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Écosse

Mai 2018

Jour 1

Notre vol quitte Béziers en fin d'après-midi, on a donc la journée pour s'occuper des bagages et des derniers détais à organiser. Ca nous arrange, on a été beaucoup occupé ces derniers temps avec notre projet d'achat de maison, on en avait presque oublié ce voyage en Ecosse.

L'aéroport de Béziers-Cap d'Agde est vraiment petit. Seul Ryanair semble le desservir commercialement. Le parking n'est pas bien vaste mais il reste plein de places, on laisse la voiture en face de l'accès au terminal, puis on se dirige vers la sécurité. Ryanair autorise deux bagages cabine, mais le plus gros doit partir gratuitement en soute. On est super étonné de devoir l'y laisser avant le passage de la sécurité, mais ça nous débarasse. Il n'y a que 2 vols programmés cet après-midi, et déjà le hall d'embarquement est archi plein on est contraint de s'assoir par terre.

On était censé embarquer avant 16h20, mais l'avion n'arrive qu'à 16h40, du coup, on rate notre créneau de départ et on se retrouve en attente pendant 55 minutes, coincé au sol dans un avion non climatisé. Il parait que c'est du à une grève des controlleurs à Marseille. Le reste du vol se déroule sans encombre, on est quand même bien content d'arriver, le confort des sièges Ryanair est rustique, après 4h coincés dessus, on commence à avoir mal partout.

On fait la queue à la frontière et on arrive pile en même temps que les premiers bagages sur le tourniquet. Les notres sont là rapidement, très bien. On a déjà un peu faim, et pas l'envie de se presser à trouver une table une fois en ville donc on prend deux copieuses soupes à l'aéroport et ce n'est que le ventre bien rempli qu'on monte dans le tram pour rejoindre le centre ville d'Edimbourg. On a encore rien vu, mais on est deja satisfait, tout le monde est super gentil et accueillant. Il fait un super temps, ciel bleu, soleil, on est frustré d'arriver si tard et on espère avoir un temps aussi clément le lendemain.

La plupart du trajet vers la ville est assez surprenant, on est là dans ce tramway très moderne qui semble traverser au milieu de la campagne. Le transfert dure environ 40 minutes, et ce n'est que sur les 10 ou 15 dernières minutes qu'on est vraiment en ville. Les batiments sont tous jolis et typiques, il y a de l'espace et beaucoup de verdure. Edimbourg nous fait de l'oeil. On passe à proximité du chateau d'Edimbourg qui semble immense, on y reviendra demain. Le relief de la ville a l'air très accidenté. Certains batimemnts semblent comme sur un autre rive, presque inaccessibles, d'autres sont carrement en contrebas.

Le tram nous laisse à 100m de l'hôtel. On a un peu peur en découvrant que notre chambre est au sous sol, mais elle est très grande et il y a heureusement une belle fenêtre ! On dépose nos sacs, et on ressort immédiatement pour une petite balade, le peu qu'on a vu nous a donné envie d'en découvrir plus tout de suite. On est proche de Calton Hill, 10 minutes de marche plus tard nous voici au sommet de la colline, à surplomber toute la vieille ville ! On a raté le coucher de soleil, mais le spectacle est très beau avec les vieux batiments éclairés dans la nuit. Sans les immenses grues qui défigurent le ciel, ce serait parfait. Quand on pense à Edimbourg, on en oubli presque que la ville donne sur la mer. Pourtant de la haut pas de doute possible, on voit bien l'eau qui borde la ville. Pas mal de gens sont montés pour profiter de la vue, sur les pelouses les petits groupes se forment. On ne s'installe pas, il faut reprendre des forces pour demain, ce sera notre seule vraie journée à Edimbourg.

Nous sommes en Ecosse depuis quelques heures à peine, et on regrette dejà de n'y rester qu'une semaine. On rejoint l'hôtel tandis que les nombreux bars s'animent.

Jour 2

On a à peine le temps d'emerger et se préparer que le ciel bleu de notre reveil est deja recouvert d'un voile blanc nuageux. Avec un peu de chance ca devrait se degager dans la journée, mais on ne va pas trop se plaindre : pas de pluie prévue. On englouti un copieux petit dejeuner mi écossais, mi continental, et dès 8h30 nous voilà dehors !

Direction : le chateau d'Edimbourg. Pour y parvenir, on traverse les vastes Princes Garden. Se diriger ici est compliqué, la ville est vraiment battie sur plusieurs niveau, il y a de nombreux ponts, et notre plan en 2D ne laisse aucune possibilité pour savoir si les croisements communiquent ou se superposent !

Malgré ca, on se retrouve dans la porte du chateau 15 minutes avant l'ouverture, une petite file d'attente se forme déjà. Notre apercu d'hier nous avait laissé penser que le chateau communiquait avec le jardin qui l'entourait mais pas du tout. Il se dresse sur les hauteurs et surplombe totalement la verdure et la ville environnante. Pas étonnant d'avoir construit ici, cette place devrait être quasi imprenable. Le chateau d'Edimbourg est assez grand, on y découvre une foultitude de canons, une prison, une chapelle, une immense pièce à banquet, un monument aux morts... c'est même ici que sont abrités les joyeux de la couronne écossaise ! Néanmoins, on regrette un peu de ne pas avoir pris l'option audio-guide, les informations sur place sont minimes, si bien qu'à peine une heure plus tard, on a déjà fait le tour.

Lorsque nous rebroussons chemins, la plupart des nuages ont quitté le ciel, le fond de l'air est frais mais la météo est très bonne.

L'esplanade du chateau donne sur la Royal Mile, mais avant de parcourir cette rue princière, on fait un détour par les ruelles de Old Town et plus précisement sur Victoria Street. Cette rue a la particularité d'être sur deux étages, c'est assez déroutant. La plupart des magasins du coin font clairement référence à la saga Harry Potter. On la longe jusqu'au cimetière Greyfriards qui nous permet de fuir les voitures quelques minutes. De l'autre coté du cimetière, on découvre la statue de Bobby, un petit chien devenu célèbre pour être venu se coucher sur la tombe de son maitre chaque jour pendant 14 ans.

Puis, on rejoint la Royal Mile. On fait un petit tour dans la St Gile Cathedral, et on descend toute la rue. Si les premiers mètres sont bondés, petit à petit la foule disparait. On ne retrouvera les touristes qu'à l'autre extrémité. Mais avant ca, il est l'heure de manger. On s'installe chez Henderson, plus vieille enseigne végétarienne de la ville. On commande deux wraps et deux jus de fruits. Le service est lent mais la nourriture très bonne, bien que le jus de fruit à base de betterave soit surprenant. Après le repas, on débouche aux abords du parlement écossais. Cet édifice public propose des visites gratuites, mais tout était complet.

On traverse donc la rue jusqu'à notre arrêt suivant : Holyrood Palace. Il s'agit de la demeure de la reine lorsqu'elle vient en Écosse, quand elle n'est pas là, le batiment est ouvert aux touristes. C'est loin d'être la première demeure royale que l'on visite, pourtant d'habitude il s'agit d'anciennes royautés. Alors on découvre chaque pièce en imaginant la présence d'Elizabeth et Phillip (oui, on a sans doute trop regardé The Crown). Le palais en lui même ne nous emballe pas des masses, la déco est comme prévue : chargée et vieillissante. On y apprend quand même avec stupeur l'assassinat ici même du conseiller de Marie Stuart par son mari jaloux. 56 coups de couteaux, rien que ca.

La visite se continue ensuite à l'extérieur, dans les ruines de la Holyrood Abbey, puis dans les jardins. La magie de ce lieu est qu'il se fond totalement dans le décor qui l'entoure. Les jardins sont totalement cloturés, de l'extérieur on n'en voit qu'un mur, mais de l'intérieur on n'en voit que la vaste pelouse. En effet, le sol n'est pas droit et la terre remonte jusqu'au haut du mur, donnant l'illusion d'un immense terrain qui se perd dans la montagne.

Il est encore tôt lorsque l'on sort de là pour attaquer l'ascension d'Arthur Seat, point culminant à 251m dans le Holyrood park. 45 minutes de marche sont necessaire pour en venir à bout, et la vue d'en haut est exceptionnelle. Il s'agit en fait d'un volcan maintenant inactif qui domine toute la ville. C'est assez dingue de rencontrer un tel espace naturel à 10 minutes des principaux axes d'Edimbourg.

Il est encore relativement tot lorsque l'on descend, dire que l'on craignait ne pas avoir le temps de tenir se programme aujourd'hui. Finalement sans se presser, on y est arrivé. Pourtant, on a déjà marché 12km et la fatigue se fait sentir. On s'installe donc dans un petit salon de thé afin de se reposer un peu. Emilie prend un cake pomme et cannelle (car la dernière part de tarte pomme rubarbe a été commandé juste avant), et je tente un scottish macaroon, étrange patisserie à base de pomme de terre. C'est pas mauvais mais beaucoup trop sucré, j'ai l'impression d'avoir mangé une boite de sucre et termine totalement ecoeuré.

On se balade encore un peu, visitant quelques boutiques, puis on décide de faire une petite halte à l'hotel. On pensait ressortir une heure plus tard, mais Emilie ne se sent pas très bien, on se contente donc de manger au restaurant de l'hotel (excellent choix que ces deux risottos aux asperges) avant de retourner à notre chambre.

Jour 3

Aujourd'hui, on attaque les choses sérieuses : le road trip !

On commence quand même par prendre des forces, avec des pancakes un peu surprenant puisque frits, mais finalement pas mauvais du tout. Puis on boucle les valises. C'est à l'aéroport qu'on récupère la Ford Fiesta qui va nous accompagner jusqu'à la fin de la semaine, et on laisse Edimbourg derrière nous.

Pour rejoindre l'Ouest du pays, on coupe par le Loch Lomond et le Parc national des Trossachs. La prise en main de la voiture se fait tranquillement, j'ai déjà conduit à gauche mais c'est la première fois avec une boite manuelle. Au final c'est pas bien compliqué. Les rond-points à 4 voies avec feu tricolore pour rejoindre l'autoroute sont plus déroutant. Mais la circulation est légère, tout se fait tranquillement et on s'en sort bien. On a 1h15 de route à faire ce matin, on traverse de nombreuses prairies verdoyantes habitées par des moutons. Seules quelques fermes par ci par là rappelle l'existance d'une civilisation.

On fait arrêt sur la rive orientale, dans le petit village de Balmaha, et le temps qui avait été clément jusque là tourne à la pluie. On décide donc de ne pas se lancer dans la randonnée pour laquelle on est là tout de suite, et on s'installe dans un coffee shop. Thé et scones, on a l'impression de jouer à la dinette. D'après la météo, la faible pluie devrait durer un moment, avec un peu de chance elle sera entrecoupée de quelques acalmies. Alors on se change et une fois vetus de notre tenue de marche, on débute l'ascension de la Conic Hill.

Le sentier fait à peine 4km aller-retour, il débute par la traversée d'un joli bout de foret, puis on débouche sur un vaste paysage valonné. Il y a toujours une petite bruine qui nous garde humide. Il parait qu'on est censé avoir une belle vue sur le Loch Lommond, mais on peine à le deviner au travers du brouillard, et plus on monte, plus il se densifie, une fois en haut, on y voit plus à 20m. Au sommet, les choses se corsent un peu, plus rien ne nous abrite du vent et les rafales fraiches soufflent fort, mais de toute facon il n'y a rien à voir alors on commence la descente. Quelques minutes plus tard, les contours du lac deviennent visibles au travers du brouillard, on apercoit même quelques ilôts, et petit à petit, les nuages se dispersent au dessus du Loch Lommond et nous laissent enfin découvrir le superbe panorama ! On est super contents, on craignait ce matin de marcher sous une forte pluie et de ne rien voir. Non seulement la pluie est très calme, d'ailleurs elle a même stoppée, mais en plus, on profite de la vue et c'était pas du tout gagné.

Après 2h de marche, on est de retour à la voiture. On mange un petit snack acheté au supermarché du coin, et on reprend la route. Rapidement la pluie reprend, et devient même très forte. On a vraiment eu du bol ! On traverse le parc des Trossachs en longeant l'autre rive du loch. De temps en temps, on apercoit l'eau entre deux nuages... Après 1h de route, nouvelle acalmie, on s'arrête au bord de la route. Certains courageux se lancent dans une croisière sur le loch, on se contente de commander deux chocolats chauds. Les températures ont bien chutées, et avec le contre coup de la petite marche, on a besoin de se réchauffer. On a même droit à des marshmallows !

Un peu plus loin, nous loin de la sortie du parc, on arrive à Crianlarich où on fait escale pour la nuit. On a réservé un petit lodge en bois, cela pourrait être plus charmant sans la route à côté, mais on y sera bien.

En fin d'après-midi, le soleil apparait enfin, le ciel est au bleu et on ressort pour une courte balade. Il n'y a pas grand chose à proximité, une petite rivière et quelques montagnes en fond.

On rejoint le restaurant de l'hôtel, la cuisine y est simple mais bonne et copieuse. On a du mal à réaliser que ce matin seulement nous étions à Edimbourg, cela nous parait il y a une éternité. Ce n'est que notre première journée dans les Highlands, mais on est déjà conquis. Pourquoi n'étions nous pas venus avant ?!

Jour 4

Ce matin, on a droit à un petit dejeuner écossais, et si Emilie botte en touche avec l'option végétarienne, je me lance dans la version full : haggis, boudin noir, saucisse, oeuf et bacon. Je ne fais pas le malin devant mon haggis, il s'agit d'un plat typiquement écossait composé d'abbats mixés et mélangés dans du blé puis cuit dans une panse de mouton (du moins, c'est la recette traditionnelle, plus personne n'utilise de vraie panse de nos jours). Étonnament, c'est très bon. Le boudin noir est un peu plus difficile à avaler au réveil, mais je prends ca comme un défi et je termine mon assiette. Une chose est sure, je ne risque pas d'avoir un petit creux dans la matinée.

On reprend ensuite la route en direction de Glen Coe. Le GPS, compagnon farceur de nos voyages, nous fait une nouvelle blague et nous trouve un chemin 10 minutes plus court nous faisant passer par une route autorisée uniquement aux tracteurs. Ce raccourci nous fait finalement perdre une demi heure, mais le décor est plus que charmant, on a pas de raison de se plaindre. Glen Coe n'a rien à voir avec les vallées verdoyantes que l'on a croisé hier. Ici, lacs et montagnes se cotoient et le paysage est composé d'une végétation basse très colorée : du vert, du jaune, de l'orange, du rouge... C'est juste magnifique. On s'arrête d'ailleurs, bravant le vent froid pour profiter un peu de la vue et faire quelques photos.

Un peu avant 10h, on se gare sur le parking duquel débute une balade intitulée Lost Valley.

Le sentier ne fait que 4km aller/retour, mais il est très accidenté, il fait très froid au départ. La marche nous réchauffe, et le relief nous isole du vent. On suit un petit cours d'eau (qu'il faudra même franchir, plus ou moins adroitement, en évitant de trop se mouiller les pieds) formé par l'eau qui coule depuis les sommets environnants. Même si la balade est courte, elle est bien physique mais est très agréable, et débouche sur une vallée cachée au centre de toutes les montagnes. Sur les derniers mètres, une petit pluie s'invite. Le retour est moins dur car en descente, mais il faut être très vigilent, le sol déjà peu stable par endroit devient extrêmement glissant. On prend notre temps, et au terme de 2h d'effort on est de retour à la voiture. On remplace nos vetements humides par des secs, et on reprend la route.

On remonte vers le nord en direction du Loch Ness. On fait une pause pour manger à mi chemin, vers Spean Bridge. Ce sera deux Cullen Skink, une soupe de haddock fumée, nouvelle spécialité écossaise. C'est très bon et pour une fois, peu bourratif.

Puis on longe divers lochs très charmants. Vers 15h45, on arrive à Drumnadrochit. On est bien fatigué par la marche et la route, mais on a peur de ne pas trouver le courage de ressortir si on se pose, donc on file immédiatement réserver un tour en bateau. Prochain départ 16h, parfait.

On est un peu inquiet car on est les deux seuls à attendre au point de rassemblement. Un mini-bus vient nous chercher, fait un second arrêt, mais personne ne monte. Une fois au port, on est rassuré, une autre camionnette est là, quasi complète ! La croisière dure à peine 50 minutes, le guide récite tout son discours au sujet du loch, ses impressionnantes dimensions (37km de long, 3km de large et 200m de profondeur sur la quasi totalité de la surface), son eau très sombre, l'histoire du Urquart Castle dont on apercoit les ruines sur la rive, et bien sur, le mythe du monstre. On craignait le côté kitsch, mais le discours est bien fait et réussi à maintenir l'équilibre entre la légende et les faits réels sans tomber dans le ridicule.

Après ca, on file au B&B, une petite douche, puis il faut ressortir pour manger. Les deux seuls restaurants ouverts sont complets, on fait quelques courses à la superette locale et on retourne dans notre chambre. On a pris deux bonnes part de tarte, l'une au hachi parmentier, l'autre macaroni & cheese, ils sont fous ces écossais !

Au final, si on a adoré la première partie de cette journée à Glen Coe, on est plus mitigé pour la seconde partie au Loch Ness. Sympa mais sans plus, et finalement beaucoup moins majestueux que le reste de notre séjour. On avait d'ailleurs beaucoup hésité à supprimer cette étape de notre parcours, puis on l'avait laissé... quitte à aller en Écosse autant aller voir le monstre du Loch Ness. C'est maintenant chose faite, quand on reviendra visiter les Highlands, on pourra ignorer Nessie.

Jour 5

On émerge doucement après une bonne grosse nuit de sommeil, copieux petit dejeuner, et on monte en voiture.

Aujourd'hui, on rejoint l'île de Skye et plus de 4h de route nous attendent.

C'est assez rigolo la vitesse à laquelle la météo change autour de nous. On a débuté sous le soleil, puis on a traversé une alternance d'averses, nuages et éclaircies. Le paysage se compose lui essentiellement de jolis lochs, de vastes vallées plus ou moins vertes, de quelques fôrets, et de belles fleurs jaunes. On parcourt nos premières single track road. Ces étroites routes sont prévues pour une seule voiture. Il y a des passing place très régulièrement qui permettent de se garer sur le côté et laisser passer les voitures qui arrivent en face. C'est particulier comme concept, ca rend le trajet assez lent, mais très convivial car les passagers de voitures se saluent à chaque croisement.

A midi, on fait escale à Plockton, petit village situé sur la côte. Ici, l'Ecosse prend un peu des airs de Bretagne. La marrée est basse, l'océan s'est retiré et a laissé les bateaux s'échouer sur le sol. La montagne et la foret en fond nous rappellent cependant qu'on est dans un décor bien plus sauvage. On se promène sur le port, où de petites maisons blanchent y sont alignées, puis on s'installe dans un petit café. Soupes, sandwichs, boissons chaudes et brioche. Le ventre plein, on retourne à la voiture et on emprunte le Skye Bridge.

Nous voici sur la plus grande île d'Ecosse. On met le cap vers la péninsule Duirinish situé au nord ouest. La route principale longe les Cuilings, majestueuses montagnes. On croise de nombreuses petites cascades. Les 10 derniers miles se font sur une single track road où se succèdent petites montées et gros virages. On y passera 40 minutes, mais ca vaut le coup ! On est entourées de vallées très vertes et hautement peuplées en mouton. On apercoit au loin les falaises au dessus de l'océan.

Et c'est d'ailleurs notre destination. On se gare sur le parking de Neist Point puis on suit le petit sentier jusqu'au phare. Il fait très froid à cause du vent, mais on a de la chance, le soleil est radieux.

On reste là une bonne heure, puis on fait demi-tour jusqu'à notre bed&breakfast situé proche d'un lac.

Notre hôte propose de nous réserver un restaurant, très bonne idée vu notre mésaventure d'hier. Les tables disponibles sont rares, plus rien dans la ville d'à côté, on devra rouler jusqu'à la suivante. Les plats du Edinbane Inn sont très travaillés et bien joliement présentés, en plus, ils sont très bons. On se laisse même tenté par un dessert, puis on rentre se reposer !

Jour 6

À notre réveil, les rafales de vent qui soufflent à plus de 50km/h font trembler les fenêtres, c'est impressionnant ! On prend le petit dejeuner et on se met en route. La matinée devrait être bonne mais la pluie est annoncée à partir de 14h, on voudrait profiter avant. Au programme aujourd'hui : un tour de la péninsule Trotternish.

On fait un premier arrêt au Fairy Glen. Ce lieu semble surréaliste, on s'attend à voir surgir des elfes d'une seconde à l'autre. L'herbe est d'un vert intense, les collines s'enchainent autour d'un petit lac. Vraiment, ce glen porte bien son nom, il est féérique. Malgré le vent, on se balade pendant une petite heure, profitant du temps clair.

Puis on reprend la voiture, et on traverse la péninsule. On coupe devant les superbes montagnes de Quiraing. On a malheureusement pas le temps de s'y arrêter pour une randonnée, mais on y reviendra.

Prochain arrêt : Kilt Rock. Il s'agit d'une cascade se jettant dans l'océan depuis de magnifiques falaises. C'est loin d'être moche, mais on a vu tellement de belles choses durant ce séjour que ce nouveau point ne nous emballe pas plus que ca. Le sentier est très court, il débouche sur une vue des falaises (sans cascade) qui nous impressionnent bien plus.

Un peu plus bas, on arrive à notre principale activité : The old man of storr. C'est une formation rocheuse, que l'on peut découvrir au travers d'une randonnée de 4km. On se gare au parking juste avant midi, c'est parfait, on devrait passer entre les gouttes ! La première partie du sentier n'est pas vraiment interessante. Tout d'abord, le chemin est très large et aménagé, ca casse l'immersion dans la nature. Ensuite, on est censé traverser une foret mais tous les arbres ont été abattus, il n'en reste que les cadavres dessechés, un peu glauque. Heureusement, la vue derrière nous est magnique avec le beau loch que l'on peut observer en intégralité.

Sur la seconde partie de la balade, les choses sérieuses commencent. Le sentier se resserre et la difficulté augmente. Montée et gros caillous, nous revoila vraiment dans la nature. Il n'y a pas d'arbres ici (ni restes d'arbres), juste un magnifique paysage montagneux. Un peu plus haut, l'Old man of storr se dévoile enfin. On en fait le tour au travers d'un passage très accidenté où les chutes de pierres semblent très fréquentes (on y passe le plus vite possible), puis on amorce la descente.

Vers 13h30 on est de retour au parking, de gros nuages noirs arrivent vers nous, l'averse ne devrait pas tarder. On commence à avoir faim après tout ca, on s'installe au Aribba Café sur le port de Portree. Une table se libère juste quand on arrive. Le service est assez lent mais la nourriture est très bonne.

Enfin, on attaque la dernière portion de route jusqu'à Nostie. Le bed&breakfast d'aujourd'hui est assez isolé, on est au pied d'une rivière. C'est dommage qu'il pleuve car la vue est superbe, on aurait pu y faire une petite balade mais on devra se contenter d'en profiter depuis la fenetre de la chambre.

Après un peu de repos, on rejoint Dornie en voiture, on passe devant l'Eilean Dornan Castle (où on reviendra demain), et on se dirige vers le pub qui est en face. Bières, fish&chips, tartes. On se régale et les serveurs sont supers gentils, ca nous change des pubs francais.

Au retour dans notre chambre, notre hôte a glissé deux parts de gateau au chocolat en guise de déssert. Ils vont vraiment nous manquer ces écossais...

Jour 7

On a assez mal dormi à cause du matelas trop mou, mais le soleil radieux nous met en joie. La vue sur le petit loch devant notre chambre est fabuleuse. On commence par un petit dejeuner, le granola maison avec plein de fruits rouge frais est un délice, puis on part.

On fait un premier arrêt à deux pas de là, au Eilean Donan Castle. On a pas fait attention, le chateau n'ouvre que dans une heure, mais pas grave, avec ce beau temps et le ciel qui se reflete dans l'eau, ce chateau isolé sur sa petite ile qui est deja bien charmant devient magnifique. Alors on profite du panorama, on se balade un peu et on fait plein de photos. Devant les grilles, il y a une camera qui filme et diffuse en même temps sur Internet. On envoie l'adresse à quelques personnes et on passe faire un coucou. Certains ont préparé le coup et ont deja un petit panneau avec un message pour leur famille. C'est rigolo comme concept. Puis à 10h, le chateau ouvre enfin. On franchi le petit pont qui permet de le rejoindre et on en fait le tour. Il n'y a plus grand chose d'origine, le chateau a été détruit mais reconstruit et réammenagé. La salle des banquets et la cuisine sont surprenantes.

Un petit café, et en voiture ! Plus de 3h30 de route à faire aujourd'hui, on va quasiement traverser l'Ecossse sur toute sa largeur. Jusqu'à Spean Bridge, le paysage est juste parfait. De beaux lochs bordés de forêts de sapin. En fond d'immense montagnes. Sur le reste du trajet, on roule en bordure du parc national de Cairngorms. On peut moins profiter de la vue car les immenses sapins englobent la route. Cette autoroute est un vraie massacre, on y croise bien trop de cadavres d'animaux.

Vers 14h, on fait une pause à Pitlochry. Cette petite ville est bien animée, l'artère principale regorge de restaurants et boutiques. On mange un morceaux puis on fait un peu de lèche vitrine. C'est particulier comme sensation, ce retour à la civilisation après ces 4 jours dans la nature.

Il nous reste juste 30 minutes de route avant Perth où on dormira ce soir. Le gérant de la guest house est une nouvelle fois très acceuillant. Il nous conseille une balade dans un grand parc non loin de là, puis de rejoindre la vieille ville et manger dans un pub. Excellente idée qu'on s'empresse de suivre.

Jour 8

Aujourd'hui, nous avons une petite heure de route pour rejoindre l'aéroport d'Edimbourg et prendre l'avion qui nous ramenera à Beziers.

On est parti juste une semaine, mais ce séjour nous aura vraiment dépaysé, on a l'impression d'être là depuis au moins 15 jours. On est tous les deux tombés amoureux de ce pays, ces montagnes et ces lochs, et ces habitants si gentils. On part à contre coeur et on a juste une seule hâte : y revenir !