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La côte Amalfitaine

Juin 2016

Jour 1

Naples, son centre historique et son front de mer

Après une bonne nuit de sommeil pour nous remettre de nos émotions de la veille (notre vol a été annulé à la dernière minute, nous avons du acheter des billets avec une escale à Athènes), nous voici prêt à découvrir Naples !

Le matin, nous nous baladons dans le centre historique. Les petites ruelles pavées ont leur charme mais elles sont globalement très sales et trop bruyantes. Les facades colorées sont pour la plupart dans des états lamentables, certains échaffaudages semblent abandonnés depuis des années, on se demande même s'ils ne sont pas là pour retenir le batiment. Les poubelles débordent à chaque coin de rue. Les italiens y parlent, ou plutot crient, très fort. Il faut avouer qu'ils n'ont pas trop le choix pour s'entendre au milieu des taxis et des scooters (pourquoi pas à 3 sur un scooter, sans casque, et au téléphone), qui déboulent à vive allure, se contentant de klaxoner sans jamais lever le pied de l'accélérateur à l'approche d'un piéton.

Durant nos deux heures de marche, nous croisons tellement d'églises que nous avons arrêté de les compter. Il parait que la ville en possède plus de 2000, et on veut bien les croire. Mais seul l'imposant batiment du Duomo nous séduit, sa facade (une des rares en bon état) et son intérieur sont magnifiques. A la sortie de l'église, les enfants donnent quelques pièces à des sans abris, en l'échange de cartes avec des imprimés religieux. Non loin de là, la mignonne "rue des crèches" et sa succession de vendeurs de santons : les miniatures du pape cotoient les footballeurs et les rock stars. Tout au fond, Sainte Patricia fait des miracles, tous les mardis parait-il, mais... nous sommes samedi !

C'est vraiment dommage, car ce quartier à la fois culturel et populaire a tellement de potentiel ! Partout, des marchants de fruits et légumes, ou de vetements (qui s'achetent au kg) installent leurs stands. La vie grouille. On termine en se réfugiant dans le calme des jardins de la Basilique Santa Chiara.

L'après-midi, direction le front de mer. On le rejoint par la Via Toledo, grosse avenue aux nombreuses enseignes internationnales, qui croise le quartier espagnol et ses ruelles étroites. Le palais royal est en travaux, nous n'en verrons que des échaffaudages. Juste en face, l'immense Piazza del Plebiscito et la Basilique San Francesco di Paola en imposent !

Arrivé au bord de la mer, nous sommes perplexes. Pas un seul grain de sable en vue, juste d'énormes rochers sur lesquels les gens s'entassent avec leurs serviettes. Il fait chaud, mais leur inconfort ne nous fait pas rêver. Surtout que l'ensemble est plutot sale, des détritus jonchent le sol. Dans l'eau, des dizaines de petites barques flottent, à leur bord, des familles entìères en maillot qui tenter de combler l'absence de vraie plage. Plus loin en mer, au lieu de voiliers ou de yachts, de larges navires (militaires ?) gachent la vue. Et, le bruit ambiant de la circulation couvre le son des vagues.

Une nouvelle fois, c'est tellement de déception. Car à l'arrière plan, le décor est magistral. A gauche le Vésuve s'élève, en face la côte Sorrentine et l'île de Capri, et tout à droite, la ville de Naples, ses colines et ses batiments colorés. Mais... la magie n'opère pas.

Nous longeons le front de mer sur 2 ou 3 kilomètres, via la Lungomare. Ici toutes les facades, essentiellement des hotels luxueux, sont en parfait état ! Arrivé au port de Mergellina, nous profitons d'un mini espace de sable pour tremper les pieds, entre deux bateaux. L'eau n'est presque pas rafraichissante tant elle est chaude.

Le soir, nous mangeons chez Di Matteo. 4 euros par personne, pour 2 très bonnes (et énormes) pizza ! Par curiosité. je tente une spécialité locale : la pizza frite dans l'huile !

Globalement, la communication avec les napolitains est compliquée. Eux ne parlent quasi pas anglais, au mieux ont quelques notions de francais. Quand à moi, mes seuls mots italiens se limitent aux gros mots transmis par mon grand père...

Jour 2

Les souterrains de Naples

Le temps est à l'orage pour notre deuxième journée sur Naples, nous en profitons donc pour nous réfugier sous terre !

Premier arrêt, les catacombes di San Gennaro. Ancien cimetière de la ville du II au Vème siècle, ces catacombes sont les plus grandes d'Italie et ont été vidées lors de l'épidémie de choléra (qui décima les 2/3 de la ville). Elles sont depuis quelques années reprises en main par une association de quartier qui a réussi à obtenir l'aval du Vatican pour les rendre accessibles aux touristes. Grace à une visite guidée (en anglais !), nous apprenons plein de choses très interessantes sur Naples et Saint Janvier. C'est le Saint Patron de la ville, il est prié par tous les napolitains trois fois par an, et accompli presque à chaque fois le miracle de liquéfier les restes de son sang, épargnant ainsi la Naples des catastrophes tels que les éruptions volcaniques, les séïsmes ou les épidémies (rien que ça !).

Ensuite, après un petit détour par la belle Basilica Santa Maria della Sanità, nous rejoignons le Cimitero delle Fontanelle. Dans ces tunnels reposent plus de 8 millions d'ossements (tous les restes des morts des épidémies de peste et de choléra, ainsi que ceux déplacés depuis les catacombes). Des cranes sont entassés par centaines ou plus, certaines fois dans des mini sépultures (certaines ont même des noms, on se demande comment ils peuvent être sur que le crane appartiennent bien à la personne au milieu de tout cet amas). Emilie trouve le spectacle particulièrement déprimant. En ce qui me concerne, il me parait tellement surréaliste que j'ai vraiment du mal à intégrer le fait que ce n'est pas un décor d'Halloween mais bien de vrais restes humains... Pas de visite guidée ici, et c'est bien dommage car on déambule aux hasards des allers sans trop savoir quoi regarder... Pourtant ce lieu doit receler son lot d'histoires et de faits historiques.

Pour rejoindre ces différents lieux, nous nous baladons à pieds dans le quartier très populaire de Sanita. Ici aussi les ruelles sont pavées. Tout le monde s'y déplace en scooter, du plus jeune au plus vieux. De nombreuses personnes agées sont assises à la fenêtre de leurs maisons et nous observent passer. Très régulièrement, on croise des petits autels religieux installés directement dans la rue.

Dans l'après-midi, les orages nous rattrappent. Le programme est donc beaucoup plus léger : sieste et visionnage de la nouvelle saison d'Orange is the new black !

On profite d'une accalmie dans la soirée pour sortir manger dans un restaurant végétarien conseillé par notre hôte, histoire de changer un peu des pizzas. Tous nos plats sont trop gras, les brochettes de tofu n'ont aucun gout, et la sauce qui accompagne l'escalope de seitan est immonde. On y reviendra pas !

Jour 3

La bella Procida

Nous avions prévu d'allouer de 2 à 4 jours à la visite de Naples, selon notre intérêt pour la ville. Le coup de coeur n'ayant pas eu lieu, nous quittons le chaos napolitain en direction de Procida !

Plus petite des îles de la baie de Naples, elle est accessible en 1h de ferry. Des hydroptères, plus rapides, sont disponibles, mais on préfère éviter le mal de mer et profiter de la vue. Le voyage en ferry est agréable, il longe la côte napolitaine et ses falaises. Au loin on apercoit le Vésuve, mais aussi Capri et la péninsule de Sorrente.

Nous arrivons sur l'île vers midi, on mange deux copieux paninis et deux bonnes portions de gateau, et puis on part se balader.

Contrairement à ces deux grandes soeurs Ischia et Capri, Procida a été épargnée par le tourisme de masse, et garde un aspect très pittoresque. Nous montons sur les hauteurs de Terra Murata qui offre une très jolie vue sur l'île, ses ports et ses plages. Puis nous redescendons vers la Marina Corricella, ce port de pêche à des allures de carte postale avec ces petites batisses colorées. On fini l'après-midi sur la longue plage Chiaia. Ici, le sable est noir. Et oui, nous sommes sur un volcan ! On installe nos serviettes, hop, en maillot de bain et direction la mer !

Il n'y a que peu de monde, on peut enfin profiter du calme et du bruit des vagues, loin du tumulte de Naples.

D'ailleurs, le soir, le retour en ville est très violent. Le bruit ambiant nous nous avait pas du tout manqué, on a hâte d'être à demain pour quitter cette folie. En attendant, on se repasse les photos de la journée pour se remémorer cette belle découverte.

Jour 4

Le Vésuve et ses ruines

Aujourd'hui, on refait nos valises et on quitte enfin Naples ! On commence par récupérer la Fiat Panda que nous avons loué et qui va nous accompagner le reste du voyage, et on se met en direction d'Ercolano.

La sortie de la ville se passe plus facilement que je ne m'y attendais. Bien sur, les gens roulent n'importe comment, ne respectent aucune priorité et aucun piétons, à chaque croisement tout le monde se jette bêtement au milieu et fait du forcing pour passer, mais... ils ont l'habitude d'avoir des gens plus lents au milieu, donc on peut faire la route à notre rythme, il suffit de surveiller ce qui se passe devant nous et laisser les fous derrière, ils doubleront quand ils en auront marre.

Notre première halte se fait à Herculanum. Plus petit et beaucoup moins célèbre que Pompei, ce lieu a pourtant connu la même histoire. Il a l'avantage d'attirer moins de touristes et d'être mieux préservé (Pompei a été pas mal dépouillé au profit des musées).

L'accès aux ruines est compliqué, car très peu indiqué. Le parking est encore pire, nous ferons 3 fois le tour d'Ercolano (la ville construite par dessus) avant de le trouver. Et une fois sur le parking, aucun panneau pour indiquer l'entrée... Sur place, tout est payant : le parking 2 euros de l'heure, le billet 11 euros, les audioguides 6,50 euros... Décidement, en plus de ne rien faire pour nous aider, le touriste est la vache à lait du coin.

Le site en lui même est une bonne découverte, c'est étonnant comment la lave a préservé une ville vieille de presque 2000 ans. En plus de la structure des batiments, de nombreuses fresques et mosaïques sont toujours là, ainsi que des statues ou, encore plus surprenant, une cloison et un lit en bois ! Il parait qu'on y a même retrouvé des manuscrits en papyrus !

Ensuite, nous rejoignons le Vésuve.

A nouveau, deux pauvres panneaux à la sortie d'Ercolano, et puis plus rien ! Et non, il ne suffit pas d'aller tout droit. A notre arrivée, on a à nouveau la sensation de se faire dévaliser : le parking coute 5 euros, la navette pour rejoindre la piste 1 euro, l'entrée sur le parc 10 euros... et il faut encore ajouter 50 centimes pour une pause pipi dans des toilettes sales !

On respire un grand coup, on essaye d'oublier ces petits détails désagréables et on attaque l'ascension du Vésuve. La pente est raide, mais la vue sur la baie de Naples depuis le cratère est exceptionnelle. Dommage que la pollution donne cette impression de brume, il y a encore quelques années, le spectacle devait être vraiment saisissant !

Par endroit, on peut voir de la fumée qui sort du volcan. Cela nous rappelle que nous sommes au sommet du seul volcan actif au cours du dernier siècle en Europe continentale. Pourtant, il est encerclé de logements. Les spécialistes estiment que 600 000 personnes habitent dans la zone à risque. Il faudrait jusqu'à 20 jours pour les évacuer.

Malgré le fait que nous soyons seulement en juin, des bus entiers de touristes se déversent sur les pistes. On n'ose imaginer comment la montée doit être encombrée en juillet ou en aout.

Après avoir marché sur la moitié du gran cono, le chemin est barré (sans doute pour des raisons de sécurité). Impossible de faire le tour complet du cratère, nous sommes contraints de faire marche arrière.

En fin d'après-midi, nous prennons la route pour rejoindre la péninsule de Sorrente où nous séjournerons pendant une semaine. Le balcon de notre chambre s'ouvre sur les collines, on y entend le bruit des oiseaux, un vrai régal !

Jour 5

Amalfi et Altrani

Aujourd'hui, nous roulons sur la SS163, petite route sinueuse qui longe la côte Amalfitaine. Malgré le ciel nuageux, la vue est superbe, les falaises sauvages et la mer d'un bleu turquoise, par endroit ça nous rappelle presque la côte Pacifique (spéciale casdédie). Les villages que l'on croise sont étonnants, les italiens ont construits et entassés leurs maisons directement sur le versant de la falaise. Les demeures sont pour la plupart modestes, souvent en état très moyen, mais toutes sont colorées ce qui rend le paysage encore plus surprenants.

Sur la route, il est facile de différencier les touristes qui conduisent prudement en respectant le code de la route, des italiens qui déboulent à vive allure, roulent au milieu, doublent dans des virages sans aucune visibilité, etc.

Nous décidons de nous arrêter à Amalfi. Autrefois une puissante cité (la côte porte toujours son nom), ce n'est aujourd'hui qu'un petit village. En effet, la majeure partie de la ville (et de sa population) s'est effondrée en mer lors de séisme de 1343.

Nous traversons tout d'abord les villages de Positano et Praiano, sur des km et des km, les voitures sont garées sur le bord de la route, la rendant encore plus étroite. Le passage est quelque fois difficile, mais globalement la circulation est assez fluide, heureusement que nous sommes hors saison. C'est à l'approche d'Amalfi que les choses compliquées commencent : les places dans les rues sont réservées pour les riverains, et lorsque nous arrivons à midi, tous les parkings sont déjà complets ! Le policier a qui nous demandons des indications nous envoi bouler. Nous devrons donc prolonger jusqu'au village suivant, Altrani pour trouver une place dans un parking privé. Mais comment font les touristes en aout ?

Nous revenons à pied jusqu'à Amalfi. Pas de trottoir, nous marchons sur le bas côté avec les voitures. Le trajet n'est pas long mais pas vraiment agréable. Une fois arrivés à Amalfi, on déchante un peu. Le "centre ville" est mignon, la cathédrale est très jolie, mais il y a beaucoup de passants dans les petites rues. Dire qu'on est venu en juin pour être au calme... Et même s'il est censé être piéton les riverains peuvent y accéder avec leur véhicule, on se retrouve donc à nouveau à tenter de trouver un chemin entre les scooters et voitures, qui en plus d'être encombrants sont très bruyants. Cela nous fait passer toute envie de flanner au hazard des ruelles. On s'arrête pour manger au bout de la rue principale, un peu à l'écart. Nos salades sont insipides, décidément quand ça veut pas...

Après le repas, on revient vers le port et la plage. La "grande plage" est en fait très restreinte, et en plus, est envahie de parasols et transats. On tente de s'y aventurer pour tremper les pieds dans l'eau, mais ce n'est pas du sable, il s'agit de petits graviers ! Outre le fait qu'il est difficile d'y marcher car on s'y enfonce, les gravillons se glissent dans nos tongs les rendants très inconfortables. Et pieds nus, ils piquent !

Devant tant de déceptions, on rebrousse chemin pour retourner vers Altrani. On s'installe un petit moment sur les rochers en amont de la petite plage (ici aussi totalement privatisée), d'où on peut profiter de la vue sur la côte et les villages. Nous sommes enfin au calme, cela fait un bien fou. Ensuite, on se balade un peu dans la ville, elle est encore plus petite que sa voisine, mais il y a beaucoup moins de monde. On fini sur une petite place colorée et tranquille, avec deux cappuccinos. La journée n'aura pas été exceptionnelle, mais au moins, on repart sur une bonne note.

Jour 6

La péninsule de Sorrente

Après les déconvenues d'hier, on est pas très chaud pour ré-attaquer la visite de la côte Amalfitaine. En plus, la météo annonce des orages. On décide donc de passer la journée à Sorrente, à quelques km de là où nos logeons. Pour mettre toutes les chances de notre côté, on part plus tôt dans l'espoir de moins galérer pour trouver une place !

On se rend vite compte que ce n'était pas forcément la peine, 4 ou 5 parkings sont clairement indiqués lorsqu'on arrive en ville. On se gare non loin du port, et on va se balader à pied. Sorrente est clairement touristique, il y a des hotels à chaque coin de rue, ainsi qu'une multitude de magasins de souvenirs et de restaurants présentant en guise de carte la photo des plats. Malgré ça, la ville a su garder son charme, et la plupart des batiments sont très bien entretenus, ce qui est asssez rare pour la région.

Nous nous éloignons des axes principaux encombrés par la circulation, dans les petites ruelles pavées le calme règne. On s'installe sur la Marina Grande, à deux pas de l'eau pour déguster un cappuccino. Le café diffuse en fond une musique italienne, juste assez fort pour qu'on l'entende sans couvrir le bruit des vagues. Cette ambiance très pittoresque est très agréable. Le ciel étant couvert, on distingue à peine au loin Naples et le Vésuve.

En fin de matinée, alors que l'orage devait sévir, le ciel se découvre soudainement laissant apparaitre le soleil. On prend deux salades à emporter, et on retourne à la voiture. Pendant une heure, on suit la route le long de la côte sorrentine, traversant de petits villages discrets. On s'installe en bord de route, avec une magnifique vue sur la mer pour manger. Tous les nuages sont partis, le soleil cogne fort dans le ciel bleu. Au loin, Capri montre le bout de son nez.

Jour 7

Il magnifico Positano

Nous reprennons ce matin la SS163 qui longe la côte Amalfitaine afin de visiter Positano, premier village croisé il y a deux jours.

La météo prévoit toujours des orages (ça fait deja plusieurs jours, et ils sont remis au lendemain chaque soir) mais le ciel est bien dégagé. Il y a peu de possibilités pour s'arrêter sur la route étroite, mais on fini par trouver un petit renfoncement et on descend de la voiture quelques minutes profiter de la superbe vue.

Lorsqu'on approche de Positano, on flippe un peu en voyant les rangées de voitures garées sur le bas côté alors que nous sommes encore à plusieurs km du centre ville. Par chance, on trouve une place libre beaucoup plus près, le stationnement est limité en temps, mais ça fera l'affaire !

La ville est vraiment construite à la verticale, il y a de nombreux virages pour rejoindre le niveau de la mer, mais entre les maisons se trouvent de petits escaliers qui permettent de couper. Et ils ont l'avantage de nous tenir éloigné de la circulation.

Le coeur de ville est très mignon, des petites ruelles fleuries, de nombreuses boutiques, et surtout, il est piéton ! On le traverse rapidement afin d'atteindre la plage. Ni une ni deux, on jette nos serviettes et on saute à l'eau ! Elle est presque transparente, un vrai bonheur. Maintenant que nous sommes au frais, on en profite pour observer Positano vu d'en bas : les jolies maisons colorées, entassées les unes sur les autres, le dome de l'église, les falaises, la plage noire et l'eau turquoise... c'est simplement magnifique.

On reste un petit moment sur la plage, les galets c'est pas très confortable mais ça évite d'avoir du sable qui colle partout. Un peu plus tard, on remonte dans les petites ruelles, flanner un peu et faire les boutiques. Malheureusement, il faut déjà retourner à la voiture, notre temps de parking arrive à sa fin...

On essaye de pousser jusqu'à la ville suivante, Praiano, mais impossible de trouver une place. Du coup on fait route vers Nocelle, le village situé au dessus de Positano. Nous voilà encore plus haut, avec une vue imprenable sur les villes et la côte.

Jour 8

Marcher avec les Dieux

Le Sentiero degli Dei (Sentier des Dieux), relie Positano à Praiano. C'est la randonnée la plus célèbre de la région, et pour cause, son tracé au bord de la côte offre un panorama exceptionnel.

Nous rejoignons la piste à Agerola, petit village tranquille où un grand parking gratuit est disponible (enfin !). On comprend rapidement d'où ce chemin tire son nom. À 600m d'altitude et à deux pas des falaises, nous avons l'impression d'être sur le toit du monde. Ce matin, malgré le ciel bleu, un nuage s'est coincé dans les montagnes... en dessous de nous. Il nous bloque un peu la vue, mais il rend la marche encore plus suréaliste.

A mi-chemin, on s'arrête un petit moment à l'ombre pour se rafraichir et reprendre notre souffle. Le nuage commence enfin à se dissiper, on commence à entrevoir Positano en desous. De si haut, les bateaux ont l'air tout petits sur l'immense étendue turquoise. Du coup, on est un peu décu d'être tombé sur une matinée nuageuse, le spectacle doit être absolument grandiose par temps dégagé.

Puis, nous faisons demi-tour. En effet, le sentier s'étend sur plus de 8km, soit 16km aller-retour, c'est un peu trop pour les randonneurs occasionnels que nous sommes. Surtout qu'il fait un soleil de plomb et que nos réserves d'eau baissent plus rapidement que ce que nous pensions. Nous ratons sans doute la portion la plus spécaculaire, mais aussi la plus effrayante : le sentier devant nous se déroule vraiment sur le flan de la falaise, et rien ne le sépare du vide, il ne faut pas avoir le vertige !

De retour au village, on se balade un petit peu et puis on s'installe en terrasse sur une petite place pour se remplir le ventre.

On reprend ensuite la voiture pour rentrer. La route longe la côte nord de la péninsule de Sorrente, les gens s'y baignent avec le Vésuve en fond. On est bien tenté de s'arrêter pour les rejoindre, mais rare sont les accès et encore plus les possibilités de stationnement. Les plages privées se disputent les quelques bouts de sable, ne laissant libre que les gros rochers. En plus de ça, on les voit entasser les voitures n'importe comment, cela ne nous donne aucune envie de leur confier la notre. On profite de la vue de loin. Pas grave, on ira à la mer une fois rentrés en France.

Jour 9

Capri, ses grottes et ses eaux azures

Levé de bonne heure, on dépose la voiture dans un parking à Sorrente et on saute dans le premier bateau : direction l'île de Capri !

La ciel est bien couvert, on ne profitera pas de la vue pendant le voyage. A l'arrivée, on quitte le bateau en compagnie de dizaines (ou centaines ?) de passagers. Cette marée humaine se déverse dans une marina déjà bondée. Les files d'attente pour prendre le funiculaire vers la ville de Capri ou le bus vers Anacapri sont flippantes, du coup on bifurque vers la plage la plus proche, anormalement peu peuplée.

Un gros nuage bien sombre est coincé sur les hauteurs de l'île, ce qui n'empêche pas quelques courageux de se baigner. On se contente de s'allonger sur les galets et écouter le bruit des vagues.

Vers midi, on retourne vers la marina, les files d'attente sont toujours hallucinantes, après quelques mètres, on fait machine arrière et on s'installe sur une des terasses au dessus de la plage. C'est vraiment surprenant comment ce coin reste déserté alors que le reste de la marina ne désemplis pas. Le temps va à l'éclairci, du coup après le repas on retourne sur la plage. Même si l'eau est fraiche, elle est transparente à nos pieds et bleu turquoise au loin, impossible de résister à la tentation d'y plonger.

Dans l'après-midi, le calme revient enfin sur la marina. On envisage de prendre le funiculaire pour aller dans les hauteurs, mais on craint d'y retrouver toute la foule. On opte plutot pour un tour en mer.

On a de la chance en plus, les gens sont en train de manger, le bateau est plutot vide ce qui nous permet de nous lever et circuler. Le tour dure 1h à peine mais fait le tour complet de Capri, l'occasion de prendre conscience de la taille de l'île (autant sa longueur que sa hauteur), ains que de courts arrêts sur les sites les plus connus. Il s'engouffre même partiellement dans la grotte blanche et la grotte verte, l'eau déjà belle y prend un magnifique bleu cobalt. Nous ne ferons pas la célèbre grotte bleue. En effet l'accès y est restreint, il faut payer un supplément et embarquer sur un des petits canots de la compagnie qui la gère pour y entrer. Lorsque l'on passe devant, on peut voir les nombreaux bateaux et pietons qui font la queue y accéder, cela conforte notre décision.

De retour sur la terre ferme, on est très content de cette visite. Malgré quelques villages et complexes touristiques, Capri reste sauvage et ses falaises impressionnent. L'île étant plutot grande, s'y balader à pieds est compliqué, en bus ou en taxi ce n'est pas vraiment rigolo, donc la voie marine est une très bonne alternative ! On fait un petit tour dans les ruelles et les boutiques de la marina, et puis on reprend le ferry pour rentrer à Sorrente.

Jour 10

De Ravello à Minori

Nous passons notre dernière journée sur la côte Amalfitaine dans le village de Ravello. Celui ci n'est pas au niveau de la mer mais est situé au dessus d'Amalfi.

La place principale est plutot grande et dominé par le Duomo. Nous nous y installons pour un café, en terasse avec la vue sur les colines. Ensuite, nous visitons la Villa Rufolo, ancienne demeure de luxe aujourd'hui ouvertes aux touristes. Ses batiments en pierre et ses jardins fleuris sont très mignons. La villa est construite sur le flan de la montagne et son jardin s'ouvre au dessus de la mer offrant un panorama splendide. Après cela, nous nous baladons brièvement dans les rues de Ravello, peu de maisons sont colorées ici, la plupart des murs sont en pierre apparente, ce qui lui confère un charme très différent des autres villages de la côte.

Un chemin descend vers Minori en contrebas, on décide de s'y aventurer. Il s'agit en fait d'un escalier qui se déroule sur 2km ! A mi chemin on regrette amèrement notre choix, mais nous n'avons pas le courage de faire demi-tour. Heureusement, le ciel est couvert aujourd'hui, en plein soleil cette balade aurait viré au calvaire. Quand on arrive enfin à Minori, nos mollets tirent pas mal et on est à bout de force. On prend un repas dans un restaurant en bord de mer et puis on s'installe sur la plage pour un repos bien mérité !

Nous ferons le retour vers Ravello en bus, l'idée de remonter toutes ces marches nous déprime. C'est notre première expérience en bus ici, et nous qui nous demandions si on aurait pas du tout faire en transport en commun pour éviter les problèmes de stationnement sommes vite rassurés : le bus est bondé, on se retrouve debout à se cramponner de toutes nos forces pour ne pas tomber dans les virages parfois violents... mais bon, c'est toujours mieux que remonter 2km de marches à pieds !

Jour 11

Les temples de Paestum

Après une semaine, nous quittons la côte Amalfitaine. A vrai dire, nous aurions du quitter l'Italie et rentrer chez nous, mais notre avion a été annulé il y a plusieurs semaines et la compagnie aérienne nous a reclassé sur un vol... 3 jours plus tard ! Ce sera donc l'occasion de pousser un peu plus vers le sud et découvrir la région du Cilento.

Sur la route, nous passons par Paestum. Cette ancienne cité grecque compte parmis les restes les mieux préservés de la Grande Grèce (du temps où elle s'étendait jusqu'au sud de l'Italie). Il ne reste pas grand chose des habitations, moins d'un mètre de pierre, du coup il est difficile de se faire une idée concrète des choses (contrairement à Herculanum où toute la structure des maisons est encore là), mais les trois temples dédiés à Athena, Neptune et Héra sont toujours debout !

Il émane de ce lieu quelque chose de divin (sans mauvais jeu de mot). Le site est vraiment grand, et très peu visité (ca nous change !). Nous voilà donc, presque seuls au milieu de temples vieux de plus de 2500 ans, construis pour des dieux auxquels plus personne ne croit, avec pour unique compagnon le chant des cigales.

Nous restons donc un long moment, à errer paisiblement entre les ruines serreines. C'est impressionnant de voir ces immenses colonnes encore à la verticale. Le temple de Neptune est le mieux préservé, une grande partie de son intérieur est encore là (il ne manque presque que le toit), et il nous est même permis d'y entrer.

A coté des vestiges, un musée regroupe toutes les fresques, sculptures et objets découverts ici lors des fouilles dans les années 50. Certaines peintures ou vases sont dans des états étonnants pour leur âge.

Dans l'après-midi, nous rejoignons Agropoli, station balnéaire sur la côte du Cilento. La terasse de notre chambre donne directement sur la mer, au loin on peut voir le chateau qui domine la ville. La plage et les rues sont calmes, cela ressemble enfin à des vacances hors saison. A notre arrivée on nous offre un cocktail que nous buvons au bord de la piscine. Dès que nos verres sont vides, on va piquer une tête !

Jour 12

Agropoli et la grotte de Castelcivita

Le matin, nous nous dirigeons vers le parc du Cilento. Le GPS nous complique un peu la tache en nous faisant passer dans les voies étroites, sinueuses et en mauvais état au lieu de la route principale...

Pas de randonnée au programme (nous n'avons pas la motivation), mais la visite de la grotte de Castelvicita. Grotte préhistorique dans laquelle il a été retrouvé des traces d'activités humaines datant de 40000 ans, ce qui en fait les plus vieilles du continent européen !

La grotte, créée par une rivière qui s'est depuis retirée, s'étend sur plus de 8km et surt 4 niveaux, mais seul les 1000 premiers mètres du premier niveau sont aménagés, pour aller plus loin, il faut se la jouer spéléologue.

Mes photos ne rendent en aucun cas honneur à la beauté de ce lieu doté de salles immenses et de jeux de couleurs surprenants (et pourtant, les 5 images publiées ici sont de très loin les meilleures que j'ai prises).

L'après-midi est consacré à des activités hautement physiques telles que : sieste, transat et piscine. Dur dur les vacances !

Enfin, en début de soirée nous sortons nous balader dans la ville d'Agropoli. Charmantes places piétonnes, ruelles médiévales, chateau, et surtout une magnifique vue sur la mer et la côte. On s'installe en terasse pour manger tout en regardant le soleil se coucher sur la mer tyrrhénienne.

Jour 13

La côte du Cilento

Aujourd'hui, nous traversons à nouveau les grands espaces vert du parc du Cilento pour rejoindre la ville de Palinuro. Le parc du Cilento n'a pas grand chose à envier à ses rivals américains : immenses forêts et montagnes sont le fil conducteur de notre trajet.

Nous nous garons à proximité du port de Palinuro et réservons un tour en bateau. Le prochain départ est dans une heure et demi, on nous offre deux transats et un parasol pour patienter sur la plage. L'attente est loin d'être désagréable, face à nous la mer et derrière la côte. L'eau est fraiche mais transparente, on s'y balade en se mouillant jusqu'à la taille.

Puis, il est déjà l'heure de monter en bateau. Premier arrêt, la grotte marine di Capo Palinuro, une grotte bleue, beaucoup moins célèbre que la grotta azzura de Capri mais au moins aussi jolie. Le plafond noir et l'eau bleu turquoise sont magnifiques. Ensuite, on longe les falaises jusqu'à la baia del Buon Dormire, une petite crique accessible uniquement par la mer. L'endroit est absolument paradisiaque : le sable doré, l'eau transparente qui se décline en une multitude de bleu vers l'horizon, le tout entouré de magnifiques falaises. Dès que le bateau accoste on se jete à l'eau ! Un peu plus tard, on reprend la mer jusqu'à l'Arco Naturale, puis on fait demi tour vers le port.

La côte du Cilento est peut-être moins atypique et pittoresque que la côte Amalfitaine mais elle est beaucoup moins fréquentée ce qui en fait un lieu vraiment calme et agréable où passer quelques jours.

Dans l'après-midi, on reprend la voiture vers le nord, très satisfait de cette dernière journée. Nous avons 3h de route pour revenir à Naples. Ce soir, nous dormons près de l'aéroport car notre avion décole de bonne heure demain matin (et on croise les doigts pour ça !).