Home Connexion Déconnexion

Afrique du Sud

Janvier 2018

Jour 1

C'est la première fois que nous voyageons sans partir tôt le matin. C'est à la fois agréable et déroutant d'avoir tant de temps devant soit. Et si l'année dernière nous sommes partis en Thaïlande retardés par la neige, aujourd'hui c'est sous le soleil que nous quittons Montpellier.

Dépose des bagages, sécurité, attente, vol pour paris (avec un magnifique coucher de soleil depuis le dessus des nuages), passage de la frontière, nouvelle longue attente que nous accompagnerons d'un verre pour nous détendre et nous voilà prêt à embarquer pour Johannesbourg ! Le vol se fera à bord d'un A380, et plus exactement depuis le pont supérieur. Ca ne devrait pas changer grand chose, mais ces places sont toujours prises d'assaut alors on est content de pouvoir les essayer, ca apporte un peu de nouveauté à ce long voyage.

Jour 2

Il est plus de minuit lorsque nous décollons, et nous sommes tous les deux épuisés par les nuits précédentes où nous avons assez mal dormis sans doute dû à l'excitation et au stress du départ approchant. Le repas n'est servi qu'à 1h30 du matin, à bout de fatigue, on se jette dessus, puis on s'installe pour la nuit. Malgré quelques turbulences, un bon mal de ventre et un voisin agité nous avons pu somnoler quelques heures, et on se réveille un peu reposé. Et particulièrement courbaturés.

Le gros inconvénient du pont supérieur est qu'il n'y a que deux toilettes pour les classes éco et éco premium. Il y a donc en permanence plusieurs personnes qui font la queue. Vers 10h du matin, le petit déjeuner est servi. Le plateau est vraiment complet et nous aidera à tenir jusque dans l'après-midi. Et c'est finalement sans avoir trop subit la longueur du vol que l'on atterri vers 11h.

Le contrôle des passeports et la récupération des bagages se font relativement vite, on en profite pour se changer (il fait chaud !) et puis on va récupérer notre voiture de location. Un monsieur avec un tshirt semblant travailler pour l'aéroport nous demande quelle agence nous cherchons et nous accompagne. Il est bien déçu quelques mètres plus loin quand il nous demande un pourboire et que nous lui expliquons ne pas avoir un sous en poche.

First Car nous fait un peu flipper en prenant l'empreinte de la carte et prélevant la franchise en totalité. Cela représente quasi 1000 euros qui devraient nous être remboursés en intégralité 7 à 10 jours après la restitution du véhicule. On croise les doigts pour ne pas se faire arnaquer !

La conduite à gauche est perturbante, surtout après 16h de voyage. Ma main droite cherche le levier de vitesse. Le pire sont les intersections. À qui laisser la priorité dans ce monde inversé ? Je manque de prendre une route avec terre plein central à contre sens, et à force d'essayer de tout faire à l'envers, je me retrouve à freiner du pied gauche. Mauvaise idée l'arrêt est brutal. Heureusement, une fois lancé sur l'autoroute c'est beaucoup plus simple.

Les premiers kilomètres aux abords de Johannesburg ne sont que peu dépaysant. Un peu plus loin, on croise notre premier bidonville. Quelle tristesse de voir des gens vivrent dans de telles conditions... Nous quittons la capitale et traçons vers l'Est du pays. On croise quelques petites villes modestes, et on est choqué face aux nombres de poteaux électriques. Chaque maison a le sien, qui est relié directement à celui du voisin. Les toits semblent cachés sous une gigantesque toile d'araignée de câbles.

Les 2h30 de route nous semblent très longs. Le décor est monotone. Un champs de maïs. Un autre champs de maïs. Encore un champs de maïs. Mais il faut rester vigilant, nous sommes sur une autoroute et pourtant nombres d'africains se baladent en marchant sur le bas côté ou font du stop. Il y a aussi quantité de véhicules qui sont en cours de réparation sur la bande d'arrêt d'urgences.

Arrivés à Dullstroom où nous faisons étape pour la nuit, on se fait quelques frayeurs. Ici, il n'y a pas de panneau en amont pour annoncer un stop ou un dos d'âne. Quand vous êtes au panneau, c'est qu'il est déjà trop tard pour commencer à ralentir. Si on ajoute à ca que les panneaux sont tous situés sur la gauche et que ma concentration commence à fléchir devant le manque de sommeil... on est bien content d'être enfin à destination !

Notre bed&breakfast est très mignon et joliment décoré. A peine dans la chambre, on s'étale sur les lits pour une micro sieste. La douche qui suit fait un bien fou !

On aurait bien voulu se balader dans ce charmant village, mais l'unique restaurant ouvert le dimanche soir est sur le point de fermer, on s'y dirige donc avec précipitation même s'il n'est que 17h30. Nous n'avons rien avalé d'autre que quelques biscuits depuis le petit déjeuner, donc on est pas mécontents. Le serveur est très sympa, comme on ne sait pas quelle bière commander, il nous apporte une sélection de quelques fonds de verre. On choisi deux bières locales, elles sont excellentes, ainsi que deux truites car elles font la réputation de la région. Lorsque l'on ressort, le soleil est déjà couché, on suit son exemple, il faut reprendre des forces !

Jour 3

Nous sommes réveillés de très bonne heure par la lumière qui rentre dans notre chambre sans volets, et les cris d'un animal voisin, mais vu l'heure à laquelle nous nous sommes couchés hier soir, cela fait quand même une bonne nuit. Nous prenons le petit déjeuner directement dans notre chambre. Un petit coin salon dispose de deux fauteuils, de thé, café, chocolat et plusieurs bocaux de biscuits. Il n'est même pas 8h quand nous rendons la clé en prenant soin d'éviter les escargots qui s'en donnent à cœur joie dans le jardin et reprenons la route.

Le brouillard est très dense ce matin, on ne voit qu'à quelques mètres devant nous. Si l'on ajoute à ça l'état très médiocre des routes dont les nombreux trous nous obligent à zigzagger, le trajet est épuisant ! Vers 10h, nous atteignons Pillgrim Rest, ancien village minier. Des hommes nous indiquent une place où nous garer, et Isaac et George viennent nous serrer la main pour nous souhaiter la bienvenue. On le sent moyen... Le centre ville est très restreint et quasi tous les bâtiments sont encore fermés, on décide quand même d'en profiter une prendre un café et faire une pause pipi. Le seul restaurant ouvert est le Pillgrim Pantry où nous sommes accueillis par la propriétaire qui nous présente son perroquet. On commande un café, un cappuccino et deux omelettes. Un pur délice ! C'est très simple, quelques oeufs, de la tomate en tout petit dès et du fromage, mais en toute honnêteté c'est la meilleure omelette que j'ai pu manger ! Au loin, on aperçoit deux singes qui jouent. Un petit panneau s'excuse pour le dérangement causés par les laveurs de voiture. Là voilà l'embrouille... On se renseigne un peu, et on apprend que les hommes qui garent les voitures en profite pour les laver et réclament salaire... Elle nous invite à refuser de payer, appeler la police si nécessaire, et nous apprend qu'ils ont déjà été jusqu'à crever les pneus d'une voiture et demander paiement pour effectuer la réparation... Quand nous revenons vers notre véhicule, plusieurs hommes dont Isaac et George arrivent en courant. On vérifie la voiture, tout à l'air bon, elle est même un peu plus propre qu'avant. Un homme nous montre un panneau indiquant "Car wash 300R" devant notre voiture. Il n'était pas là lorsque l'on s'est garés... 20 euros pour avoir essuyé les quelques gouttes de boue ? Ils ne sont pas menaçant, mais on est quand même seul face à 5 personnes dans une rue quasi déserte. Ils essayent de nous prendre par les sentiments "C'est le seul travail d'Isaac". On a bien conscience de notre position privilégiés en tant que riches touristes dans un pays si pauvre, on leur donne donc leur argent et on part... Il faudrait voir à ce que ca ne devienne pas une habitude.

Un peu plus loin, on s'arrête voir le Pinnacle. Il s'agit d'un gros caillou qui semble avoir poussé comme par magie au milieu d'une profonde gorge. Une cascade s'y déverse un peu plus haut. Le temps est couvert, mais il ne pleut pas et le paysage est vraiment beau.

Ensuite, on s'arrête à God's window. Point de vue très décevant si l'on s'en réfère à son intitulé. Le ciel bouché ne doit pas aider, mais on a du mal à se projeter quand même. Les petits singes qui se promènent dans le coin nous emballent bien plus. On se balade sur un petit sentier jusqu'à la Rain Forest. C'est une dense jungle très humide où il semble pleuvoir en continue.

Puis, on fait un détour vers les Lisbon Falls. Ces belles cascades coulent au travers d'une vaste vallée. On adore !

Avant dernier arrêt au Bourke Luck Potholes. Ici débute le Blyde River Canyon, et l'eau a creusé de surprenantes cavités. On a de la chance, le ciel commence à se découvrir.

Enfin, on arrive au Three Rondavels, parait-il meilleur point de vue sur le canyon. Et on ne donnera pas tort. Le panorama est d'une beauté à couper le souffle !

Reste encore 2h de route jusqu'à notre bed&breakfast. Peu après avoir quitté les Three Rondavels, une voiture de police nous fait des appels de phares. On se demande ce que le policier peut nous vouloir. Comme on ne s'arrête pas immédiatement, il met en route le girophare. On ne fait pas d'histoire et on s'exécute. Il nous explique qu'on a roulé à 81km/h en ville (au lieu de 60). On ne comprend pas trop d'où il parle, ici nous sommes sur une route à 100km/h, mais on sent les ennuis arriver, surtout que je suis certain de n'avoir fait aucun excès de vitesse. Le type nous montre une liste de contravention, il commence par les plus graves, puis s'arrête sur la ligne signalant une amende de 1000 rands. Que dire sans risque de prendre bien plus cher ? Rien. Alors je m'excuse et tend une liasse de billets. Il ne prendra pas mon nom, ni ne notera la plaque de la voiture et ne rédige aucun procès verbal. En vrai, on est même pas en colère. On comprend le résultat de la frustration après plusieurs siècles de domination blanche. Surtout que du peu que nous avons pu en voir jusque là, le schéma est toujours le même : le chef est toujours blanc, les employés toujours noirs... Et si l'on repense à ce que subissent les noirs dans nos pays occidentaux, comment les blâmer ? Malgré ca, on est plutôt tendus les quelques fois suivantes où l'on croise des voitures de police.

Notre route passe entre plusieurs réserves privées. On croise de nombreux singes, et même des girafes !! Arrivés à Phalaborwa, après plus de 10h sur la route, on a juste envie de se poser, mais il faut d'abord faire quelques courses en prévision du safari, ainsi que le plein de la voiture. Le pompiste est très sympa, il m'explique que tout le monde est gentil en Afrique du Sud. J'en suis pas si sûr. Avant de partir, il rigole en me réclamant un plus gros pourboire...

Exténués, on s'installe dans notre suite familiale pour 4, et on se repasse les photos de cette journée chargée en découverte. La porte du Kruger Park est située à quelques minutes de là, demain, on attaque le safari !

Jour 4

Dire qu'hier nous étions tellement fatigués que nous n'avons même pas pris le temps d'essayer la piscine de notre bed&breakfast. Pourtant, à minuit nous ne dormions toujours pas. Le lit n'est pas droit, il est clairement courbé vers le centre, du coup on glisse et se rentre dedans ce qui nous réveille sans cesse. Ajouté à ça la lumière du jardin qui illumine notre chambre et la mauvaise isolation sonore, et voilà la recette parfaite pour une mauvaise nuit.

Dès 5h30, encore épuisés, nous sommes debout. L'excitation du safari nous gagne, on engloutit un rapide petit déjeuner et on part vers le Kruger Park situé à la sortie de la ville. On règle le régulateur de vitesse sur 40km/h et on scrute les alentours. Très rapidement, nous croisons nos premiers animaux. Jumelles sur le nez, on compare ce que l'on voit avec les images du guide que l'on a acheté, aucun doute, il s'agit d'impala. On comprendra vite que le parc en est truffé. En cette saison pluvieuse, la végétation est à son apogée. Cela complique notre tâche mais le paysage n'en est que plus beau. On roule au pas, presque seuls sur cette route qui semble plonger à l'infini dans nature. Si l'Homme a posé son pied ici, il n'est clairement pas maître en ce territoire. Rapidement, on met en place quelques codes : "kiwi" pour signaler la présence d'un animal, "ananas" pour demander un arrêt afin de vérifier ce que l'on a cru voir, et "banane" pour signaler un nouveau rassemblement d'impala !

Entre les feuilles d'un arbre, on discerne ce qui doivent être les fesses d'un gnou à queue noire. Un peu plus loin, surgit un protèle (sorte de hyène) qui se balade au milieu de la route, on le suit le plus discrètement possible, mais notre voiture se fait vite repérer et il part se cacher. On s'arrête ensuite non loin d'un point d'eau, où on peut apercevoir la tête de quelques hippopotames qui dépassent ! Il y a également un alligator qui rôde non loin du bord, seuls ses yeux sont visibles.

Puis, on quitte la route goudronnée vers un sentier de terre qui fait une boucle. La sensation de nature sauvage s'accentue encore plus. On croise ici d'autres impalas, ainsi qu'un hippopotame qui se promène, et un bel calao qui passe d'arbre en arbre.

Au terme de 50 km de route, nous arrivons vers 9h aux portes du Lebata Rest Camp, notre base pour la nuit. L'atmosphère du camp est géniale. Tout est fait avec soin. Nichés sous de grands arbres, les bungalows sont semblables à de petites huttes avec le toit en paille. Il y règne un calme simplement ponctué par le chant des oiseaux. Il est trop tôt pour le check-in, mais on s'installe au restaurant. Café, cappuccino, oeufs et toast. Le tout depuis la terrasse qui surplombe la Lebata River. Une antilope mange en contrebas, tandis qu'un écureuil et un oiseau s'invitent à côté de nous.

Nous avons repris des forces, et reprenons la route. On suit la Mingerhout Loop. Très rapidement, on débusque un kudu. Il est magnifique, et nous captive tellement qu'on l'on est pas loin de rater les deux buffles cafter qui traversent tranquillement juste devant nous ! Peu après, ce sont de nombreuses tourterelles que l'on croise, ainsi que trois phacochères qui prennent un bain de boue dans une grosse flaque, accompagnés d'une cigogne et d'un petit oiseau à crête que nous ne parvenons à identifier. Quelques centaines de mètres plus loin, ce sont cinq buffles qui se promènent le long de la route ! Partout sur eux, de petits oiseaux se laissent promener. On apprendra plus tard qu'ils les suivent pour manger les insectes que les buffles font remonter à la surface lorsqu'ils remuent la terre en marchant.

Pendant un temps, notre chance tourne, et plus aucun signe de vie. Une voiture nous interpelle pour nous signaler la présence de trois guépards, nous aurons beau chercher, impossible de les apercevoir. Et soudainement, alors que nous longeons la rivière, nous voyons une horde d'éléphants qui s'y baignent ! Certains remontent vers la route et traversent devant notre voiture. D'ailleurs, ils croisent sur leur route un gnou à queue noire. On a du mal à en croire nos yeux. On essaye de compter le nombre d'éléphants, mais plus nous avançons, plus il y en a. Au bas mot, nous en avons croisé une centaine ! Arrive un moment où la situation se fait même pesante, il y a des jeunes éléphanteaux qui ne cessent de traverser, on est presque encerclé et on craint de les effrayer. Heureusement, le défilé se calme et on se faufile, laissant cette joyeuse bande derrière nous. On débouche alors au milieu d'une troupe de babouins qui semblent aussi rentrer de la rivière. Dire que nous craignions de ne rien voir au milieu de la dense végétation !

Il est encore trop tôt pour s'installer au camp, alors malgré notre fatigue, on continue vers le Engelhard Dam. Soit notre attention chute, soit la zone est moins peuplée, nous n'y verrons que quelques cob à croissant et des guibs harnachés. Alors que nous sommes sur le retour, à deux pas du camp, nous croisons d'autres hippopotames dans l'eau. Sur le dos de l'un d'eux, une tortue semble prendre un bain de soleil. Et juste après, nous apercevons deux girafes qui mangent les feuilles d'un arbre.

On récupère ensuite les clés de notre bungalow. Il est parfaitement situé au centre du camp, entre le restaurant et le magasin, à quelques pas du chemin qui surplombe la rivière. Après une petite sieste, on s'installe dans notre kitchenette extérieure. À peine a-t-on le dos tourné qu'un singe vervet ouvre notre poubelle pour voler la peau de banane qui s'y trouve. Une petite antilope se pose juste devant nous pour observer manger. On envisagerait bien de s'installer définitivement ici.

Après un petit tour à la boutique du camp, on retourne au restaurant où on commande deux thés glacés. Devant nous, la rivière qui s'écoule attire les foules. Deux éléphants, un hippopotame, plein d'antilopes et même une hyène tachetée. La luminosité commence déjà à baisser, il est temps de se préparer pour la night drive !

Sunset Drive

On ne va pas se mentir, lorsque l'on ressort de notre bungalow vers 19h30, on ne fait pas les malins. Le camp est plongé dans le noir, et des cris s'élèvent de la savane environnante. On se demande presque pourquoi on s'inflige l'épreuve d'une sortie dans la nuit. Mais on prend notre courage à deux mains, on signe la décharge reconnaissant que le parc ne pourra pas être poursuivi si on se fait blesser ou tuer, et on rejoint la réception. Notre groupe sera restreint, le camion est loin d'être plein mais c'est pas plus mal, ca permet de bouger pour voir les deux côtés de la route. L'excursion précédente revient sans avoir d'information croustillante à partager. On va donc commencer par un bout de route souvent actif la nuit, et ensuite on se laissera porter par la chance. Le guide nous donne quelques lampes torches pour balayer la savane à la recherche d'animaux. Au cours des 2h qui suivront, on ne servira pas à grand chose et c'est lui qui débusque les quelques animaux que l'on peut voir. Au programme, plusieurs des animaux déjà croisés dans la journée : hippopotame, girafe, kudu, impala, alligator, hyène mais aussi quelques nouveautés : chat sauvage, lapin, sorte d'écureuil-kangourou, petit animal assimilé aux mangoustes et un hibou. Chaque apparition permet au guide de nous donner quelques informations sur l'espèce. Au final, si la première heure a été relativement active, la seconde ne sera caractérisée que par son calme plat. Se retrouver dehors dans le noir est vraiment une expérience à part. En plus de ça, c'est la première fois qu'on se retrouve à l'air dans le bush, et on découvre donc que la savane, ca pue :p

On revient au camp exténués mais des souvenirs plein la tête ! Demain, le réveil sonnera tôt, on a deux heures de route à faire avant 8h30.

Jour 5

Debout à 5h, on quitte le bungalow pour 6h. Seulement 30 km nous séparent du camp suivant, mais on veut les faire par les petites routes qui longent la rivière. La nuit a été courte, et surtout peu reposante. En rentrant de la night drive hier soir, nous sommes tombés sur plusieurs araignées en vadrouille dans le bungalow. Le phobique que je suis n'a pas réussi à chasser cette crainte de la nuit. En plus de ca, vers 4h du matin, belle frayeur en entendant un gros bruit indiquant clairement que quelque chose volait dans notre chambre. Ce n'était qu'un petit oiseau, mais pas vraiment tranquille comme réveil ! On a toujours pas compris comment il était arrivé là.

La luminosité est magnifique au petit matin, mais on a le soleil en face, impossible de voir si des animaux se cachent dans la végétation jusqu'à ce qu'on voit surgir la tête d'une girafe. Plus loin, c'est tout un troupeau de buffles qui traverse devant nous afin de se rendre à la rivière. Au moins 50 d'entre eux. Dire qu'à quelques minutes prêts on ne les aurait pas vu. On s'arrête à bonne distance, ils sont impressionnants. Certains stoppent leur progression pour nous surveiller. Quand plus personne ne traverse, on recommence à avancer lentement nous leur regard attentif. On se demande si le 4x4 tiendrait le choc sous leur charge. A peine quelques mètres plus tard, deux girafes cassent la croute, on s'arrête pour les observer. Au premier abord, on ne voit même pas que de l'autre côté de la route se trouvent 3 zèbres ! Ce sont nos premiers, ils sont magnifiques avec leur dessins. Le reste du trajet se constituera de nombreux impalas, il y en a tellement qu'on en arrive à les ignorer...

Arrivés à l'Olifant Rest Camp, on s'enregistre pour la river walk que l'on a réservé et on s'installe au restaurant. La vue sur l'Olifant River est indescriptible. Celle que nous avions hier depuis le Lebata Rest Camp parait presque fade en comparaison. On prend deux copieux petit déjeuner car nous sommes partis le ventre vide, et juste avant 9h on rejoint le groupe pour notre excursion du jour. Il fait déjà 30 dehors, pas un seul nuage en vue.

River Walk

Nous ne serons que 6, accompagnés de 2 guides. On part en voiture sur quelques km, puis c'est à nous de continuer à pieds le long de la rivière. Les guides prennent leurs armes, nous font descendre du véhicule puis nous récitent les consignes de sécurité. Marcher en file indienne, pas plus d'1m50 entre chaque personne, interdiction totale de parler ou courir. En cas d'attaque, se regrouper en cercle derrière les guides armés. La sensation de marcher dans la savane est vraiment étrange, comme si l'on violait l'accès à un territoire qui n'est pas le notre. On est partagé entre l'envie d'observer un animal sauvage de loin, et la crainte d'en voir un trop près !

Sur le chemin, les guides nous montrent des empreintes de pas, et quelques excréments. Ainsi des araignées, mais on en a assez vu cette nuit. Puis on débouche sur la rivière, celle que nous voyons depuis le restaurant du camp. L'odeur du bush, le chant des oiseaux, le bruit de l'eau qui s'écoule. C'est juste magique. Au loin, on distingue des éléphants qui boivent. Plus proche, le guide nous indique des antilopes. Il les voit sans utiliser ses jumelles, nous, même bien en face, on galère. En remontant, on tombe sur des hippopotames qui se baignent. Lorsqu'ils nous voient, le plus gros fait mine de sortir de l'eau et d'avancer dans notre direction. Grosse poussée d'adrénaline en nous, mais les guides restent sereins, et l'hippopotame se réinstalle dans l'eau. Ils sont tellement nombreux, et tellement gros. Autour des plus impressionnants, on voit sortir de l'eau des têtes de bébés par intermittence. Il y a également plusieurs alligator, un héron, d'autres oiseaux. On reste là un petit moment. Nos guides attendent que les éléphants se déplacent afin de pouvoir les observer de plus près. Finalement, ils ne bougeront pas, ne nous permettant pas de les voir mieux de façon safe. On reprend donc un sentier vers la voiture. La marche a été courte, mais il fait tellement chaud. On a fini notre litre d'eau.

Retour au camp vers 11h, notre bungalow n'est pas prêt, alors on repart en voiture pour une petite boucle entre les rivières Lebata et Olifant. On y reverra des zèbres, des girafes, et des magnifiques nyalas.

A 13h, on a nos clés. Le bungalow est situé juste au dessus de la rivière, on se met d'accord pour ne pas ressortir du camp avant demain, et profiter tout en se reposant, jumelles sur le nez depuis la terrasse ! On commence par une bonne douche, pour se débarrasser du mélange crème solaire et anti-moustique. Pendant que l'on prépare le repas, nos voisins déchargent leurs courses. Un gang de babouins surgit et leur vole chips et autres gourmandises. Il faudra être vigilent ! La sieste ne fera pas de mal pour compenser les deux courtes nuits précédentes.

A notre réveil, le ciel semble se couvrir un peu, puis soudainement, comme venu de nulle part, des grosses rafales de vent ouvrent le bal à la pluie. Dire qu'il y a une heure il faisait un beau temps d'été. Pendant que le vent se calme un peu, on va acheter quelques provisions pour l'apéro de ce soir. Une petite pluie continue de tomber, mais ne nous empêche pas de profiter, au contraire, la température a bien chuté. On s'installe avec nos bières et on suit l'activité de la rivière en contrebas. Plusieurs hippopotames, des girafes, des éléphants... le tout accompagnés de bébés, qui traversent et se rafraîchissent dans cette vaste étendue. Finalement, pas besoin de rouler, il suffit d'un point de vue et d'un peu de patience. On continue au restaurant. Cette demi journée au calme a fait un bien fou, pour la première fois depuis notre arrivée on prend le temps de se reposer, après tout, on est en vacances.

Objectif pour demain : croiser quelques félins. Jusqu'ici on n'a aperçu aucun lion, léopard ou guépards. Ils semblent clairement les plus difficile à trouver !

Jour 6

Le temps est encore bien couvert ce matin, mais ca ne nous empêche pas de profiter des derniers instants avec la vue sur l'Olifant River. On prend notre temps pour déjeuner et se préparer. En dessous, seul un hippopotame fait trempette. Puis, vers 9h, nous prenons la route. Prochain arrêt : le Satara Rest Camp situé dans la région centrale du parc, réputée riche en lions. On veut voir des gros chats !

Nous ferons les 55 km en 2h30 environ, roulant au pas et scrutant l'horizon. Cette zone est beaucoup moins riche en végétation, et les grandes étendues à découvert sont appréciés de toutes les espèces qui sont recherchées par les plus grands prédateurs. Nous croiserons donc beaucoup de girafes, zèbres, gnous et impalas. Ainsi que de nombreux oiseaux, un phacochère et même des éléphants. Ce n'est pas qu'on soit déjà blasés, on apprécie toutes ces rencontres, mais avouons le, elles n'ont pas l'exaltation de la première découverte, et nous arrivons un peu déçu de ne pas avoir vu le moindre félin. On profite du camp pour soulager nos vessies, et comme il est encore tôt, on se reporte au tableau listant toutes les apparitions d'animaux. En effet, à la réception de chaque camp, deux grandes cartes permettent aux visiteurs de coller des petits aimants représentant les animaux qu'ils ont vus. Quelqu'un a signalé des lions sur la route que l'on vient de prendre... On le sait, il faut aussi beaucoup de chances, à quelques minutes prêts les animaux peuvent ne plus être visibles depuis la route. On décide quand même de repartir pour une petite boucle d'une heure à proximité, il parait qu'il y a des léopards et des guépards. Nous rentrerons à nouveau bredouille, ou presque, on a quand même croisé des girafes, des zèbres, des éléphants et des kudus !

A 13h, notre bungalow n'est pas disponible, mais on a un bon coup de barre, alors on s'installe au restaurant. Pas de vue particulière ici, on a été trop bien habitués dans nos camps précédents. Pour changer un peu de la carte habituelle, on opte pour deux pizzas, c'est la seule pizzeria du le parc. Pas mauvaises, mais beaucoup trop de gras et de fromage. A peine à la moitié on en peut plus. Ca tombe bien, ca fera notre repas de ce soir, et il est l'heure du check-in.

Sunset drive

On s'écroule une heure, on a un rythme tellement décalé ici. Puis, on se prepare pour l'excursion du jour : sunset drive. De 16h30 à 19h30, on va rouler avec un guide. Au programme : coucher de soleil et espérons le, nos premiers lions. Les comptes-rendus des deux jours précédents en indiquent, on croise les doigts.

Le soleil commence doucement à baisser dans le ciel, et on rejoint notre groupe. Le guide est très marrant. Il y a également deux américains très sympas, et plusieurs allemands. Lorsque le guide nous demande si l'on souhaite voir quelque chose en particulier, la réponse est unanime : "cats !!". Il nous dit savoir où il y a des lions dans le coin, alors on se met en route. Il s'aventure sur des petits chemins interdits au public, c'est cool de découvrir de nouveaux endroits. Assez rapidement, il s'arrête et nous indique un lion. Heureusement que l'Américaine est plus douée que nous sinon on serait encore en train de le chercher. En effet, il est couché dans l'herbe et semble dormir paisiblement, seule sa touffue crinière dépasse ! Un bruit le réveille, il ouvre un oeil et lève légèrement la tête, ce qui nous permet de confirmer qu'il y a bien quelque chose de vivant sous ces poils, puis se rendort aussi sec. Nouveaux cris dans le camion, quelqu'un dit voir un second lion juste à côté du premier. En fait, nous n'en verrons que la patte. L'animal dort sur le dos derrière un buisson, seule une de ces pattes arrières est visible. Ca nous fait beaucoup rire. Ces terribles prédateurs ressemblent terriblement à nos chats ! Puis, la balade reprend. Nous croiserons de nombreux zèbres, girafes, et impalas. Également des crânes de buffles. Dans une grosse flaque, deux alligator attendent leur prochaine proie. On traverse de nombreux cours d'eau à sec. En cette saison pluvieuse, l'eau devrait couler en abondance ici... mais cette année est marquée par une grosse sécheresse. Si c'est une bonne nouvelle pour les touristes que nous sommes, c'est terrible pour les habitants du bush, tous les animaux n'y survivront pas. Pendant un bon moment, nous apercevons plus rien mais ce n'est pas grave, le soleil vient de passer sous la ligne d'horizon et le ciel se teinte de magnifiques couleurs. Seul le bruit des appareils photos vient casser notre silence. Sur la fin, nous croisons deux chacals, puis encore un autre qui tente de chasser un steinbock (petite antilope). La nuit va être rude pour les plus faibles. A deux pas du camp, nous tombons sur une famille d'éléphants. Ils ont plusieurs bébés avec eux et sont effrayés par notre présence. Le plus gros se met au milieu de la route et nous fixe, tandis que les petits se réfugient dans le bush en se cachant derrière lui. Tout le monde est à l'abris, mais le plus gros ne nous lâche pas du regard. Le guide essaie de l'impressionner en faisant des appels de phares, puis recule un peu et éteint tout. Mais rien n'y fait, l'animal reste concentré sur nous. Au bout d'un long moment, il fini par bouger un peu. Toute la famille se faufile à nouveau derrière lui pour traverser, et lui aussi emboite le pas. Trop impatient, le guide remet en route la voiture alors que deux retardataires passent, les voilà à nouveau apeurés au milieu de la route... Phares, moteur qui rugit, le camion avance doucement mais bruyamment, on attaque. Les deux éléphants sont terrifiés et finissent enfin par reculer et libérer le passage. C'est un peu triste ces moments où notre présence censée être discrète gêne la vie des animaux. Et un peu flippant aussi.

On est rentré avant 20h. Un peu pizza, et direct au lit !

Jour 7

Réveil à 5h ce matin, après plus de 7h de sommeil. Une longue route nous attend aujourd'hui, donc nous n'avons prévu aucune excursion, et on prend notre temps pour se préparer. Le soleil se lève tandis que l'on prend notre petit déjeuner. La nature semble s'éveiller avec nous. Des gnous et des impalas courent dans un sens, puis repassent dans l'autre, juste devant nous.

Un gang de babouins débarque pour piller la nourriture de nos voisins. C'est marrant de voir l'adresse avec laquelle ils ouvrent les rangements, puis leur réaction face à nos emballages. L'un a pris un pot en plastique contenant du miel, et le jette par terre jusqu'à ce qu'il explose puis lèche le sol. Un autre a volé une boite de café et la croque, carton compris. D'autres plus chanceux s'enfuient avec des petits pains. Devant ce carnage, on va frapper à la porte du bungalow pour réveiller ses habitants, un bon ménage les attend.

Vers 8h, on prend la route vers le Lower Sabie Rest Camp. Il est situé a plus de 100 km, soit environ 3h30 de trajet à notre rythme. On fait un petit crochet par le coin où on a vu des lions hier soir, mais ils ne sont plus là. Un troupeau d'impalas les remplace. Vu la longueur du trajet qui nous attend, on décide de prendre la route principale, bien plus agréable à la conduite. On fera des escapades sur piste sur de petites portions. Une nouvelle fois, on a le même espoir : voir des félins. La zone que nous traversons est parait-il la plus riche... Rapidement, on débusque quelques éléphants, zèbres, girafes et gnous, mais dans des quantités bien plus faibles que la veille. Puis, on décide de faire une petite boucle sur un sentier. Sauf qu'à cause d'une erreur sur notre carte, ce qu'on pensait être une rapide boucle est en fait un long chemin qui nous dévie totalement vers l'ouest. La route est vraiment accidentée et se compose d'une succession de petits virages. On ne se rend compte de notre erreur que lorsqu'on débouche sur un autre chemin 1h plus tard ! N'ayant pas envie de faire demi-tour (on a juste vu deux kudus) on opte pour faire le tour.

Il y a une aire de pique nique 30 minutes plus loin, tant mieux. On fini nos pizzas de la veille en regardant 3 éléphants venir s'abreuver, puis on reprend notre périple.

La route est magnifique, très arborée et bien plus diversifiée que ce que l'on a pu voir avant. Le contraste avec le sol qui varie du gris au rouge et magnifique. Et tant mieux, car nous n'y verrons aucun animal. On rattrape la route principale 1h30 plus tard.

Il y a une nouvelle aire de pique nique, très charmante, et bien plus équipée que la précédente ce qui nous permet de boire deux cafés pour se retaper.

Sur la grande route, nous n'aurons pas plus de chance, juste quelques éléphants et girafes. Le décor n'a rien à voir mais est tout aussi beau. Nous sommes en hauteur, la végétation est basse, seuls quelques grands arbres dépassent.

Et c'est finalement au terme de 6h30 de trajet que l'on atteint le camp ! On est bien fatigué, un peu frustré de notre manque de chance, et aussi un poil déçu par le camp. Très grand, beaucoup de monde, et loin d'avoir une aussi belle vue que celui où nous étions deux jours plus tôt. Notre terrasse est orientée face à celle des voisins, dommage. Heureusement la chambre est bien plus lumineuse avec sa grande baie vitrée, rien à voir avec les pièces sombres des camps précédents.

Mais on décide de ne pas se laisser abattre, on avale un morceau, et on repart. On a d'abord l'intention de faire une petite boucle au sud du camp, mais à peine se met on en route que l'on tombe sur un point d'eau où rodent un pélicans, plusieurs alligators, des hippopotames, et une multitude d'oiseaux. Un peu plus haut, des buffles prennent un bain dans la Sabie River. Juste en face, quelques phacochères. Et puis voici un hippopotame plus bas. Sur la route, une voiture est arrêtée avec ses warnings. On approche au pas, jusqu'à distinguer un troupeau de buffles. Il y a en a tellement ! On recule pour leur laisser de l'espace, mais ils nous regardent de façon peu sympathiques, et bloquent totalement la route. On fait donc demi tour. Et rapidement, on tombe sur un éléphant et une girafe qui viennent boire. Dans un arbre, un gros et bel oiseau dévore une proie. C'est assez fou, en quelques minutes, nous avons vu plus d'animaux que dans tout le reste de la journée ! Ca nous remet du baume au coeur. On a pas beaucoup de temps avant le couvre feu, alors on fait quelques allers et retours dans le secteur, et puis peu avant 18h30, on rentre au camp.

Ce soir, le programme sera light car demain, il faut se lever à 4h pour une marche de 4h dans le bush !

Jour 8

Morning Walk

Le réveil pique ce matin lorsqu'il raisonne à 4h du matin. La nuit a été pluvieuse, on se demande si notre activité ne va pas être annulée. On saute machinalement dans nos vêtements, un coup d'eau sur le visage et on rejoint la réception pour la morning walk. Nous sommes 8. Il y a deux polonaises, deux américains et deux autres français. Les guides ont un peu retard, mais malgré la météo la marche est maintenue. Puis ni les polonaises ni les américains n'ont le formulaire attestant que l'on ne peut réclamer d'indemnités en cas d'accident ou de décès, alors on part un peu plus tard que prévu. Lorsqu'on franchi le portail, des voitures font déjà la queue pour attendre l'ouverture des portes.

Le guide nous rappelle qu'on est pas là pour voir les big 5, mais au contraire pour découvrir tout ce que l'on rate assis dans nos voitures. S'en suit les consignes de sécurité que nous connaissons déjà pour avoir participé à une autre marche quelques jours plus tôt. Et puis c'est parti pour 3 à 4h de marche dans le bush.

On commence par observer deux milles pattes qui s'accouplent. Un autre se balade tout seul un peu plus loin, les guides nous proposent de le faire marcher sur notre main pour sentir toutes les petites pattes. La sensation est étrange mais rigolote. On croise quelques ossements de buffles, puis des excréments de hyènes. Ce n'est pas sexy mais instructif. Ca ne fait pas longtemps qu'on marche, et on se fait déjà surprendre par la pluie. L'imperméable d'Emilie étant rose fluo, elle l'a laissé dans la voiture, la couleur risque de plaire aux animaux affamés. Alors je lui prête le mien, et me retrouve en t-shirt sous l'averse. Les guides nous dirigent sous un arbre pour ne pas prendre la pluie de plein fouet, et en profitent pour sortir le petit déjeuner : jus de fruits, crackers salés, gâteaux sablés, cheddar, chips et viande de kudu séchée. C'est un curieux mélange ! On reste là un bon moment, heureusement on a sympathisé avec le couple de francais, et on papote pour faire passer le temps. On oubli quand même pas que nous sommes coincés sous la pluie en plein milieu du bush sauvage, et on scrute les alentours l'oeil inquiet. Lorsque le plus fort de l'averse passe, on se remet en marche. Il pleut toujours un peu, mais quitte à être mouillés, autant continuer. Le sol déjà mou devient de plus en plus boueux, on surveille nos appuis pour ne pas glisser. Arrivés à la rivière on observe des hippopotames qui se baignent, et on découvre le basilic sauvage. Un peu plus en hauteur, on tombe sur un tibia de girafe puis un crâne d'hippopotame. Le guide profite d'un couvercle de casserole abandonné au sol pour nous détailler un peu l'histoire du parc et le déplacement des personnes qui vivaient ici avant. Juste après, ils pointent du doigt la colline opposée : un énorme lion ! On est fasciné par cette bête, et en même temps inquiet que seuls 150 m nous séparent. Mais le lion reste couché et les guides sont calmes. On fait tourner les jumelles, et les appareils photos travaillent. Même nos guides immortalisent ce moment, ca ne doit pas arriver souvent de croiser le roi des animaux lors d'une marche ! Le reste de la balade sera plus décousu. On est tellement galvanisé par cette rencontre improbable qu'on ne respecte plus vraiment les règles de sécurité. On discute, rompt la file, s'arrête en solo... et les guides auront bien du mal à nous intéresser aux plantes et empreintes suivantes, on ne cesse de regarder vers l'arrière pour observer une dernière fois le lion.

Vers 9h, on revient au camp. Entre la pluie et la rencontre avec un lion, c'était une sacrée expérience... On est tous trempé et plein de boue. On fait donc un passage au bungalow pour se changer, puis on s'installe au restaurant pour un copieux petit déjeuner, et on retourne au bungalow se coucher. Jamais notre rythme de vie n'aura été si anarchique !

En début d'après-midi, on prend la voiture pour une boucle aux alentours du camp. On croise quelques animaux, mais pas des masses. Jusqu'à ce qu'une voiture s'arrête à notre hauteur : "do you want to see cheetah? YES!!". Le conducteur nous indique la présence de 3 guépards 6km plus haut, on fonce ! Il y a déjà plusieurs véhicules arrêtés, ca simplifie les choses. 3 magnifiques guépards sont sur le bas côté, en train de manger une proie (heureusement cachée par un tronc d'arbre). Autour d'eux, 30 à 40 aigles et vautours qui guettent. Quand les 3 félins s'arrêtent de manger et s'éloignent, tous les rapaces se jettent sur les restes. Le spectacle est hallucinant ! Nous qui voulions voir des gros chats, on est servi aujourd'hui !

On continue notre boucle sans faire trop de rencontre (on voit quand même des éléphants, des impalas et plein de babouins). Soit on a pas de chance, soit on est tellement excités par ces guépards que notre attention a chuté. Alors que l'on s'apprête à rentrer au camp, un homme fait demi-tour vers nous, pour nous apprendre que plus de 600 buffles traversent la route à 1km. Dis donc, c'est la journée des bonnes infos ! On suit son conseil, qui nous permet de tomber sur un phacochère avant de voir cet immense troupeau. Sans doute le même qui barrait la route hier. Mais ici, la végétation est basse, et on peut vraiment voir toutes les bêtes qui arrivent et attendent de traverser.

Au final, cette journée n'aura pas été la plus chargée en rencontre, mais nous avons assistés à plusieurs scènes digne d'un documentaire animalier. On se prépare à se coucher tot, des souvenirs plein la tête !

Jour 9

Sunrise Drive

On se lève dans la nuit noire, à 3h du matin. On s'est couché tôt, donc on a presque fait une vraie nuit de sommeil, mais ce n'est clairement pas notre heure. Quand on arrive à la réception, le camion est déjà là, ainsi que le couple d'italiens qui vient avec nous. Nous ne serons que 4, accompagnés d'un des guides que nous avons eu hier pour la marche. Il nous demande ce qu'on espère voir aujourd'hui. La femme italienne nous fait beaucoup rire en réclamant des lions (la base) mais aussi zèbres et hippopotames. Elle dit n'en avoir que très peu vu, pourtant, il y en a partout ! Quand à nous, on ose enfin prononcer ce mot presque tabou ici : des rhinocéros ! Depuis quelques années, ils subissent un intensif braconnage pour leur corne (qui n'a absolument aucune valeur). Le parc appelle donc ses visiteurs à conserver le secret autour de ces animaux, et ne diffuser ni photo, ni information relative à leur nombre ou leur localisation. C'est devenu un peu notre saint Graal, et on doute fortement d'en voir avant de repartir.

La sunrise drive débute en mode "night drive". On balaye les bas côtés à la recherche d'animaux nocturnes. On verra juste un chacal. Le reste de nos trouvailles ne sont que des lèves tôt parmis les buffles, hippopotame, impala, éléphant, girafe... Le matin pointe doucement son nez, et cette atmosphère est vraiment agréable. Dans la fraicheur, la nature s'éveille. On croise quelques gnous et zèbres. L'italienne est contente. Elle ne parle que très peu anglais et est très agitée, le guide la rappelle à l'ordre plusieurs fois, et on doit traduire. Le guide pointe un arbre situé à plus de 200 m : 4 rhinocéros s'y trouvent ! Les jumelles vissées sur le nez, on saute de joie ! Malgré la distance, on distingue bien le nez cornu des animaux. On reste un petit moment à les observer, puis on repart. En croisant un autre guide, on échange l'information de la location des rhinocéros contre celle d'un groupe de lions. On en croit pas nos oreilles, quel début de journée ! Lorsqu'on rejoint l'emplacement, on découvre une belle lionne entourée de 5 petits lionceaux ! Il y a déjà plein de monde sur place, c'est rigolo de voir un embouteillage ici. Avec les rhinocéros, les buffles et les éléphants, ca fait 4 des big 5 ! Le guide nous fait remarquer qu'il nous a montré tout ce qu'on a demandé. Que doit-il chercher maintenant ? La réponse est évidente, le 5ème de la liste : le léopard ! Il parait que c'est le plus difficile et rare à trouver. On tourne, demande des infos aux gens qu'on croise, mais nous ne verrons que d'autres zèbres, girafes, gnous, éléphants et impalas. Ainsi que plusieurs phacochères. C'est marrant de voir le guide se prendre autant au jeu. Ca doit etre rare de trouver les big 5 au complet lors d'une même sortie, mais il est proche du but et bien décidé à tout donner. Au loin, on distingue des vautours qui se rassemblent, signe qu'un prédateur vient de tuer un autre animal. Serait-ce un léopard ? On quadrille la zone autant que possible, mais aucune route ne permet de se rapprocher d'assez prêt pour savoir exactement de quoi il retourne. On est déjà en retard sur l'horaire, on devrait être rentrés. Le pari est perdu, mais ce n'est qu'un détail !

En rentrant, on a l'impression que la moitié de la journée est déjà passée, alors qu'il n'est que 7h45. On commence par aller au restaurant, on a encore le ventre vide, un petit déjeuner sera le bienvenue. Puis on rentre au bungalow dans l'idée de se reposer un peu, mais on ne trouve pas le sommeil. Pas grave, on repart sur les routes.

On fait une boucle vers l'extrémité sud du parc. Nous ne ferons que peu de rencontre, et rien de notable (on devient difficile), jusqu'à repérer un attroupement de voiture devant nous. On suit le mouvement sans trop savoir quoi chercher. C'est un peu le bordel, les gens doublent n'importe comment, on se retrouve coincés sans aucune visibilité. C'est assez ridicule, on ne sait toujours pas ce qu'on fait là. On fini donc par demander aux voitures qui nous entourent : un lion ! Il s'agit en fait d'une lionne qui fait sa toilette étendue non loin de la route tandis que des voitures défilent pour l'observer. En fait, pour trouver des félins c'est simple, il faut repérer les bouchons ! Nous avons tellement galéré pour voir des lions qu'on est bien surpris d'en croiser deux fois le même jour.

On revient au bungalow à plus de 13h. On est bien épuisés ! Un petit repas, et au lit, il faut reprendre un peu de force si l'on veut tenir jusqu'à ce soir.

Le reste d'après-midi se fera au calme dans le camp, on a bien assez roulé ces derniers jours, et pas mal de route nous attend demain. On remonte le long de la Sabie River jusqu'à la réception. On achète quelques souvenirs et cartes postales à la boutique, puis on s'installe sur la terrasse du restaurant. Deux grandes boissons fraiches et des nachos. Un couple d'Allemands nous accostent. Ils vivent en Afrique du Sud la moitié de l'année et trouvent "intéressant" que l'on passe une semaine entière dans ce parc. La luminosité chute petit à petit, on mange rapidement, et au lit pour notre dernière nuit ici.

L'ambiance est particulière ce soir. On est content de cette semaine, on a bien profité du parc, vus plein d'animaux sauvages dans leur milieu naturel, assisté à des scènes de vie magnifiques, et justement, on est conscient de quitter quelque chose d'unique et authentique. Demain, nous retrouvons notre civilisation agitée, et nous quittons ce lieu magique. Et pour couronner le tout, nous basculons dans la seconde moitié de notre séjour. Ce n'est pas encore la fin, mais on redoute déjà le moment de rentrer...

Jour 10

Plus besoin de réveil, on a pris le rythme et c'est naturellement qu'on se lève avant 4h. Du lit, on entend les hippopotames qui discutent dans la rivière. Ca va nous manquer... Cette courte nuit nous permet de profiter du lever du soleil depuis notre terrasse. Et tout juste avant 6h, on fini de boucler les valises et on prend la route.

Comme il est tôt, et comme on a pas envie de partir, on fait un crochet par la partie sud ouest du parc. On discute à rigolo des animaux qu'on voudrait voir. Des rhinocéros de plus près que la première fois. Et des léopards pour cocher la case "big five". Sur ce second point, on y croit pas du tout.

A la sortie du camp, on trouve près du lac un énorme troupeau d'impalas. Avec la lumière matinale, une vraie photo de carte postale. Un peu plus loin, on croise quelques babouins. Puis on suit un petit chemin pendant 1h30, sans voir grand chose, et finalement, on rejoint la route principale. Tout droit jusqu'à la sortie. Quelques girafes, un éléphant, des phacochères. Il y un attroupement de voitures. Encore un lion. Mais on aura beau chercher, on ne le voit pas. Les herbes sont hautes, et tous les véhicules qui nous entourent sont beaucoup plus surélevés que le notre.

On s'arrête sur la dernière aire de pique nique. On pensait y trouver un lieu calme, mais c'est la cohue. Si pour nous c'est le dernier arrêt avant la sortie, pour les autres c'est le premier dans le parc. Les véhicules de tours privés sont garés les uns à la suite des autres. Les gens font la queue pour un cafe. Il y a un bruit incroyable ici. Si on ferme les yeux, on pourrait se croire dans un McDo. On fini par réussir à commander deux petit dejeuner, et on s'installe le plus à l'écart possible pour le manger. Dire que pour certains, l'ambiance du Kruger va se limiter à ca...

Il ne reste plus que 22 km avant la sortie. Une voiture est arrêtée sur le bord de la route, on se pose au même niveau pour essayer de voir ce qu'elle observe. Il s'agit de deux rhinocéros qui viennent de traverser. On ne les verra que furtivement, mais nous qui voulions justement en recroiser ! Puis, quelques mètres plus loin, au dessus d'un pont, il me semble apercevoir un félin en dessous. Stop. Jumelles. Oh mais c'est un léopard ! Deux buffles passent devant nous dans l'indifférence la plus totale, on surveille le léopard qui se rapproche le plus discrètement possible d'un troupeau d'impalas. D'ailleurs il s'en sort bien, eux ne l'ont pas remarqué, et même nous on finira par le perdre et mettre un bon moment à le retrouver. On était les premiers sur le coup, mais les voitures s'arrêtent les unes après les autres autour de nous. On décide donc de partir, on a de toute façon pas vraiment envie de voir quel impala deviendra repas de ce gros chat. C'est assez fou, à moins de 15km de la sortie, de tomber sur le 5ème big 5 !

Peu de temps après, on franchi la barrière du parc, à la fois terriblement excités par les rencontres avec les deux rhinocéros et le léopard, et la gorge serrée de quitter un tel lieu.

La route qui ramène vers Johannesbourg est loin d'être agréable. C'est une 1x2 voie sur laquelle peut rouler à 120km/h. Sur la bande d'arrêt d'urgences, s'enchainent des gens qui font du stop, des voitures en panne, des voitures arrêtées pour décharger, des voitures qui roulent au pas... Quel bordel. Pour nous qui venons de passer une semaine à rouler quasi seuls à 30km/h en moyenne, ce retour à la civilisation est difficile. En plus de ca, la route très jolie au milieu des montagnes n'est qu'une succession de virages, montées et descentes. Notre 4x4 n'a absolument rien dans le ventre, on termine chaque montée à 60km/h avec le moteur qui hurle à plus de 4500 tours/min.

Vers 14h, on arrive à Witbank, ville sans aucun intérêt, mais située à environ 1h de l'aéroport de Johannesbourg. On prévoit de simplement se reposer jusqu'à demain. On voudrait vérifier le vol de demain, nos emails et nos comptes après une semaine coupée du monde, mais un violent orage a arraché la ligne téléphonique, pas d'internet ! Le gérant nous prête gentiment sa tablette avec son forfait 3G.

On se met au lit pour une sieste, ca fait plus de 12h qu'on est debout, mais l'orage éclate. Des trombes d'eau s'abattent sur la ville et le tonnerre gronde si fort que l'on sent le sol trembler. Impossible de dormir. Quand ca se calme un peu, on se motive à faire le plein, retirer de l'argent, et acheter à manger pour ce soir. Comme ca, nous n'aurons vraiment qu'à finir nos bagages.

Le reste de la journée passera vite. Demain, direction le sud ouest : Cape Town !

Jour 11

Cap vers le Sud !

Réveillés encore trop tôt, c'est après un copieux petit déjeuner que l'on quitte Witbank vers 6h30. Direction l'aéroport de Johannesbourg à environ 1h30 de voiture.

La route est plus tranquille que la veille, ca nous soulage, juste quelques ralentissements lorsque l'on approche de la ville. On voulait faire le plein avant de rendre le 4x4, mais je ne sais pas comment on s'est débrouillé, nous voici dans le parking sans être passé devant la station essence. On découvre au passage que la location censée être en kilométrage illimité était en fait de 200km par jour. C'est ca que je kiffe avec les loueurs de voiture. Sur internet il n'y a que très peu d'info, et une fois sur place, tout est fait pour que les conditions soient les plus floues possibles, et à accepter dans le temps le plus court possible. Il est trop tard pour se prendre la tête, espérons juste que les frais ne soient pas trop élevés.

L'enregistrement ouvre quelques minutes après notre arrivée dans le terminal, on dépose les bagages. Il y a du monde à la sécurité, on est contents d'être en avance. Pourtant les contrôles sont minimes, on nous laisse même passer avec notre eau. Dans une sorte de Starbuck local, on commande deux cappuccinos. Les serveurs préparent les boissons en chantant, sacrée ambiance. Dans le hall, il y a des cireurs de chaussures. Et aux toilettes, entre chaque personne, quelqu'un entre pour nettoyer la cuvette. C'est rigolo ces différences qui nous semblent venues d'un autre temps.

L'avion part un peu en retard, mais on ne comprendra rien aux explications car derrière nous une femme telephone bruyamment. La double discussion en anglais, ca pique.

2h plus tard, nous voici au Cap ! Dès que l'on rentre dans l'aéroport, des immenses panneaux indiquent la pénurie actuelle d'eau dans la région et invite à l'économie. En mai, les robinets seront à secs.

Il y a une énorme file d'attente chez Hertz. Et un fois au guichet, on apprend que d'une notre voiture n'est pas encore disponible, et que la franchise est deux fois plus élevée. Génial. On attend 20 à 30 minutes comme on nous le demande. Au bout de 40, toujours rien. Heureusement qu'on devait récupérer le véhicule il y a 2h. Je vais demander plus d'informations, il parait qu'on est les prochains. Pourtant des gens arrivés après nous sont déjà repartis avec leurs clés... et ca continue ! Je retourne au comptoir, et on m'explique qu'il n'y a toujours aucune manuelle qui n'est revenue. Mais ! On a réservé une automatique ! Du coup, on se retrouve surclassés depuis une petite Polo vers une grande Focus. C'est cool, mais j'espère ne pas trop galérer en ville. Plus c'est petit, plus c'est facile à garer.

Nous avons encore 30 minutes de voiture jusqu'à notre bed&breakfast situé à Hout Bay. La route que l'on prend est bien encombrée, on roule au pas. En plus, je galère avec la nouvelle voiture. Les commandes pour les essuis glaces et les clignottants sont inversées. Chaque fois que je change de voie sur l'autoroute pour doubler, je lave le pare-brise. C'est finalement à plus de 16h30 que l'on arrive. Le lieu est vraiment classe, la chambre donne sur la baie avec les montagnes en fond. Il y a même une piscine. Le gérant nous demande de faire attention à l'eau. Dans les douches, ils ont installé des seaux, on doit les remplir avec l'eau froide qui est toujours perdue en attendant que l'eau chaude arrive. Chaque chambre recueille ainsi environ 3L d'eau qui sera utilisée demain pour le ménage.

On meurt de chaud, un bonne douche froide sera la bienvenue mais ca tombe mal. On pique une tête dans la piscine, on n'y restera que quelques secondes, elle est vraiment fraiche mais ca fait du bien. On est revigoré pour sortir. Nous n'irons pas bien loin, on rejoint la marina de Hout Bay. En approchant de l'océan, le sable a envahi les routes, c'est rigolo de voir un rond-point ensablé. La plage est magnifique, du sable fin blanc qui contraste avec les montagnes rocheuses. On trempe les pieds dans l'eau (juste un orteil, il y a des requins dans la région), elle est gelée ! On se balade là un petit moment. Ce coin de plage est une zone pour faire courir les chiens. Du coup, on est un peu les seuls sans animal. Autour de nous, les grosses boules de poils se jettent à l'eau pour récupérer balles et bâtons. Un peu plus loin, on tombe sur un phoque mort, échoué ici. Ils sont nombreux à vivre sur l'île juste en face, les vagues ont dû ramener son corps. Le soleil s'apprête à passer derrière les montagnes, on rejoint la marina. Peu de commerces sont ouverts, mais un restaurant semble avoir une jolie vue depuis sa terrasse, on s'y engouffre. On commande de copieuses pâtes au saumon. Il y a des chances pour qu'on revienne ici régulièrement dans les 5 prochains jours. Après une dernière balade sur la plage, on rentre au bed&breakfast. Objectif : ne pas se coucher à 20h et se recaler sur un rythme un peu plus normal.

Jour 12

La péninsule du Cap de Bonne Espérance

On aurait bien voulu faire la grasse matinée mais l'absence de volets et les rideaux non occultants font que nous nous retrouvons avec le soleil en pleine tête dès 6h du matin. Le petit déjeuner n'est servi qu'à 8h, donc on traine un peu, puis on se prépare à partir dès le ventre rempli. Le patron est vraiment sympa et nous donne des conseils pour la journée. Avant de vraiment se mettre en route, on passe au Spar local acheter un pack d'eau. Si les robinets seront bientôt à sec alors que nous serons confortablement rentrés en France, il est hors de questions d'en boire une seule goute. Hier, nous aurions presque pu oublier être en Afrique du Sud. Dans cette ville clairement riche, nous n'avons croisé que des blancs clairement aisés. Pourtant ce matin, à chaque intersection se trouvent pleins d'hommes et femmes noirs. Certains accostent les voitures pour faire la manche, mais la plupart se contentent d'attendre.

On traverse la péninsule en direction de Muizenberg, ce sera notre point de départ pour la journée, ensuite nous longerons la cote. La plage de Muizenberg est un spot pour les surfeurs et est connue pour ses petites cabanes colorées. On s'y arrête pour marcher un peu sur le sable. A nouveau, un homme guide les gens sur le parking quasi vide. Il est là avec sa famille en plein soleil. On nous répète tellement de nous méfier des gens (et en particulier des plus pauvres, donc des noirs...) que l'on a vraiment la sensation de participer à entretenir ce fossé qui différencie les deux communautés. Et on ne se sent pas toujours en sécurité à rester sur nos gardes comme ca. Et pour couronner le tout, ca accentue notre sentiment de culpabilité dans ce rôle de riche blanc venu admirer un pays où tellement de gens n'ont pas de quoi vivre dignement... Nous voilà donc à descendre le long de la péninsule, commentant la beauté des paysages et notre mal-être.

Le prochain arrêt se fera à Boulder's Beach. Cette portion de plage est rattachée au parc national de la Table Moutain afin de préserver la colonie de manchots sauvages qui y vit. Il y a de gros rochers sur la plage, qui constituent de petites criques. Le sable blanc, les gros cailloux et l'eau presque turquoise par endroit, le décor est magnifique. Certains sont venus avec maillots et serviettes pour profiter du cadre idylique. On se contente de remonter le petit chemin jusqu'à la toute dernière crique où vivent 2000 manchots. Ils sont très mignons, mais il y a vraiment beaucoup de touristes et surtout l'odeur est épouvantable. On fait quelques photos puis on remonte en voiture.

Direction : le cap de Bonne Espérance, pointe sud-ouest du continent africain (la vraie pointe sud est située à 300km de là au cap de l'Aiguille). Toute la zone est protégée dans un immense parc national sublime. Le contraste entre la montagne et l'océan, ca marche toujours. On se gare au cap de Bonne Espérance, puis on rejoint à pieds Cape Point. Un petit sentier relie les deux, et donne une vue exceptionnelle sur les falaises. Il y a beaucoup de vent, donc on prend bien notre temps. Ca fait du bien de bouger un peu, après une semaine assis dans une voiture. Après 45 minutes de marche, on arrive à Cape Point. Il y a ici un grand parking peuple de bus et voitures. C'est beaucoup moins sauvage du coup... Mais en contre partie, il y a restaurant et toilettes, ca ne nous fera pas de mal. Ensuite, on prend le téléphérique pour monter jusqu'au phare. Il y a pas mal de monde et la vue n'est pas aussi belle que depuis les falaises. On est donc bien content de ne pas s'être contenté que de ca. Assez rapidement, on fait demi tour et on retourne sur notre petit chemin vers le cap de Bonne Espérance. On croise des gros lézards et même une marmotte.

Ensuite, on reprend notre boucle, cette fois vers le nord de la péninsule. On prend la route côtière. Les vagues en dessous sont impressionnantes. Le sol est majoritairement rouge, et il y a pas mal de verdure, Le contraste entre toutes ces couleurs est magnifique. Quand on arrive au niveau de Scarborought, on tombe sur une petite plage où d'immenses rouleaux se fracassent sur les rochers. On y fait un arrêt.

Puis on arrive au niveau de la Chapman's peak drive. Cette portion de route est payante. Elle est très étroite, quelque fois même creusée dans la montagne. Mais le panorama est exceptionnel. Seul défaut, par manque de place, il y a très peu d'endroit où s'arrêter. Alors on roule au pas.

La route débouche à Hout Bay, notre fief. On hésite. Se poser au bed&breakfast puis ressortir juste pour manger, ou continuer. On opte pour le second choix et on remonte avec l'intention d'atteindre quasiment Cape Town. On voulait faire une escale à Camps Bay, mais il y a vraiment beaucoup de monde et de bruit, nous y reviendrons à une autre heure. La fin de notre tour se fait à Signal Hill. Ce pic s'élève entre Cape Town et l'océan. On ne pourra pas vraiment profiter de la vue sur la mer, le soleil baisse dans le ciel et se réfléchit dans l'eau en nous éblouissant, mais il ne passera pas l'horizon avant plus de 2h. De l'autre côté, on distingue la ville, on prend quelques photos. On est tous les deux bien fatigués et on se rend compte que malgre les 3 couches de crème solaire, on a bien rougi. Pas forcément étonnant avec ce vent qui dissipe toute sensation de chaleur...

Alors on fait demi tour vers Hout Bay, en profitant de la vue sur l'impressionnante Table Mountain. On se gare à la marina et on retourne au restaurant d'hier. La nourriture y est très bonne et la terrasse donne sur la baie. De retour au bed&breakfast, il fait bien chaud dans notre chambre, alors on se pose au bord de la piscine avec l'air frais du soir. On y reste un peu, puis on s'écroule sur nos lits, cette journée a été bien chargée !

Jour 13

Cape Town

Aujourd'hui, nous visitons la ville du Cap. Nous avons acheté des billets pour les bus à touristes, chose que nous n'avions jamais envisagé de faire avant, mais tout le monde nous l'a conseillé ici. Il faut dire que les distances sont assez grandes. La ville est aussi réputée pour ses nombreux pickpockets, donc j'imagine que c'est une façon de limiter les risques.

A 9h30, nous nous garons donc sur le Victoria & Alfred Waterfront, puis nous prenons le bus. Premier arrêt : le centre ville. Le bus nous dépose sur Long Street, principale artère commerçante. Il y a beaucoup de monde, de circulation et rien d'intéressant donc on bifurque rapidement. D'abord le Green Market un grand marché où l'on trouve déco, vêtements, nourriture... puis ensuite vers les Company's Garden. Ce grand espace vert est vraiment sympa, on oubli un moment être en ville. Dans les allées, pigeons et écureuils se promènent à la recherche de nourriture. Il y a un petit restaurant, on s'y installe pour commander thé et café. Il est encore tôt, mais il fait déjà bien chaud, une ptite pause à l'ombre fait du bien.

On veut ensuite visiter le District Six, musée dédié à l'histoire du quartier du même nom, fortement marqué par l'apartheid. J'ai oublié mon plan de Cape Town au bed&breakfast, du coup on galère un peu à trouver et on se rend d'abord devant un hôpital appelé également "District Six"... Résultat des courses, quand on arrive enfin au musée, on a bien pris le soleil, il est midi, et on ne profitera pas vraiment de cette visite peu joyeuse.

Quand on sort de là, on a pas le courage de marcher pour revenir jusqu'à Long Street, ca tombe bien, la ligne jaune passe juste à côté et nous y ramène. On refait un tour dans le Green Market, en particulier dans l'allée où il y avait tous les stands de nourriture. Du fait maison, du bio, du végétarien, c'est clairement tourné vers les touristes bobos. On opte pour deux wraps vegan aux saveurs asiatiques. Trop bon ! Ensuite, on se dirige vers Bo Kaap. Le quartier malais est connu pour ses jolies maisons colorées. Puis on reprend le bus pour continuer notre tour.

Table Moutain

Prochain arrêt : Table Mountain ! C'est la grande montagne que l'on voit et contourne depuis 3 jours. Impossible de la rater. Et c'est elle qui donne tout le charme au coin. Le bus nous dépose aux pieds, on a réservé en avance des billets pour le téléphérique, et on se fait donc doucement transporter vers le sommet. Le truc est vraiment bien fait, la passerelle de la cabine tourne en même temps qu'elle s'élève, permettant à tout le monde de profiter de la vue à 360 degrés. En dessous, certains tentent la montée à pieds, la randonnée ne doit pas etre facile !

En haut, la vue est magnifique : la ville du Cap, le Lion's head, toute la baie... Des nuages arrivent sur la mer, ils sont vraiment bas et donnent l'impression de venir cocooner la ville. Il y a plusieurs petits chemins dessinés, alors on profite le plus longtemps possible et on fait le tour pour profiter de tous les angles de vues. Devil's Head, les Twelve Apostles, Camps Bay. En plus d'offrir un super panorama, le cadre est très sauvage et est meme un parc national, du coup la balade est vraiment agréable.

De retour à notre point de départ, on reprend le téléphérique pour descendre, puis le bus jusqu'à notre prochaine destination : Camps Bay. Si d'en haut nous voyions des nuages, d'en bas nous pouvons confirmer leur présence. La plage est plongée dans une petite brume, rendant la visibilité médiocre. La température a bien chutée maintenant. On ne fait donc qu'une toute petite balade, puis on reprend le bus. Il reste quelques arrêts sur le côte, mais nous nous contenterons d'y passer sans descendre. Entre la brume, le vent et les nombreux chantiers en cours de travaux, ca ne nous inspire pas. Ce sera donc en direct jusqu'au front de mer.

Avant de récupérer la voiture on fait le plein d'eau (le rayon a été dévalisé, on prend les dernières bouteilles) et de cash. Puis on reprend la route vers Hout Bay. On voudrait ce soir aller au Farm Village de Noordhoek et on est deja pas en avance. Le trafic est encombré, on avance au pas. On mettra plus d'une heure à rentrer. On est bien fatigué par cette longue et chaude journée. Après s'être douché et changé, on a pas le courage de repartir immédiatement. En plus de ca, il y a vraiment de plus en plus de nuages bas, pas sur que ca vaille le coup. Tant pis, on va se reposer un peu puis on mangera à la marina ce soir.

Lorsque l'on ressorte, on se fait une petite frayeur. Notre voiture fait du bruit, comme si une pièce métallique raclait le sol. On imagine le pire. En même temps, la voiture est neuve et on a rien tapé donc la casse n'est pas le plus probable. On envisage de se garer sur le bas côté pour voir ce qu'il en est, mais partout j'ai lu des histoires de pièges pour créer des pannes chez les touristes et les dépouiller une fois qu'ils s'arrêtent. C'est la première fois que l'on sort de nuit, ce ne serait pas de chance. On est pas loin du bed&breakfast, donc demi tour on va vérifier ça sur le parking en sécurité. On roule au pas, et après le virage le bruit s'arrête. Serait-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? On scrute la route pour vérifier n'avoir rien perdu. Revenus au bed&breakfast, on inspecte le dessous de la voiture : rien. Le gérant est là et nous aide, mais il ne voit rien de notable également. Peut-être une branche que nous avons accroche puis perdu lors du demi tour ? Le bruit était pourtant clairement métallique. Puisque tout semble ok, on y retourne, de toute façon on ne va pas loin. Le patron nous laisse son numéro et nous dit l'appeler en cas de soucis. Finalement on rejoint la marina sans le moindre problème. Aucune idée de ce qu'il s'est passé, mais l'essentiel est que tout aille bien.

On commande deux moules marinières. On s'attend à quelque chose d'équivalent à chez nous, mais déjà, il n'y a pas de frites, juste des moules. Ensuite, la sauce est une crème au beurre et à l'ail. Ca nous rappelle plus les escargots que les moules. Et quand je dis sauce au beurre, je veux dire qu'il y a grand minimum une plaquette de beurre par assiette pour composer cette soupe. C'est bon, mais tellement gras !! On nous apporte du pain pour saucer. Le serveur commente même que les gens apprécient tellement la sauce qu'ils réclament un supplément de pain. Ouais non ça ira. Le gras c'est la vie, mais il y a des limites. Du coup, pour la première fois après un plat ici, on a encore un petit creux. On prend une crème brulée, il a dedans des éclats de noix de macadamia, et c'est super bon !

Jour 14

Lion's Head

Ce matin, le ciel est bien couvert. Des nuages s'accumulent au niveau des montagnes et bloquent la vue sur la baie. Pour être honnête, ça nous va très bien, nous avons prévu une petite randonnée et la faire sous la chaleur ne nous emballait pas plus que ca. Après un copieux petit déjeuner, on rejoint donc le pic du Lion's Head, on laisse la voiture sur le parking et on débute notre marche.

La première portion du chemin est large et aménagée. Oui ca monte un peu mais sinon c'est tranquille. Et plus on avance, plus la difficulté croît. Sur la dernière portion, cela s'apparente plus à de l'escalade que de la randonnée. Mais peu importe, la vue bien que couverte est vraiment belle et avoir un peu d'activité physique fait du bien. Le chemin entoure le pic, ce qui nous permet de profiter tour à tour de la vue sur la Table Mountain, puis sur la côte, puis sur la ville du Cap. Les derniers mètres sont les plus éprouvants, surtout pour le coeur. Ce qui est rigolo, c'est que ca nous semble sans fin. Chaque fois qu'on atteint le niveau supérieur, on se rend compte qu'il y a encore un étage à gravir. Mais après 20 bonnes minutes de marche/escalade, on arrive enfin au panneau indiquant le sommet qui culmine à 669 mètres. On s'installe un peu, le temps d'avaler une barre de céréales et s'hydrater (tout en profitant de la vue), puis on se lance dans la descente. Elle prend au moins autant de temps, car il faut bien faire attention à ce que l'on fait, mais sans l'effort physique. Et vers midi, nous sommes de retour au parking.

Il y a une buvette. On achète deux muffins au fromage et deux ice tea, puis on retourne au bed&breakfast. Cet après-midi, nous n'avons rien prévu d'autre que nous reposer. Ces vacances étaient chouettes mais épuisantes. Ce sera donc sieste, puis piscine. Du moins c'est ce qu'on espérait, car quand l'on sort avec nos maillots et serviettes, le temps se voile encore plus et les rafales de vent commencent. On s'installe donc plutôt dans le salon afin de rédiger nos cartes postales, il faudrait ne pas trainer plus si on ne veut pas rentrer avec. Le propriétaire qui passe par là nous parle d'un marché sur le port de Hout Bay. Ca tombe bien, on a rien à faire.

Lorsqu'on y arrive en voiture, plusieurs personnes nous font signe pour des places de stationnement. Il n'y a pas encore foule, alors on en choisi une proche de l'entrée. Ici aussi, on nous guide pour nous garer, mais en prime, une homme installe une chaîne derrière la voiture. On imagine que c'est une façon de montrer qu'ils vont surveiller en notre absence. Le marché est vraiment sympa. La première moitié est constituée de stands de vente de souvenirs, vetements, deco, photos, etc. On craque d'ailleurs pour quelques photos d'animaux qui nous rappellent notre semaine de safari. La seconde moitié se compose de stands de boissons et nourriture. Il y a quelques tables, mais toutes sont déjà prises. Ca a l'air vraiment bon et varié, donc on envisage de se poser là, mais la densité ne fait qu'augmenter, il devient de plus en plus difficile de circuler et communiquer, pas sur qu'on passe un bon moment sur la durée.

On reprend donc la voiture, on laisse quelques rands au jeune homme qui s'occupe de notre place de parking, puis, fidèles à nos habitudes, on va à la marina. Fish and chips pour moi. Poisson au curry thaï pour Emilie. Lorsque l'on ressort, quelques gouttes de pluie commencent à tomber, on croise les doigts pour qu'une bonne averse arose le coin durant la nuit !

Jour 15

Robben Island

On se prépare en vitesse, rapide petit déjeuner, et on part vers le Victoria & Albert Waterfront au Cap. Aujourd'hui, nous visitons Robben Island, île située à 7 km au large et connue pour sa prison politique où a été détenu pendant 18 ans Nelson Mandela. Nous devons embarquer avant 9h, et craignons des ralentissements dus à la circulation donc il n'y a pas une minute à perdre. Finalement, le trajet sera fluide et on aura un peu d'avance mais c'est tant mieux car on raté l'entrée du parking et il faut faire un bon détour pour y revenir.

Le pont du bateau est déjà plein quand on embarque, du coup on se retrouve dans la grande cabine, au centre. La traversée dure 20 à 30 bonnes minutes, la mer est un peu agitée, le bateau prend de bonnes vagues, et sans aucun repère visuel cet aller n'est pas vraiment un agréable moment. On est bien soulagé lorsqu'on arrive enfin sur l'île et que les montagnes russes cessent.

A peine débarqués, on nous invite à monter dans un des nombreux bus stationnés sur le port. La visite commence par un tour commenté de l'île. On nous parle des origines de la prison, de la vie sur l'île mais également de la brutalité de l'apartheid, son impact sur la conscience collective et le clivage qu'il reste encore aujourd'hui dans la société. On passe devant la carrière où les prisonniers politiques étaient obligés de travailler, et on apprend que c'est ici qu'est née la première union entre les gardiens blancs et les prisonniers noirs quand ces derniers sont devenus les professeurs des premiers. On apprend aussi que seulement deux tentatives d'évasions ont eu lieu. En raison des courants et du froid, la traversée est impossible pour quelqu'un qui ne soit pas un sportif de haut niveau. Le guide est vraiment bon orateur, il captive les gens, mais il a un accent très marqué, on a par moment de grandes difficultés à le suivre. Après un petit arrêt photo-pipi-café, on part vers la prison.

Cette seconde visite, se fait bien sur à pieds, avec un autre guide. Il s'avère que celui ci est en fait un ancien prisonnier ! Il nous fait visiter le lieu, nous présentent les différentes sections, les différentes classes de prisonniers (criminels, leaders politiques ou activistes). On passe bien sûr devant la cellule où Nelson Mandela est resté, en isolement, durant 18 longues années. Notre groupe est assez étendu, du coup on rate une bonne partie des commentaires.

Un peu avant midi, on rejoint le bateau pour revenir au Cap. Cette fois on fait parti des premiers à monter et on s'installe donc sur le port superieur. La traversée bouge toujours autant, mais avec l'air frais et les yeux sur l'horizon ca passe bien mieux !

Quitte à être là, on en profite pour faire un petit tour sur le Victoria & Albert Waterfront. L'endroit est vraiment sympa. Plein de cafés, quelques magasins, plusieurs groupes qui font de la musique. Il règne ici une atmosphère vraiment conviviale. On avait repéré un marché alimentaire 2 jours plus tôt, donc on y entre pour se trouver quelque chose à manger. Il y a de nombreux stands, dur de choisir. On opte pour une sorte de sandwich roulé dans une galette de naan, il y a plein de saveurs c'est très bon et très copieux. Malgré ça, la gourmandise nous pousse à prendre également un yaourt à boire en guise de dessert : fraise et basilic.

Kirstenbosch Garden

En début d'après midi, on reprend la voiture pour se rendre au Kirstenbosch Garden. Cet immense jardin botanique est niché au pied de la Table Mountain. Il y a beaucoup de monde, mais le lieu est tellement vaste qu'on est loin d'être les uns sur les autres. Très rapidement, on oubli l'aspect "musee vivant" et on se contente de se balader dans les belles allées au milieu de cette généreuse végétation. Un petite passerelle traverse en hauteur, au milieu des arbres et donne une dimension entre plus dingue à ce jardin. On fait un petite pause au bord d'un bassin, puis on rentre au bed&breakfast.

Pour notre dernière soirée, on reste au bord de la piscine à grignoter nos restes de nourriture en buvant des bières.

Jour 16

Dernier jour. On prend notre temps, et après le petit déjeuner, on commence nos valises. On a acheté trop d'eau, on la laisse donc à nos hôtes qui en auront sans doute bien besoin dans les mois à venir. Puis on paye la note, et on quitte le bed&breakfast.

Ce midi, on va manger une dernière fois à la marina de Hout Bay, mais avant, on réserve le bateau vers Duiker Island. Il parait que la mer est agitée aujourd'hui, alors on hésite un peu, mais l'excursion ne dure que 50 minutes alors ca devrait aller. Pour patienter, on s'installer sur la terrasse du Mariner's Wharf avec deux cappuccinos.

Sur le bateau, on a le choix de la place, il y a bien plus de sièges disponibles que de gens à bord, alors on choisi de s'abriter à l'ombre. Le début du trajet longe la côte, en dessous de la Chapman's Peak Drive. La bateau va lentement et ne prend pas les vagues de face, du coup même si ca bouge un peu, c'est largement supportable. On traverse ensuite la baie vers l'île… aux milliers d'otaries ! Lorsqu'on approche le récif, les vagues deviennent bien violentes, mais le pilote fait ca bien, il nous prévient et ralenti sur chaque montée pour que la descente soit plus douce. Il y aura quand même deux ou trois bonnes vagues qui auront bien soulevées nos estomacs, heureusement qu'on était bien accroché. C'est d'ailleurs marrant de voir là les otaries, sur leurs cailloux, elles prennent les vagues de plein fouet, mais ca n'a pas l'air de les déranger. Certains restent stoïque face au déferlement de vent et d'eau, d'autres se baignent tranquillement dans cette mer agitée. Tandis que je les observe, Emilie se fait déconcentrée par deux jeunes filles qui pleurent à bord. Elles n'ont l'air vraiment pas bien. Le mal de mer ? Puis on fait demi tour, et le bateau trace vers le port. Si Emilie est toujours perturbée par l'ambiance à bord, j'y prête à peine attention et continue d'observer le paysage et de faire des photos. En allant vers la poupe du bateau pour faire une dernière vidéo, une femme m'explique que quelqu'un s'est cassé la jambe à bord. C'est assez dingue comment je suis passé à côté de l'incident. A priori, durant les très grosses vagues, une personne âgée qui était debout sur le ponton s'est fait secouer tellement fort que sa cheville a cassé sous le choc. Fracture ouverte. Les personnes qui pleuraient étaient sous le choc après avoir vu l'accident et la blessure. De retour au port, on nous propose un remboursement qu'on refuse. J'ai personnellement passé un très bon moment…

Après ça, on retourne au Mariner's Wharf pour un bon repas. On choisi du poisson, avec une petite sauce miel moutarde et des pommes de terre sautées. C'est très bon. Et même si c'est copieux, on craque pour une dernière crème brûlée aux noix de macadamia.

Ensuite, on prend la voiture avec l'intention de refaire le tour de la péninsule en sens inverse, mais la Chapman's Peak Drive est fermée pour cause de chute de pierre. C'est dommage mais on ne va pas se plaindre, on a déjà eu l'occasion de la parcourir une fois. Du coup, on rejoint Cape Point en longeant à nouveau la côte Est de la péninsule. Il y a quelques ralentissements, mais on est loin d'être pressés. Vers 16h, on atteint le parc national avec le même plaisir que la première fois. On descend plein Sud, on croise sur notre chemin des autruches et des singes, on fait un rapide arrêt à Cape Point et… on fait demi tour. À partir de là, ce sera cap vers le Nord jusqu'au bout, on fait quand même une petite boucle dans le parc du Cap de Bonne Espérance. Sur la route, la végétation ne cesse de changer, c'est surprenant tellement de décor différents en si peu de temps. Puis on reprend la route déjà empruntée à l'aller et enfin on remonte jusqu'à l'aéroport du Cap

On fait le plein d'essence, on rend la voiture, on dépose nos sacs… Depuis la queue pour l'enregistrement, on voit par les portes vitrées le soleil se coucher. La soirée va être longue pour nous, on ne part qu'à 00h40. Après la sécurité et la frontière, on se cale au bar. Vin et cocktail, en plus de faire passer le temps, ça nous détendra.

Un peu avant minuit, l'embarquement commence. On est pas dans un A380 cette fois, mais la cabine est récente. Les sièges s'inclinent bien plus que ce qu'on a pu avoir avant, et l'écran tactile est de bien meilleure qualité. Le repas est en revanche bien médiocre. Mes pâtes sont tellement sèches que je n'arrive pas à les mâcher. Emilie n'avalera que deux bouchées de son plat. Il est plus de 3h du matin, la fatigue nous rattrappe et à défaut de sombrer dans un bon sommeil, on somnole quelques heures. Le petit déjeuner ne semble pas de première fraicheur lui non plus, mes oeufs brouillés sont devenus presque solides. Enfin, on arrive à Paris. L'escale est courte. Sécurité, frontière, et seulement quelques minutes d'attente pour embarquer vers Montpellier. Une heure et quelques plus tard, nous voici de retour à domicile. Nos bagages font partis des premiers livrés, ca ne nous était jamais arrivé ! On retrouve notre voiture, qui me semble presque étrangère. Comment ca marche un embrayage déjà ? En sortant du parking, au lieu de mettre le clignotant, je mets en route les essuies-glaces…

Clap de fin.