !

Ensuite, on attaque la Valley Drive, une route de 27 km autour de Rain God Mesa qui permet d'observer les principaux inselbergs (si, si, c'est leur nom) tels que Elephant Butte, Tree Sisters, Camel Butte, The Hub, Totem Pole ou The Thumb. On tente de reconnaitre les formes dans les montagnes. La route offre aussi deux beaux points de vue : Artist's Point et North Window.

Ces monolithes qui semblent avoir poussés au milieu de nulle part sont suréalistes. Le sol ocre, la végétation basse qui se décline en une multitude de vert et le ciel bleu rendent le tableau encore plus époustouflant.

Dans l'après-midi, le temps se couvre, dommage car on perd le fort constraste des couleurs, mais cela rend notre marche sur le sentier de la Wildcat Trail plus agréable. La balade nous permet de vraiment prendre conscience des dimensions des différentes formations, chose qui a été impossible hier face à l'immensité du Grand Canyon. On ne fera pas la boucle complète, car il est déjà tard, mais on atteint le pied de West Mitten Butte qui parait encore plus impressionnant vu de si près.

Pas de coucher de soleil pour nous aujourd'hui, les nuages bloquent toute la vue... Pourtant dans un tel lieu, ce doit être un sacré spectacle !

Le soir, on fait demi-tour, Monument Valley était le point le plus à l'est de notre périple. On s'installe pour la nuit à Kayenta, émerveillés par les trésors du territoire américain, et repus par les copieuses assiettes du Amigo Cafe.

Jour 12

Antelope Canyon

Alors que la pluie que nous devancions depuis quelques jours nous rattrape à Kayenta, nous mettons le cap vers le nord-est, laissant la mauvaise météo derrière nous. Pour dernière journée en Arizona, nous allons à proximité de la ville de Page.

Pour commencer, nous descendons dans le Lower Antelope Canyon. Le slot se situe dans le territoire Najavo et l'accès se fait uniquement via des visites groupées. Mais nous avons la chance d'être en tête du cortège, on peut donc profiter de la balade sans vraiment prêter attention aux autres, et découvrir les "salles" en premier sans personne pour gacher la vue (et les photos). En prime, notre guide est vraiment très sympathique.

On descend donc les nombreuses échelles installées, en file indienne, car le canyon est très étroit. Les parois sont ocre, parfaitement lisses, c'est très impressionnant. En fin de parcours, les nuages laissent enfin apparaitre le soleil, ce qui rend le décor presque orange.

On craignait tous cette visite, pour différentes raisons (la descente, la foule, l'étroitesse du lieu) et on en ressort tous enchanté !

Horseshoe Bend

Un burger plus loin, on va voir le Horseshoe Bend, un méandre du Colorado, en forme de fer à cheval. Il faut marcher 20 minutes dans le sable pour atteindre le point de vue, mais cela vaut le coup ! Les falaises d'un ocre intense et le fleuve presque vert qui coule 320 mètres sous nos pieds... c'est d'une beauté à couper le souffle !

Powell Lake

Enfin, nous nous mettons en direction du Powell Lake, un lac artificiel créé dans le Glen Canyon qui s'étend sur plus de 300 km. Nous aurions bien voulu y faire du bateau, mais tous les tours sont complets depuis des semaines. On se contente d'admirer la vue depuis Wahweap Overlook. Seuls les minuscules bateaux que l'on apercoit au loin nous font prendre conscience de l'immensité de l'étendue d'eau.

Ce soir, on dort dans un hotel isolé à Big Water en Utah. On y arrive relativement tôt, tous épuisés par nos journées riches en émotion (les variations de la météo, et la faible diversité de la nourriture américaine n'aidant pas non plus).

Jour 13

Bryce Canyon

Aujourd'hui, nous allons vers le nord à la rencontre du Bryce Canyon National Park. Sur la route, les arbres commencent à ré-apparaitre petit à petit, jusqu'à ce qu'on rejoigne la Dixie National Forest qui borde le parc. Ca nous change des paysages visités les jours précédents !

On passe aussi à proximité de Red Canyon. Pendant quelques miles, le sol est d'un roux vif, presque rouge. Le contraste avec les sapins est magnifique ! Si on avait eu plus de temps dans le secteur, cela aurait pu être un coin très sympa à visiter.

Un peu avant midi, on arrive à Bryce Canyon et on commence par se restaurer au Lodge, puis on se dirige vers la partie centrale du parc. Le sentier pourrait presque ressembler à un bois tel qu'on en trouve chez nous. Nous atteignons quelques minutes plus tard à Sunrise Point, et là s'ouvre devant nous le superbe ampuhithéâtre de Bryce, dans lequel on découvre une multitude de hoodoos (des sortes de cheminées scupltées par l'érosion) dont les couleurs varient du blanc au orange en passant par le rose. On est bluffé !

On descend faire une randonnée dans l'ampithéâtre, afin de voir les hoodoos de plus près. Notre boucle emprunte le sentier de la Queens Garden Trail et de la Navajo Trail, et nous emmene jusqu'à des formations suréalistes telles que Thor's Hammer. Nous avons presque l'impression de faire une balade dans un monde imaginaire tout droit sorti d'un film tant le paysage ne ressemble à rien de ce que nous connaissons. On revient jusqu'au Sunset Point en remontant Wall Street, un canyon étroit, et une nouvelle fois, on se sent vraiment tout petit. La plus s'invite pendant la remontée, mais elle n'est que passagère.

En voiture, on va jusqu'au point suivant : Inspiration Point, la vue la plus élevée sur l'amphithéâtre.

On a encore un peu de temps avant le coucher de soleil, on en profite donc pour parcourir les divers points de vue le long de la Scenic Drive : Rainbow Point, Agua Canyon, Natural Bridge, Fairview Point et Swap Canyon. Tous très jolis, mais quand même point impressionnant que ce que nous avons pu apercevoir dans l'amphithéâtre de Bryce. La température diminue vite ici, on était en t-shirt il y a peu, et voilà qu'on entasse pull et coupe-vent.

Vers 18h15, on arrive à Bryce Point, mais comme les hoodoos sont en contrebas, la majorité ne sont déjà plus éclairés. Ce n'est pas bien grave, la vue à 180° sur l'amphithéâtre est spectaculaire !

Jour 14

Zion

La journée commence mal car l'UT-9, la route qui relie Bryce Canyon à Zion, est bloquée suite à la chute d'un gros rocher. Non seulement nous allons rater cette portion de route réputée comme étant une des plus belle d'Utah, mais aussi cela nous oblige à faire un détour d'une heure et demi. La highway 14, par laquelle on est contraint de passer, est une bonne surprise car elle est très mignonne, bordée d'arbres aux couleurs automnales.

Vers midi, on s'installe sur la terasse du Café Soleil à Springdale et là, deuxième mauvaise nouvelle : notre hotel pour le lendemain vient d'être annulé. L'erreur viendrait de l'hotel qui aurait tenter de prélever sur mon ancienne carte bancaire (alors que je leur ai bien transmis la nouvelle), mais ils disent ne pouvoir rien faire, et on nous demande de payer 75$ de plus par chambre pour refaire une réservation... En consultant les tarifs pour les autres hotels sur Las Vegas, on s'apercoit que beaucoup bradent les dernières chambres disponibles. Je me dépêche donc de réserver, et dans la précipitation je valide pour le soir même et non le lendemain ! S'en suivra une longue conversation téléphonique pour réussir à annuler sans payer de frais... Beaucoup de temps perdu pour rien, car nous n'avons toujours rien de sur pour le lendemain, mais on décide d'attendre 24h de plus afin de profiter des bonnes offres de dernière minute.

Il est donc plus de 14h quand on pénètre enfin dans Zion National Park. On limite notre visite à la partie la plus connue, celle du Zion Canyon. Contrairement au Grand Canyon, Zion se visite par l'intérieur. Une scenic drive remonte le canyon depuis le sud (la partie la plus large). Tout d'abord, on s'arrête au point de vue de Court of the Patriachs, observer les trois montagnes : Abraham Peak, Isaac Peak et Jacob Peak.

Puis on rejoint l'extrémité nord de la scenic drive pour une petite randonnée. La Riverside Walk longe la Virgin River qui s'écoule au milieu de Zion. Ici le canyon est plus étroit, on est donc à l'abri du soleil. La température hors du canyon dépasse les 30°C, une peu de fraicheur est très appréciable ! Notre balade est ponctuée d'arrêts pour observer les écureils ou les cerfs qui croisent notre chemin. On s'arrête à l'entrée des Narrows car à cet endroit il n'y a plus de sentier. Certains randonneurs courageux enlèvent leur chaussure pour continuer les pieds dans l'eau, on se contente de faire demi-tour.

Au final Zion est très joli avec ses grands murs blancs et ocres, sa petite rivière, sa faune et sa flore, mais nettement moins époustouflant que les parcs visités les jours précédents. Il faut avouer que Bryce Canyon, Monument Valley et Grand Canyon ont mis la barre très très très haut !

C'est notre dernier jour en Utah, ce soir on remonte en voiture et on se dirige vers l'ouest. A l'horizon le soleil s'apprête à se coucher. Demain, nous verrons la démesure de Las Vegas, le choc après ces quelques jours au milieu de la nature risque d'être brutal !

Jour 15

Las Vegas

Dès le petit-déjeuner pris, on se lance à la recherche d'une chambre d'hotel pour le soir même (la notre ayant été annulée). On opte pour 3 chambres dans le casino Excalibur, situé à même le Strip de Las Vegas. Une offre de dernière minute les propose à -50%.

2h de route dans un quasi désert, et nous voilà à la porte de Las Vegas. Sur l'autoroute à proximité de la ville, les grandes affiches publicitaires se succèdent. Un avocat pour un divorce ? Un spectacle de strip-tease devant une côte de boeuf ? Le ton semble déjà donné.

Notre hotel est en forme de chateau, car construit sur le thème des chevaliers de la table ronde. On fait un petit tour au casino. Partout des gens jouent de l'argent. Un mur rempli de téles diffuse tous les matchs sportifs en cours, il est possible de parier sur n'importe lequel. Même dans le bar, des machines à jouer sont incrustées pour ne jamais s'arrêter de dépenser. On s'y mettre peut-être plus tard, pour commencer on profite du buffet internationnal pour manger : ni burger, ni frite, ni sandwich, ca fait un bien fou ! La nourriture s'achète à la journée, pour 40$ on a un accès illimité au restaurant du casino. Tout est fait pour nous pousser à rester au même endroit.

Mais on n'est pas dupe, et on sort se balader à pieds sur le Strip. Il fait 40°C dehors, chaque pas fait en plein soleil demande un vrai effort. On cherche l'ombre, et on se regale des courants d'air provoqués par les climatisations qui tournent dans les boutiques, portes grandes ouvertes (oui, oui, dans le désert). D'ailleurs les boutiques, ca rigole pas ici. Le M&M's store s'étend sur 4 étages. La boutique Coca-Cola et son impressionante devanture n'ont rien à lui envier. Une gigantesque guitare pare le Hard Rock Café, tandis qu'une moto sort de la facade du Harley Davidson Café.

Une route de 2x6 voies parcourt le Strip (et on y voit en quelques heures plus de limousines que nous n'en avons jamais vu dans tout le reste de notre vie), du coup les piétons ne peuvent y accéder. Des passerelles sont mises en place pour traverser, et bien sur, elles obligent à entrer dans les casinos qui se trouvent aux carefours. Leur cadre très luxueux contraste drastiquement avec les touristes en tongs qui s'y baladent. On rencontre un groupe de mamies venues faire la fête, toutes portent des écharpes en plumes colorées. On croise aussi un nombre incalculable de mini-jupes, et même deux filles qui portaient une robe transparente laissant apparaitre leurs sous-vetements ! Ici, tout semble permis !

Nous passons dans le New York New York (et son grand huit), le Cosmopolitan (et son lustre haut de 3 étages), le Bellagio (et son spectacle d'eau en plein désert), le Ceasars Palace (et ses colones romaines) et le Paris Las Vegas (et sa Tour Eiffel, et son arc de Triomphe). Un peu plus loin, on apercoit le MGM Grand (et ses status de lions de 20 m de haut), le Louxor (et sa pyramide), le Linq (et sa grande roue), le Stratosphère (et sa tour panoramique), le Mandala Bay (et sa facade dorée), etc, etc...

Las Vegas, ville de luxure et de démusure !

Dans l'après-midi, on récupère nos chambres et on se pause un moment, la chaleur nous a tous épuisés. On ressort en début de soirée boire un verre et jouer tous nos centimes aux machines à sous. Notre cagnote atteint la coquette somme de 6$... avant que finalement nous perdions tout ! On retourne voir la ville de nuit après manger. Il fait encore 33°C à 22h, on fait vite demi-tour pour se réfugier dans nos chambres climatisées.

Jour 16

Death Valley

Nous faisons le plein d'eau, le plein d'essence, et dès que nous quittons la folie de l'extravagante Las Vegas nous nous retrouvons dans un quasi désert. Le sol est aride et la civilisation inexistante, et cela va aller en s'empirant car aujourd'hui, nous nous rendons dans... la vallée de la mort !

Au bout de 2h de route, nous arrivons à la porte du Death Valley National Park, premier parc que nous visitons où nous ne croiserons aucun guichet. Le climat hostile de la région a sans doute forcé à ne laisser que des machines auxquelles acheter des billets.

En effet, il fait 45°C et en plus, le vent souffle fort... mais c'est un vent à 45°C ! Le souffle chaud fait sécher notre transpiration instantanément. On ne va pas beaucoup trainer dehors aujourd'hui ! D'ailleurs, la clim' de la voiture souffle à fond pour tenter de préserver un minimum de fraicheur dans l'habitacle. Dire que c'est ici qu'a été enregistré le record de la plus haute température relevée à la surface du globe terrestre (56.7°C, rien que ça !).

Nous remontons le parc via Badwater Road, en longeant le Badwater Basin, point le plus bas d'Amérique du Nord à 85 mètres sous le niveau de la mer. Le lac qui était autrefois ici a disparu depuis longtemps, ne laissant que son sel. Mais il suffit de creuser un peu dans le sol pour voir apparaitre un peu d'eau. C'est assez fou vu les températures extrèmes.

Un peu plus haut, on prend Artist's Drive, une petite route qui serpente entre les montagnes aux coloris gris, beige, jaune, rose, vert... On pourrait vraiment croire que quelqu'un est venu ici avec un pot de peinture dessiner le relief.

Le midi, on se pause le temps d'un sandwich à Furnace Creek, seule ville de la vallée. Comment des gens sont venus s'installer ici ?

Puis, on reprend le volant jusqu'à Zabriskie Point qui offre un joli point de vue sur les belles montagnes. On observe en se demandant si on ne vient pas d'atterir sur une autre planète.

Ensuite, on rejoint les Mesquite Flat Sand Dunes, d'immenses dunes de sables. Voilà enfin le désert tel que l'on pouvait l'imaginer. On grimpe en haut des premières dunes, à perte de vue du sable...

Enfin, on s'arrête à la sortie du parc au niveau de Father Crowley Vista, un point de vue sur un paysage volcanique qui nous rappelle beaucoup l'Islande (en beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup plus chaud !).

Malgré la chaleur écrasante, la Death Valley mérite qu'on y passe car les gigantesques étendues désertiques sont à la fois sublimes, surprenantes, impressionnantes et apaisantes.

Le soir, on dort à Lone Pine, à l'entrée de la Sierra Nevada. La ville est plutot sympathique bien que très clichée. On prend une bière dans un saloon (qui vérifie tous nos passports afin de s'assurer que nous sommes en droit de boire), et on fini par manger chinois (oui, les frites et les burgers, ça commence à bien faire !).

Jour 17

Mammoth Lakes

Aujourd'hui, nous remontons l'Highway 395, à l'Est de la Sierra Nevada.

Notre route débute au pied des Alabama Hills, derrières lesquelles on apercoit le Mount Whitney, plus haut sommet des USA avec ses 4421 mètres !

À midi, on arrive à Mammoth Lakes, une station de ski appréciée des Californiens. On achète des sandwiches en ville et on s'installe au bord de Twin Lakes pour les manger. Le lac, les beaux arbres qui l'entourent, les canoés qui passent devant nous et la montagne en fond... Un vrai paysage de carte postale ! Il fait plutot frais, on troque le short contre un pantalon et on ajoute un pull. Dire qu'hier nous étions en plein désert. Après manger, on monte en voiture jusqu'au Twin Falls Overlook. Ici Mamie Lake se déverse en cascade jusqu'au Twin Lakes qui se trouve en contrebas.

June Lake Loop

On reprend notre trajet, en passant par la June Lake Loop. Il s'agit d'une route qui relie plusieurs lacs comme June Lake, Gull Lake, Silver Lake ou encore Grant Lake dont l'assèchement partiel laisse apparaitre une végétation rouge et jaune, très surprenante vue de loin.

Mono Lake

Un peu plus tard, on passe à proximité du Mono Lake, immense étendue dont la baisse du niveau a laissé apparaitre des colonnes de calcaires (appelés "tufas"). Ajouté à la très forte concentration en sel de l'eau, le rendu est très blanc. Une nouvelle fois, c'est très joli et très étonnant !

Bodie State Historic Park

Enfin, un long sentier très abimé nous amène jusqu'au Bodie State Historic Park. Il s'agit d'une cité minière abandonnée mais très bien conservée. Il ne reste que 5% de ce qu'était Bodie à l'époque de la ruée vers l'or mais on reste une bonne heure à flaner entre les divers batiments fantomes. Tout est d'époque, au travers des vitres, on peut même voir le mobilier tel qu'il a été laissé il y a 100 ans. Entre 1877 et 1880, Bodie était la seconde ville de Californie avec 10000 habitants. L'équivalent de 34 millions de dollars a été découvert en or.

Ce soir, on dort à Lee Vining, à deux pas du Yosemite. Nos chambres donnent sur le Mono Lake. Au coucher du soleil, le ciel vire au rose-orange au dessus de l'eau, beautiful !

Jour 18

Yosemite

De bon matin, nous emprutons la Tioga Road qui traverse le Yosemite d'Est en Ouest. Nous tentons un première arrêt à Tuolumne Meadows, une pairie traversée par une rivière, mais le secteur est fermé pour restauration.

Nous nous arrêtons donc un peu plus loin, à Olmsted Point d'où part le court sentier de la Snow Creek Trail. Quelques minutes plus tard, nous avons notre première vue panoramique sur le parc avec au loin Half Dome.

Comme nous n'avons pas le temps d'aller jusqu'au Sequoia Park, nous voulons profiter des forets de Yosemite pour voir les séquoias géants, ces arbres de plus de 3000 ans mesurent plus de 50 mètres de haut et surtout, plus de 6 mètres de large ! Nous avions prévu de les voir dans Mariposa Grove, la plus grosse foret de séquoias du parc mais... elle aussi est en cours de restauration et son accès est fermé jusqu'en 2017. Nous nous rabattons donc sur la seconde plus grosse foret de séquoias géants du Yosemite : Tuolumne Grove. Nous suivons les 4 km de la Giants Loop qui nous permet de croiser plusieurs arbres vraiment immenses (les plus petits du coin étant déjà très imposant). Dans un des arbres (mort) un tunnel a été creusé, les touristes font la queue pour s'y prendre en photo.

À 14h, nous atteignons enfin la Yosemite Valley, mais avant de poursuivre notre visite, on commande des pizzas qu'on mange en terrasse à Curry Village, la marche matinale nous a affamé !

Le ventre plein, on essaye de se faire une idée de la vallée. Mais avec tous les arbres immenses présents ici, difficile d'y voir plus loin que quelques mètres. On fait deux petites randonnées, la première pour voir les Yosemite Falls (plus haute chute d'eau des USA), la seconde pour voir Bridalveil Fall... mais dans les deux cas, la cascade se limite à un très mince filet d'eau, il faudra revenir au printemps lors de la fonte des glaces pour y voir un vrai torrent d'écouler.

On décide donc d'aller voir la vallée de plus loin. Tout d'abord, on rejoint Tunnel View, un point de vue situé à l'entrée (ou plutot à la sortie dans notre cas) de la Yosemite Valley qui offre une chouette vision de la cuvette emplie d'arbres et bordée par les montagnes El Capitan et Half Dome, dans laquelle nous sommes.

Enfin, on monte jusqu'au Glacier Point, superbe point de vue qui surplombe la vallée de plus de 1000 mètres. Le ciel est pas mal couvert aujourd'hui, c'est dommage, en plus d'avoir une très mauvaise luminosité, on ne pourra pas voir le soleil se coucher !

Au cours de la journée, on aura croisé une foule d'animaux qui habitent ces lieux. Un coyote, une biche et ses petits, une tripotée d'écureils et même un ours !

On rentre ensuite dormir à Fish Camp, à quelques km du Yosemite National Park. Glacier Point était la dernière étape de ce road trip. Demain, on rentre à San Francisco :(

Jour 19

Berkeley

Aujourd'hui nous quittons la nature et les parcs pour rejoindre la civilisation. 4h de route nous séparent de San Francisco.

Vers 13h, nous faisons étape à Berkeley situé à environ 10 miles de San Francisco. On achète des sandwiches puis on s'installe sur les pelouse de la célèbre Université de Californie. On s'y balade un petit moment en essayant de s'impregner de l'ambiance du campus. Entre les beaux batiments (et quelques moins beaux), les étudiants déambulent. Certains font très sérieux, en costume ou avec une grosse pile de livres sous le bras, d'autres un peu plus nonchalants, dorment sur les pelouses ou font du skateboard pieds nus.

On se dirige ensuite vers le Rose Garden, plutôt mignon avec toutes ses roses, à la belle saison ce doit être très plaisant. Sur le trajet, on apercoit au loin le Golden Gate Bridge. C'est la première fois qu'on peut voir la baie de San Francisco si dégagée, espèrons que la brume se tienne à l'écart demain aussi.

Avant de rentrer, on fait un dernier arrêt à la Sam's patisserie, car la petite soeur fête ses 26 ans, pour un gouter surprise (organisé par ses copines). Le gateau au thé vert est délicieux !

Aucun bouchon pour revenir sur San Francisco, ca nous change du traffic horrible de Los Angeles. On retrouve devant notre appart' tous les SDFs qu'on avait laissé il y a 2 semaines :(

Enfin, on va manger le soir dans le quartier de Soma, au Citizen's Band. Leur burger et leurs pates sont vraiment très bons ! Ils ont aussi quelques vins et bières locales. De retour à l'appartement, on s'apercoit que les draps de nos lits sont très sales et plein de cheveux. Ils n'ont pas du être changé après le passage des précédents locataires. On appelle le propriétaire qui vient les changer vers minuit... Mais ce petit désagrément n'altère pas notre bonne humeur, c'est une excellente soirée qui marque la fin du road trip :)

Jour 20

San Francisco

Notre objectif aujourd'hui est de se réconcilier avec San Francisco. La ville ne nous a pas forcément déplu mais on en est reparti décu avec l'impression d'avoir raté quelque chose... Toute la misère que l'on croise à chaque coin de rue (en particulier autour de l'appartement qu'on loue, mais aussi partout ailleurs), des gens qui n'ont rien mais vraiment rien, et tellement d'entre eux dont la place devrait être dans un institut afin de recevoir l'aide de médecins...

Au programme pour nous : une balade à vélo, depuis le Golden Gate Park jusqu'au Golden Gate Bridge en passant par la côte Pacifique. On s'éloigne du centre ville dans l'espoir de voir une autre facette de la ville.

Le matin, on se rend dans le quartier de Haight, situé à l'entrée du Golden Gate Park. On monte au sommet du Buena Vista Park, la montée pique mais la vue tout en haut est plutot mignonne. Ensuite on remonte Haight Street. Les boutiques aux devantures colorées ont du charme, le quartier a définitivement une ame. Mais on commence à sentir quelques goutes qui tombent, la pluie qu'on avait réussi à éviter jusque là nous a rattrapé ! On se réfugie dans un restaurant commander des burgers et des oeufs bénédicte.

Un peu plus tard, il est l'heure de récupérer les vélos qu'on a loué... mais il pleut toujours. L'éclaircie est prévue pour dans une heure. Comme on est à proximité de la boutique on va se renseigner sur nos possibilités d'annulation au cas où la météo ne s'améliorerait pas. La vendeuse nous indique alors qu'on peut juste repousser la location à un autre jour (pratique, on part demain) et que le trajet que l'on a prévu peut-être glissant et donc dangeureux avec toute l'eau qu'il est tombé, et nous conseille de récupérer un vélo sur le port pour éviter toute la remontée de la côte. C'est dommage, le trajet sera moins joli, mais puisque cela semble être le choix le plus raisonable, on se fie à son jugement.

On décide alors de faire un tour à pied dans le Golden Gate Park puis d'aller au port, il est encore tôt dans l'après-midi, on a le temps ! Mais la pluie redouble d'intensité. Quand ca veut pas...

Direction l'arrêt de bus le plus proche. Alors que notre navette arrive bientot, un SDF nous rejoint. Il semble suivi de sa mère, qui lui dit de nous laisser tranquille, mais il continue de tourner autour de nous en répétant en boucle des phrases racistes. Il n'est pas violent mais sa présence reste menacante et pesante. Sa mère nous explique avoir essayé de le faire interner mais qu'aucun hopital ne veut le garder... On est soulagé quand le bus arrive enfin, jusqu'à ce que lui aussi monte dedans juste avant la fermeture des portes. Il s'installe tout au fond, nous devant. On l'entend répéter encore et toujours le même texte, inlassablement. Nos routes se séparent quand on change de bus, ouf ! Mais même sur cette seconde partie de trajet, on voit encore et toujours la pauvreté de San Francisco...

Quand on arrive au port, on est tous morose. Comment font les gens pour aimer cette ville ? On ne s'attendait pas à voir autant de misère dans un pays aussi riche. Bien sur, on s'attendait à des très riches et des très pauvres. Mais pas à autant de très très très pauvres.

La météo se découvre enfin un peu, on prend sur nous et on va récupérer nos vélos. La balade nous change vite les idées, on remonte du port jusqu'à la marina puis on arrive au Presidio Park qui entoure l'entrée du Golden Gate Bridge. La montée est rude pour atteindre le pont ! Sur le pont, il y a une voie pour les vélos, une pour les voitures et une pour les piétons. C'est pratique de n'avoir à se soucier ni des véhicules qui font plus vite que nous, ni des passants qui vont moins vite. Le bruit des voitures est impressionant, il y a une sacrée circulation !

Quelques km plus loin, on arrive à Sausalito, très charmante ville avec son petit port et ses jolies maisons colorées. On aurait bien aimé rester plus longtemps, peut-être y passer la soirée mais le dernier ferry part tôt.

Sur le bateau, le vent froid nous fouet le visage mais c'est pas grave, on profite de la vue sur San Francisco, le Golden Gate Bridge et même Alcatraz.

On arrive à Fisherman's Wharf en début de soirée, juste le temps d'acheter quelques souvenirs et on se pose dans un restaurant sur le Pier 39 pour manger des plats à base de poissons et fruits de mer. Tous sont excellents. Quand on sort, il fait noir, pour la première fois on découvre San Francisco avec ses lumières éclairées qui brillent dans la nuit ! On fait un détour pour dire aurevoir aux sea lions, puis on rentre chez nous. Demain, une longue journée nous attend :(

Jour 21

San Francisco