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Thaïlande

Janvier 2017

Jour 1

Une fois n’est pas coutume, nous sommes debout bien avant notre réveil pour aller prendre l’avion. Petit déjeuner et derniers préparatifs puis on dit au revoir à nos deux chats et demi avant de rejoindre l’aéroport. On a laissé nos gros manteaux à la maison, le trajet voiture/aéroport se fait au pas de course !

Il n'y a pas grand monde en ce mardi matin et l'ambiance est à la rigolade, c'est déjà un peu les vacances.

Notre vol pour Paris est en retard. À cause des conditions météo à Charles de Gaule l’avion n’est pas encore là. Mais nous avons plus de 4h pour faire la correspondance, donc pas de stress. On s’achète des mots croisés pour patienter et c’est finalement avec une petite demi heure de retard que nous décolons. Le vent rend le départ sportif mais le reste du vol est tranquille.

Nous arrivons à Paris vers midi et demi. Le changement de terminal et les contrôles à la frontière nous font passer un peu le temps. On fait les 100 pas au milieu des boutiques. Rien de bien palpitant mais on s’apprête à rester assis pendant plus de 12h alors ça ne fait pas de mal de marcher un peu.

D’ailleurs nous ne sommes pas encore partis que notre vol annonce déjà une arrivée 2h10 après l’heure prévue. On tente de se renseigner. Une première personne nous dit que cela doit tenir compte des mauvaises conditions météo. Une seconde que cela doit être une erreur informatique. Une troisième ne sait pas du tout, c’est assez fou, personne ne sait nous dire avec certitude à quelle heure nous allons atterrir !

Repas, tentative de sieste et mots croisés, il est l’heure d’embarquer ! L’avion quitte le sol vers 16h30, le dîner est rapidement servi et à 18h les lumières sont déjà éteintes. Il est minuit à Bangkok, on décide donc de tenter de dormir. Lavage de dents, on installe nos coussins et couverture, un petit comprimé de Donormyl et c’est parti pour la nuit.

Jour 2

Ayutthaya

Le vol est silencieux mais nos voisins sont agités et n’arrêtent pas de faire bouger nos sièges. C’est désagréable mais ça ne m’empêche pas de piquer du nez par petite demi heure. Emilie n’arrive pas à trouver le sommeil, ce sera nuit blanche et films pour elle. 8h plus tard, la lumière revient dans l’avion, on nous sert le petit déjeuner et notre Boeing débute sa descente ! Finalement nous n’avons que 15 minutes de retard lorsque nous touchons le sol thaïlandais !

L’arrivée se fait dans le calme. Le terminal est loin d’être bondé. On passe l’immigration, on récupère nos sacs à dos et nous voici dans le hall de l’aéroport. Devant les guichets des agences de voyage, les groupes s’entassent. C’est le parcours du combattant pour rejoindre les toilettes. Mais il fait plus de 30°C ici, nos vêtements ne sont pas du tout adaptés. On profite donc de la pause pipi pour troquer nos pantalons contre des bermuda / robe. Dire qu’il faisait -3°C hier à Paris !

Nous n’avons rien vu d’autre de Bangkok que l’aéroport et… nous n’en verrons pas plus pour le moment. Nous fuyons l’agitation de la capitale, nous changeons nos euros en bahts (à nous le monopoly) et sautons dans un des nombreux taxis pour rejoindre Ayutthaya ! Le taxi gonfle le prix de la course de 20%, sans doute l’effet touristes. Nous devrions négocier mais nous sommes trop fatigués pour ça. Le trajet de 80 km prendre quasi 1h30. Sur la route, nous croisons de nombreux panneaux noirs immenses qui pleurent la mort du roi. Les thaïs roulent à gauche, c’est assez bizarre pour nous qui ne sommes pas habitués. J’essaye de comprendre le fonctionnement de la circulation mais… soit il n’y a aucune règle pour définir les conditions de doublage, changement de voies, etc. soit… tout le monde les ignore !

Vers midi le taxi nous dépose devant le Ban Boonchu Hôtel à Ayutthaya. Il n’y a que 3 chambres mais elles sont spacieuses. Tout est en bois, on dirait presque un chalet. Devant les chambres une terrasse donne sur un petit jardin très charmant. Le lit nous attire mais il faut résister sans quoi nous risquons de nous décaler encore plus. Notre hôte parle très bien anglais et nous indique où manger, où acheter des tickets de bus pour repartir le lendemain, ainsi que les principaux sites à visiter (il y a plus de 400 temples à Ayutthaya).

Nous commençons par le bus afin d’être tranquille. La cité qui nous paraissait relativement petite sur la carte ne l’est pas tant que ça. Ajouté à la chaleur, la courte marche est épuisante. Jusqu’ici Ayutthaya se résume à une ville qui n’a rien de très mignon. Des routes, de vieilles bicoques… Le seul truc qui nous fait marrer ce sont les poteaux électriques et l’emmêlement des câbles à à peine 2 mètres du sol. On se demande comment cela peut marcher et surtout comment les techniciens font pour s’y retrouver. Le mélange d’odeurs de nourriture, grills pas lavés depuis un bon moment, poubelles, eaux stagnantes est assez horrible. Tellement qu’on en saute le repas de midi. Pendant un moment j’en arrive même à me demander ce qu’on est venu faire ici (et la fatigue n’aide pas). Mais on essaye de ne pas se laisser abattre. Nous achetons deux tickets pour demain 11h30 et on décide de repasser à l’hôtel se changer afin de louer des vélos. Shorts et baskets, nous voilà prêts ! On loue deux vélos au coin de la rue et à nous la visite.

Ayutthaya est l’ancienne capitale du royaume de Siam. Son parc historique, classé au patrimoine de l’humanité regorge de vestiges de temples et statues Bouddha.

Nous commençons par le Wat Mahathat, réputé pour sa tête de Bouddha emprisonné au milieu des racines d’un arbre. En mémoire pour le roi, tous les sites sont accessibles gratuitement jusqu’à fin janvier. Le temple a jadis dû être vraiment impressionnant car ses restes sont très étendus. Il est construit tout en petites briques rouges, ce n’est pas ce à quoi on s’attendait. Rapidement on croise la célèbre tête de Bouddha. Un panneau demande aux touristes de respecter la religion et ne pas poser avec Bouddha, mais à priori tout le monde s’en fiche et les gens font la queue pour prendre un selfie…

On se balade un peu au milieu des ruines puis on remonte à vélo jusqu’au Wat Ratchaburana voisin. Ce temple est plus petit mais impressionne avec son immense tour encore debout.

On reprend le vélo jusqu’à Wat Na Phra Men. Heureusement qu’on a abandonné l’idée de tout faire à pieds, en pédalant cela nous semble déjà loin. Nous avions vraiment mal estimé les distances. Le temple est beaucoup plus récent, et d’ailleurs il ne s’agit pas de vestige comme les autres. Les murs blancs, le toit pointu rouge, et des dorures de partout. Un peu kitch mais très joli. À l’intérieur un immense Bouddha tout en or. Les thaïlandais viennent là pour se recueillir, on ne fera donc qu’une visite rapide et discrète.

Et nous voilà à nouveau à vélo. Il ne faut pas croire, les déplacements sont plutôt désagréables. Les temples du parc historique sont séparés par des routes 4 voies sur lesquelles circulent tuktuk et voiture. Rouler à gauche, même à vélo, c’est déroutant ! S’orienter est assez difficile également. Les panneaux sont rares et une bonne partie n’est pas traduite. Essayer de reconnaître / se souvenir des symboles est impossible. En plus de ça, les ruines se ressemblent souvent. Sur un de nos détours, on croise des éléphants enchaînés qui promènent des touristes chinois. Quand on sait ce que ces pauvres bêtes doivent subir pour devenir dociles… On se range sur le côté en regardant passer l’immense animal… avec un mélange de tristesse et de fascination.

Nous arrivons enfin au Wat Phra Si Sanphet. Le site impressionne avec ses 3 immenses bâtisses en forme de cloche.

On aurait aimé voir également le Wat Chaiwatthanaram qu'on nous a chaudement recommandé, mais il est vraiment loin et on est épuisé. Emilie n’a pas dormi depuis 30h, les batteries sont à plat, je ne pensais même pas que nous en ferions autant le jour de notre arrivée.

Sur le retour, on s’installe au Coffee Old City qu’on nous a conseillé. Le style est assez occidental, c’est pas mal pour un premier repas. On commande deux pad thaï aux crevettes. Avec les boissons, cela nous revient à moins de 6 euros. Le plat est très bon, et ça fait du bien de manger, on commençait à se sentir faible.

On rend les vélos et on retourne à l’hôtel. La fatigue, la chaleur (et le manque d’hydratation ?) nous ont donné deux bonnes migraines. La douche est un délice. À 18h30, extinction des feux… à demain !

Jour 3

D'Ayutthaya à Sukhothaï

Ah, les joies du jetlag ! Si Emilie a vite piqué du nez, elle s’est aussi réveillée à minuit et a eu beaucoup de mal à se rendormir. Quant à moi, c’est l’inverse. Malgré la fatigue, impossible de trouver le sommeil, et mon mal de tête ne fait que monter en intensité. Deux comprimés d’ibuprofène, un donormyl, et cela devrait aller mieux ! Le sommeil me gagne enfin mais la nuit est compliquée, je me réveille sans cesse, soit transpirant, soit grelottant, sans trouver le courage de me lever prendre ma température.

Au petit matin, je me sens heureusement bien. Nous descendons prendre un copieux petit déjeuner à base d’oeufs brouillés, tartines à la confiture mangue passion et fruits frais (dont un fruit inconnu pour nous, semblable à un gros kiwi blanc). Dans le jardin fleuri, avec les chiens et les oiseaux, c’est un réveil très agréable.

Ensuite, il est déjà temps de faire les valises. Aujourd’hui nous quittons Ayutthaya pour rejoindre Sukhothaï. 6h de bus nous attendent !

Pour rejoindre l’arrêt de bus situé sur la highway nous prenons un tuk-tuk. Et cheveux au vent, nous voilà dans ce petit véhicule, à rouler sur les zébras à côté des voitures. Un peu flippant quand même !

Nous prenons un bus VIP, il a la clim’ et des toilettes. Il est relativement confortable, les sièges sont inclinables, nous avons même un repose pieds. Nous sommes en compagnie de quelques locaux mais le tout est principalement peuplé de touristes (dont beaucoup de français). Le moine derrière nous passe une bonne partie du trajet au téléphone. Sa sonnerie est une sorte de thaï rock, ce total décalage entre l’habit et l’homme me fait beaucoup rire.

Après 1h30 de route, le bus fait un arrêt. Le chauffeur fait une annonce... en thai uniquement. Comme tout le monde descend, on suit le mouvement, et on fini par nous expliquer "free food !". Dans le batiment devant lequel nous dommes arrêtés, de petits stands échangent nos tickets de bus contre un plat. Les toilettes du lieu sont rustiques. Pas de chasse d'eau, un robinet et une casserole à replir puis verser dans les WC !

Le trajet n’est que peu palpitant, on s’occupera en regardant le paysage défiler. C’est l’occasion de voir la Thaïlande autrement que par ses villes et ses plages. De temps à autres, surgissent de nulle part des temples ou des statues immenses dorées. Sur la dernière portion, nous quittons la highway pour une petite route. Notre bus zigzag en klaxonnant les tracteurs, alors on se concentre sur notre environnement qui est très pittoresque. Des maisonnettes et des champs. Au loin une montagne derrière laquelle le soleil se couche.

Nous arrivons à Sukhothaï peu avant 18h. Le dernier bus pour la vieille ville où nous logeons est déjà parti. On partage donc un tuk-tuk avec une allemande qui voyage en solo pour la première fois.

Notre chambre pour les deux prochaines nuits est à nouveau spacieuse. L’Old City Boutique Hôtel n’a que peu de charme mais il est situé à quelques mètres du parc historique pour lequel nous sommes là.

On pose nos sacs, on prend une douche et puis on sort découvrir un peu la ville et surtout se remplir le ventre. Notre guide décrit la vieille ville de Sukhothaï comme un endroit mort après 18h. Pourtant sur l’avenue principale le night market est déjà là. On s’installe au Maeboonmee Cafe, un restaurant juste en face, et on commande deux Sukhothaï noodle soup. Pas du tout épicé paraît-il. Pourtant impossible de boire le bouillon, je ne peux m’empêcher de tousser à chaque gorgée. Néanmoins le plat est très bon.

Un couple de français, attablé à côté de nous, nous conseille de faire un tour dans un autre marché situé “au bout de la rue” et nous vante les mérites de tous les stands de nourriture. L’idée de voir des tas d’animaux embrochés ne nous emballe que moyen mais on décide de s’y rendre quand même. Il paraît que c’est un marché assez rare ici et qu’il termine ce soir.

En fait, le “bout de la rue” c’est le parc historique de Sukhothaï, et s’il y a bien un marché à l’entrée, ce n’est pas tout. Il y a de nombreuses animations, un spectacle d’éléphants (bouh), un concert et même un feu d’artifice ! On n’a pas la moindre idée de la raison de ce rassemblement mais on est très contents d’y être. Il y a des petites lumières très jolies le long des canaux, et également dans les arbres. Au loin on aperçoit quelques temples éclairés, on a maintenant hâte d’être à demain pour visiter tout ça !

Jour 4

Sukhothaï

Mais ils sont fous ces thaïs ! À 5h30 du matin nous sommes réveillés par des chants. On tente de se rendormir mais impossible, après le chant vient un discours puis ce qui ressemble à une prière. Le tout est incroyablement fort et doit réveiller tout le quartier. On décide donc de se lever (très) tôt et d’aller prendre le petit déjeuner afin d’attaquer la journée de bonne heure.

Oeufs au plat, tartines, thé et café, nous voilà rassasiés. Pour commencer, on demande au patron de l’hôtel où acheter les tickets de bus pour se rendre à Chiang Mai demain. Le guichet n’est qu’à 500 mètres, il propose néanmoins de s’y rendre en scooter à notre place. On tente d’expliquer que l’on peut marcher une si courte distance, surtout que l’on ne comprend pas trop quand il souhaite le faire et qu’on aimerait les avoir tout de suite pour être sûrs d’avoir une place. Il insiste beaucoup et on finit par comprendre qu’il veut vraiment rendre service et prend notre réaction pour de la méfiance. On lui confie donc 500 bahts et on patiente le temps qu’il fasse le trajet et l’achat pour nous. 5 minutes plus tard, le voilà de retour avec nos tickets. Ce genre de situation est totalement surréaliste pour nous, européens malpolis.

Nous empruntons ensuite deux vélos et nous mettons en route vers le parc historique situé à quelques centaines de mètres. Il est encore tôt, il y a peu de touristes et la chaleur est encore supportable. Le parc est vraiment fabuleux, les ruines sont magnifiques, il y a plein de petits canaux, tout est très vert et arboré. La balade à vélo dans ce cadre est vraiment magique. On y croise les nombreux couples français qui étaient avec nous dans le bus.

On commence par le Wat Mahathat, le plus vaste du site. Il se compose de nombreux bouddhas et colonnes en briques rouges.

Puis on continue avec le Wat Sri Sawai. Il s’agit de trois tours qui ressemblent beaucoup aux images qu’on a pu voir des temples d’Angkor au Cambodge.

Un peu plus loin, se trouve le Wat Traphang Ngoen et son grand bouddha assis. Il est à peine 10h mais il commence à faire bien chaud. On s’installe donc en terrasse dans un café non loin de là pour déguster deux thés.

On finit la visite de cette zone par le Wat Sa Si. Un autre grand bouddha assis, de belles colonnes, une petite passerelle qui surplombe un canal parsemé de nénufars et de fleurs de lotus. Une vraie carte postale.

Il n’est pas encore l’heure de manger et on a déjà fait un bon tour. On s’éloigne donc de la zone centrale...

...pour rejoindre le Wat Chang Lom situé hors de la ville à l’est. Le chemin n’est pas indiqué, si bien qu’on se perd un peu jusqu’à atterrir dans un champ avec des vaches. Mais c’est sans compter sur la gentillesse des thaïs. Un monsieur en voiture s’arrête pour nous indiquer la route. Le temple est très joli. Pas de bouddha ici, mais une couronne d’éléphants superbement conservés !

À midi, on s’installe au Janthong, un petit restaurant conseillé par notre hôte ! Personne ne parle un mot d’anglais, si bien qu’un des clients devra nous aider pour demander l’addition. Un thaï m’observe manger. On ne sait dire si il est impressionné de voir un occidental manier les baguettes ou s’il se moque du fait que je m’en serve pour trier la coriandre. Le repas est excellent et nous coûte moins de 2,50 euros !

Après une rapide sieste, on ressort faire les touristes. Il n’y a plus de vélos à l’hôtel, on en loue donc deux dans une boutique toute proche. On se dirige ensuite vers le nord de la ville. Le couple de touriste rencontré hier soir nous a conseillé de privilégier le tuk-tuk au vélo, à cause des distances et de la chaleur, mais le trajet est très agréable. Et ce, même si nos vélos ne payent pas de mine.

Contrairement à Ayutthaya, la nouvelle ville de Sukhothaï a été construite 10km plus loin. Il n’y a donc que peu de circulation ici. La route est large, il y a pas mal d’arbres qui procurent de l’ombre et une fois qu’on est lancés, on a un peu d’air !

On découvre ainsi le Wat Phra Pai Luang, assez vaste mais pas exceptionnel par rapport à ce que l’on a vu ce matin. Et surtout le Wat Sri Chum, une immense statue de bouddha aux ongles dorés de 14m de haut. Des gens prient à ses pieds. Majestueux !

Après un moment, on fait le trajet retour vers la zone centrale déjà visitée ce matin. On y flâne un moment, puis épuisés on retourne se poser à l’hôtel, de beaux souvenirs de cette journée plein la tête. Sukhothaï est un très gros coup de coeur.

Le soir on retourne manger dans le même restaurant que la veille. Les deux jeunes garçons qui font le service sont très marrants. Ils ne cessent de s’observer dans le miroir qui est au fond de la pièce, puis sortent un peigne pour se recoiffer. À la fin du repas, on leur donne deux billets de 20 bahts (à peine plus d’un euro), c’est une pratique paraît-il peu répandue ici. On les voit partir en agitant les billets comme s’ils venaient de gagner la tombola.

Jour 5

De Sukhothaï à Chiang Mai

Ouf ! Pas de chants ni de prières ce matin ! Nous nous levons tranquillement vers 7h30. Au petit déjeuner, il y a tout un groupe de thaïlandais, du coup il leur est servi une grande marmite de soupe. Curieux, j’en prends une louche pour accompagner mes oeufs. La texture est étrange, il s’agit d’un riz gluant voire pâteux qui baigne dans un bouillon. Mais le plus surprenant est le goût à la crevette. De une je ne m’y attendais pas, de deux, je mange rarement des fruits de mer au petit déjeuner.

Puis, c’est avec un petit pincement au coeur que nous quittons Sukhothaï. La ville ainsi que ses habitants nous ont marqués.

Le patron de l’hôtel nous accompagne en samlor (une sorte de pousse-pousse) jusqu’à la station de bus, où nous retrouvons une bonne partie des gens avec qui nous avons voyagé 48h plus tôt.

À peine quelques kilomètres après le départ, le bus s’arrête sur le bas côté et le chauffeur sort avec une petite boîte à outils… 15 minutes de réparation plus tard, nous repartons. Avant un second arrêt réparation d’à peine quelques secondes !

La route jusqu’à Chiang Mai ne montre que peu de signes de civilisation. Forêts et montagnes sont nos compagnons. Le bus fait de fréquents arrêts, quelques thaïs montent à chaque fois, puis font le voyage assis par terre car tous les sièges sont pris, avant de descendre quelques arrêts plus loin. Nous dépassons rarement les 60 km/h, on est pas prêt d’arriver !

Vers midi et demi, le bus s’arrête pour la pause repas. Deux grosses brioches à la vapeur garnies de porc et d’oeufs pour moi. Emilie devra se contenter de nouilles déshydratées car il n’y a aucun plat végétarien. Mais elles sont tellement pimentées qu’elle n’avalera qu’une ou deux bouchées.

Puis on reprend la route. L’après-midi s’écoule aussi lentement que le bus roule, et c’est vers 16h que arrivons enfin à Chiang Mai.

À la sortie du bus, nous retrouvons l’allemande avec qui nous avions partagé un tuk-tuk deux jours plus tôt et nous commençons à discuter avec une conductrice de songthaew. Une autre allemande se joint à nous. On se met d’accord sur 50 bahts par personne, puis un couple de français arrive : “50 bahts pour 4 personnes, donc ok pour 40 bahts fois 6 personnes ?” Elle refuse et maintient les 50. Elle peut soi-disant accueillir 12 personnes et perd donc de l’argent avec seulement nous 6. Le français trouve cela excessif et ne veut pas plus de 20. La négociation échoue, ils décident de rejoindre la vieille ville à pieds. On monte dans la voiture, et là on se rend compte que de nombreux thaïs attendaient et grimpent avec nous, on se retrouve ainsi 12. Le songthaew nous dépose chacun notre tour, on voit vite que les locaux ne payent effectivement que 20 bahts, mais c’est sans regret. Marcher une heure sous le soleil pour économiser l’équivalent d’un euro ? Non merci !

Notre hôtel, le Chan Chiangmai House, est situé en plein centre ville. Pour 30 euros la nuit nous avons une chambre “de luxe” et elle est immense !! On nous donne une carte avec l’adresse de l’hôtel en thaï “pour le taxi”. C’est vrai que comme on a pu le constater à plusieurs reprises, vraiment peu de gens ici savent lire notre alphabet ! On dépose notre sac de linge sale à l’accueil, le réceptionniste va se charger de l’emmener à la laverie pour nous, et on sort se balader en ville.

On rejoint le saturday night market au sud de la ville. Sur le court trajet on note le contraste entre les beaux temples et l’urbanisation pas très fine qui les entoure. Certains sont entourés de Mc Do et Starbucks.

Chiang Mai est la 3ème ville du pays et notre quartier est sans aucun doute très touristique. Une succession de guesthouse, restaurants et agences de voyage. D’ailleurs, on en profite pour demander quelques renseignements en vue d’une excursion à Doi Inthanon. En feuilletant les prospectus, on s’aperçoit que notre image européenne du traitement des éléphants est un peu fausse. Sur internet nous ne trouvions que peu de sites offrant des soins aux éléphants au lieu des les exploiter. Sur place, c’est totalement l’inverse, et cette nouvelle nous réjouit !

Le night market s’étend au milieu de la circulation et la pollution. Stands de nourriture se mélangent avec les vendeurs de vêtements. On s’y balade un peu, on achète même 2 pantalons, mais c’est bondé de monde, on décide donc de sortir de là et trouver un restaurant pour se poser manger calmement.

Jour 6

Chiang Mai

Première nuit sans donormyl, on commence à se recaler comme il faut ! Mais le réveil vers 7h est toujours un peu difficile. L’hôtel propose pour le petit déjeuner une option américaine ou une option thaï. On opte sagement pour des oeufs brouillés. Le réceptionniste met une chaîne de télé française pendant que l’on mange. On se serait bien passé de débuter la journée en écoutant Marine… mais l’intention était gentille.

On remonte ensuite Chiang Mai à pieds vers le nord. Tous les quelques mètres on s’arrête pour admirer un nouveau temple. La plupart se ressemblent, et sont ornés de décorations dorées et rouges très travaillées, mais quelques uns se démarquent comme un temple en bois.

On rejoint la porte nord de la ville dans le but de prendre un songthaew vers la colline de Doi Suthep. Le premier que l’on arrête nous demande 1000 bahts pour deux alors que d’après notre guide, le trajet coûte 50 bahts par personne. On veut bien payer le tarif touriste mais pas non plus le tarif pigeon. Il dit que pour 50 bahts il se contentera de nous laisser au pied de la colline où on devra prendre un second véhicule pour monter. Sans façon. Le second songthaew reste ferme sur 300 bahts. Déjà mieux mais toujours pas ça. Un troisième veut 400 bahts… Finalement le chauffeur précédent nous fait signe de remonter la rue. Effectivement, à l’intersection suivante, les songthaew attendent en enfilade. Le premier chauffeur nous invite à monter : “fifty each”. Banco !

Après 15 km de route sinueuse, on nous dépose en pleine agitation. Des tas de taxi, bus et autres s’engouffrent dans la zone, entourée de boutiques. Pour l’authentique, il faudra repasser.

Deux longs dragons bordent un escalier qui emmène jusqu’au temple. Sur les marches, des petites filles déguisées se font prendre en photo avec les touristes contre quelques bahts. On n’a pas tous la même conception du tourisme… Pour la petite histoire, il paraît que la localisation de ce temple a été “choisi” par un éléphant portant une statue de bouddha qui a “décidé” de mourir ici. Le message semblait tellement évident pour les bouddhistes qu’ils ont érigé un immense et magnifique temple.

Il y a une entrée dédiée pour les étrangers qui doivent s’acquitter de 20 bahts de droit d’entrée. Le lieu est vraiment spectaculaire. Tout est doré, le soleil se réfléchit partout et nous aveugle. On fait le tour des extérieurs, il y a une multitude de détails, de bouddhas, d’éléphants, de cloches (que les touristes font sonner malgré tous les panneaux d’interdiction dans plusieurs langues). Derrière le temple, la vue sur Chiang Mai pourrait être belle si elle ne mettait pas autant en valeur le nuage de pollution qui recouvre la ville.

Un peu plus tard, on pénètre à l’intérieur du temple. Tenue correcte obligatoire (les genoux et épaules doivent être couverts). Il est demandé de garder le silence en ce lieu de culte où de nombreux bouddhistes viennent se recueillir. Bien sûr, nombre de touristes n’en ont que faire et communiquent bruyamment tout en dévoilant cuisses et décolleté.

L’intérieur du temps est à l’image de son extérieur. Du doré, des bouddhas assis, des bouddhas couchés, des bouddhas verts… Et toujours plein de petits détails. On fait travailler l’appareil photo.

Après avoir fini notre tour, on rejoint la place où on nous a déposé. Les songthaew demandent maintenant 60 bahts pour le retour. Certains touristes sont mécontents et ralent (on s'abstient, la différence représente moins de 30 centimes d'euros), mais tous les chauffeurs se sont accordés sur ce tarif, et maintenant qu’on est là, il faut bien rentrer… Un à un ils cèdent.

Sur le trajet, on sympathise avec un couple de français et un couple australien. Tous ces moments d’échanges sont vraiment très sympa. On n’avait jamais vécu cela lors de nos voyages précédents. On partage nos expériences et des conseils. Et c’est rigolo de recroiser les mêmes têtes quelques jours plus tard dans une autre ville. Ce matin lors du trajet aller, nous étions avec un couple de français que vous avions déjà croisé deux fois auparavant.

Le midi, on s’installe au See You Soon Café, un restaurant qui avait donné envie à Emilie la veille. La nourriture n’est pas exceptionnelle, et les tarifs excessifs (2 à 3 fois ce qu'on a payé jusque là...). Même si c'est ridicule par rapport à nos tarifs français, on n’y reviendra plus !

Après le repas, on réserve une excursion pour visiter Doi Inthanon le surlendemain. Ce sera notre première visite organisée.

Ensuite, on se dirige vers l’est de la ville. À nouveau, on croise de nombreux temples. Tellement qu’on finit par perdre le compte. On serait bien incapable de dire lequel on a préféré tellement tout finit par se mélanger.

Le soleil cogne fort, et l’ombre se fait rare. Dire que peu de thaïs sont en vêtements d’été. La plupart portent des pantalons, et certains poussent le vice jusqu’à ajouter un pull ou carrément… une doudoune ! On s’installe dans au Raming Tea House pour boire deux boissons glacées. Ils ont un petit jardin très mignon, frais et surtout calme. La circulation constante est désagréable.

Un peu plus tard, on rejoint le Warorot market. Contrairement au night market très touristique, ici la majeure partie des clients sont des thaïs qui viennent acheter nourriture et vêtements.

Enfin, on revient vers la ville, en remontant Ratchadamnoen road. Il est presque 17h, le night market commence à se mettre en place. C’est assez agréable, il y a peu de monde pour l’instant et beaucoup de stands sont déjà visibles. Plusieurs artistes vendent des souvenirs fait main. Emilie voudrait tout acheter, mais elle est bien obligée d’être raisonnable… comment faire rentrer cette jolie lampe en bois dans notre sac à dos ?

Au bout de la rue s’élève le Wat Phra Singh, qui d’après le guide du Routard est un des seuls temples de Chiang Mai méritant la visite. On s’y arrête donc. Mais, honnêtement, on serait incapable de le différencier de la plupart des autres temples vus aujourd’hui !

Épuisés par toute cette marche, et cette chaleur, on rentre se poser un moment dans notre hôtel situé non loin de là ! On récupère nos vêtements propres à la réception, puis on se repose une heure avant de ressortir manger au Mae Pa Sri où nous étions déjà hier soir. On ne rentre pas tard. Une douche, et au lit, demain une grosse journée nous attend !

Jour 7

Elephant Nature Park

Here we go ! On se réveille tout excités… aujourd’hui, on a rendez-vous avec les éléphants !

On engloutit notre petit déjeuner puis on s’installe devant notre hôtel en attendant le véhicule qui doit venir nous récupérer.

Quand on a acheté nos billets pour la Thaïlande, on s’est vite dit : “cool, on va pouvoir se balader à dos d’éléphants”. Alors on s’est renseigné un peu, et on a découvert l’envers du décor, et comment ces animaux sauvages sont torturés, attachés, affamés, battus afin de les “briser” pour qu’ils se soumettent aux volontés de l’homme. On a aussi découvert l’existence de plusieurs centres travaillant à récupérer, soigner et réhabiliter ces éléphants. Il est possible d’y passer la journée, en compagnie des éléphants. Pas de balade sur leur dos, mais il est possible de marcher avec eux, se baigner avec eux et les nourrir.

L’Elephant Nature Park où nous nous rendons a été le premier sanctuaire pour éléphants en Thaïlande. Il existe depuis 1984. Ils ont commencé avec 7 éléphants sauvés, tous très vieux ou très abîmés. Aujourd’hui, ils ont plus de 70 éléphants, dont certains nés sur place.

Les touristes étant de plus en plus informés des conditions de vie des éléphants boudent les activités de riding. Si bien que de plus en plus de parcs se convertissent en centre de soin.

Nous avons choisi de passer par la Save Elephant Fondation car chez eux le sauvetage n’est pas une reconversion mais une vocation. D’ailleurs dans la journée, nous avons croisé un autre groupe se baignant avec 4 éléphants. Les guides remplissent les trompes d’eau pour asperger les visiteurs, puis les gens se font porter par l’éléphant sur sa trompe, telle une balançoire, pendant qu’un photographe immortalise la scène. Pas de fouet ni de pique, mais ce show nous dérange et cela conforte notre choix. L’Elephant Nature Park traite l’animal avec respect. Bien sûr, dans la journée, on s’interroge sur cette fausse liberté, les éléphants n’ont pas choisi d’être là à se promener et se baigner avec nous, leur place serait à l’état sauvage. Mais il faut bien rentabiliser le projet. Il faut savoir que les éléphants sauvés doivent être rachetés, plusieurs dizaines de milliers d’euros, puis que chaque bête mange 200kg de fruits par jour. Certains sont traumatisés, d’autres gravement blessés... Les soins et le personnel coûtent de l’argent, et ce même s’ils sont aidés par les touristes “bénévoles” qui payent pour travailler ici à la semaine.

Le ticket basique coûte 65 euros et permet l’accès au parc principal. Outre l’observation des éléphants, il offre quelques interactions telles que nourrir les éléphants (derrière une barrière) ainsi qu’un rapide bain. Mais les avis que nous avons lus ne nous ont pas convaincus. Les groupes s’enchaînent et il y aurait pas mal d’attente entre chaque activité. Nous avons donc choisi la formule Care for Elephant qui pour 160€ (une petite fortune en Thaïlande) permet une vraie journée avec les éléphants.

Un peu après 8h, le mini van est là. On est les premiers à bord. On récupère 5 autres personnes à leur hôtel. La circulation est compliquée ce matin à Chiang Mai car la princesse visite l’université, on se retrouve coincés dans les bouchons. Une fois sortis de la ville, on nous passe un film expliquant les actions et la philosophie du parc, mais nous connaissions déjà presque tout et on se serait passé des images des séances de torture. On apprend cependant qu’en plus des éléphants, le parc accueille plusieurs centaines de chiens et chats. Ils ont été sauvés de la noyade lors de grosses inondations il y a plusieurs années et personne n’a voulu les récupérer.

Un peu avant d’atteindre le parc, on récupère 3 autres personnes, nous voici au complet. Notre groupe nous surprend un peu. Jusque là nous n’avions croisé que des backpackers trentenaires européens logeant dans des guesthouse bon marché. Nous sommes ici avec des américains (Canada, USA, Argentine) ayant 15 à 25 ans de plus et logeant dans des complexes très luxueux. Il n’y aura que très peu d’interactions au cours de la journée, chacun préférant rester dans son coin.

Mint, notre guide, nous présente les 4 éléphants avec qui nous allons passer la journée. Deux adultes, un mâle et une femelle de 45 et 56 ans, ainsi que 2 éléphanteaux. Les éléphants vivent en troupeau et sont très protecteurs les uns envers les autres, en particulier envers les plus jeunes. Mint nous demande de rester sur nos gardes, un des petits est un peu fou-fou, et même s’il a perdu sa mère, cette famille recomposée a tissé des liens très forts, il ne faut donc pas trop coller les petits.

On commence par nourrir les éléphants, encore dans leur enclos. Ce premier contact est très impressionnant malgré la barrière. Ils attrapent avec leur trompe les fruits qu’on leur tend, puis les avalent. Leur agilité, leur précision et leur force sont surprenantes.

Après cela, on se met en route pour un mini trek dans la jungle. On récupère chacun une bouteille d’eau et un sac de fruits, puis on suit un sentier le long de la rivière.

Chaque éléphant a un mahout pour l’accompagner. La relation entre l’homme et l’animal est forte. Les éléphants obéissent à certains ordres, comme quoi, en remplaçant la violence et la douleur lors des échecs par de l’amour et des récompenses lors des succès, on peut avoir de très bons résultats !

Les éléphants connaissent le chemin par coeur. Le petit fou-fou caracole en tête, son maître a du mal à le suivre et le résonner. D’ailleurs, il a une cloche pour qu’on puisse le suivre et le retrouver au bruit. Les deux adultes suivent, et le second éléphanteau ferme la marche. Quant à nous, on passe d’un éléphant à un autre, ils ont bien compris que nous avons les sacs avec les fruits et nous considèrent un peu comme des distributeurs à manger. Dès que l’on arrive à leur hauteur, ils tendent la trompe. La femelle est très marrante, elle marche carrément la bouche ouverte en attendant de pouvoir y glisser une pastèque.

Après quelques mètres, le petit fou se jette dans les plantes en contrebas. On ne voit que les feuilles bouger et on entend sa sonnette. Son mahout lui court après. Des chiens qui nous ont suivis partent en courant après eux, et une bagarre éclate. D’un coup l’éléphant mâle fait une embardée vers le petit. Pas de mal, mais les quelques touristes qui étaient à côté de lui ont eu peur. Tout mouvement brusque d’un animal de plusieurs tonnes à de quoi effrayer !

On poursuit la balade, distribuant nos fruits, observant avec respect ces animaux majestueux. Devant nous les fesses fripées d’un éléphant qui gambade. Derrière, cette longue trompe qui essaye de se servir dans nos sacs. Dire que jusqu’il y a peu ils n’avaient connu des hommes que la souffrance…

Un peu plus loin le chemin se resserre. Les éléphants attendent là tandis que l’on rejoint une petite cabane où le repas nous attend. Il s’agit d’un buffet végétarien composé d’une dizaine de plats. Du riz, différentes sortes de pâtes, plein de légumes et même des frites. On attrape une assiette dans laquelle on verse une cuillère de chaque plat. Tout est délicieux !

Une fois rassasiés, on se met en maillot de bain, il est l’heure de faire trempette avec les éléphants. On rejoint la petite famille où on l’avait laissée. Ils sont déjà dans l’eau. Le petit fou-fou se frotte les fesses sur les pierres situées sur l’autre rive.

On descend dans l’eau avec un seau, puis on “joue” à les arroser. Tandis que tout le monde s’occupe des deux grands, Emilie et moi avons le petit calme pour nous tout seul. Emilie rate l’éléphant qui a bougé et c’est son mahout qui se prend toute l’eau dans la tête. Un peu plus loin, le mâle aspire plein d’eau avec sa trompe et m’envoie une bonne rasade dans le dos.

Les mahouts font se rallonger les éléphants dans l’eau lorsqu’ils font mine de partir. Il faut bien que le touriste en ait pour son argent… Mais cela ne dure pas longtemps, ils en ont marre et reviennent sur la rive. On leur donne leur récompense : plein de courgettes.

Nous attrapons de grandes bouées et retournons à la cabane en se laissant porter par le courant. On enfile des vêtements secs puis on reprend en sens inverse le chemin de ce matin.

Les éléphants ont un peu d’avance sur nous, ils sont partis pendant que l’on se changeait. On est un peu déçu mais c’est aussi l’occasion d’admirer la superbe jungle qui nous entoure.

Lorsqu’on rejoint les éléphants, on nous redonne des sacs remplis de fruits, et la distribution des bananes et citrouilles recommence.

La balade passe trop vite. Nous sommes déjà de retour au point de départ, il est l’heure de dire au revoir à ces 4 éléphants.

En voiture, on rejoint le camp principal situé à côté. Biscuits, thé et… passage à la boutique cadeau pour payer la journée.

Pour finir, on nous emmène voir les tout jeunes éléphanteaux. Impossible de s’approcher, la maman veille. Et elle n’est pas la seule. Dès qu’on arrive, toute la tribu se resserre, les petits au centre. Un guide fait rouler un ballon vers eux. Le petit veut jouer avec, il commence à grimper dessus mais très rapidement les parents renvoient la balle et récupèrent le bébé.

Il est presque 16h, on reprend la route vers Chiang Mai. Encore et toujours des bouchons, le trajet de 90 minutes en prend 150. Malgré le fort trafic et les voitures qui s’engouffrent n’importe comment, les thaïs restent calmes. Pas un cri, pas un klaxon. On nous dépose à l’hôtel à plus de 18h. Nous sommes vidés, et déjà on se repasse les nombreuses photos de cette belle journée.

Jour 8

Doi Inthanon

Pas le temps de prendre le petit déjeuner à l’hôtel aujourd’hui, nous partons en excursion dès 7h du matin. Nous allons visiter le parc national de Doi Inthanon, cette montagne surnommée « le toit des siams » est le plus haut sommet de la Thaïlande. Le parc étant plutôt vaste, il n’y a pas beaucoup d’options pour le découvrir. 1/ louer une voiture (mais vu leur façon de conduire, on ne le sent pas) 2/ privatiser un taxi (cher et on ne serait pas très à l’aise) 3/ passer par une agence de voyage. Cette dernière option n’est pas notre tasse de thé, on apprécie de faire les choses à notre rythme, mais dans le cas présent elle est la moins pire.

À 7h tapante nous sommes donc devant notre hôtel à attendre. La valse des mini vans a déjà commencé, partout dans la ville ces véhicules récupèrent les touristes. À peine quelques minutes plus tard, le nôtre est là. On récupère encore quelques personnes. Notre groupe se compose ainsi de 2 thaïs, 2 israéliens, 2 chinois, 2 anglais, 1 allemande et 1 américaine. Il y a 1h30 de route ce matin, un des anglais est très bavard et pose 1000 questions à l’allemande. Tous les autres somnolent pour finir leur nuit.

Premier arrêt : les deux pagodes construites pour le roi et la reine. Les temples sont dans un style très moderne, cela change de tout ce qu’on a vu avant. Ils sont entourés de deux jardins particulièrement jolis, qui donnent accès à une vue sublime sur la vallée en contrebas. Malheureusement, visite organisée oblige, on ne nous laisse que 40 minutes pour faire le tour du site. C’est très dommage, on y aurait aisément passé le double !

Ensuite, on nous emmène jusqu’au sommet de la montagne. Un panneau marque le point le plus haut de la Thaïlande et les gens défilent pour se faire prendre en photo dessous. Étant venus jusque là en voiture, nous n’avons aucun mérite et ne ferons donc pas cette photo. Il y a ici un mémorial en la mémoire du dernier roi de la province de Chiang Mai. La montagne porte d’ailleurs son nom : Inthanon. Avant sa mort, elle s’appelait : Doi Angka.

Vient après le Kew Mae Pan Trail. Le guide nous confie à un “guide local” pour la balade. Ce sentier de 3km nous emmène dans la forêt. La végétation est dense, mais le chemin est très bien aménagé ! On y croise une petite cascade, la Wachirathan Waterfall. Puis on débouche sur un magnifique point de vue. “La vue” est très relative car nous sommes au dessus des nuages, nous ne voyons donc rien à ce qui se trouve en dessous, mais c’est quand même spectaculaire !

Nous n’avons fait qu’un km quand notre guide nous fait faire demi tour. Les gens ne sont pas contents, on a payé pour la balade complète, mais impossible de le faire changer d’avis, il a des consignes de l’autre guide et doit s’y tenir. Le retour se fait rapidement, aucun arrêt. Si bien qu’après 1h15 de marche, nous sommes de retour au point de départ. Ceux qui parlent le mieux anglais demandent des explications car nous avons tous payé un supplément pour ce trek de 2h (l’option moins chère de base était la visite d’un village d’une des tribus de la montagne, mais doutant de l’authenticité de la chose et ayant envie de voir la nature, on a pris le trek). Au bout d’un moment, le guide propose que nous refassions la balade au complet, il refuse de nous laisser faire seulement la fin. Malin, il est 12h30, on a faim, on sait que la première partie grimpe beaucoup… donc on finit par se taire et retourner dans le mini van.

Le prochain arrêt est le marché de Hmong Hill. On y trouve majoritairement des fruits, ce qui n’intéresse personne, mais on y passe quand même 20 minutes.

Vers 13h, nous arrivons au point de ravitaillement, sorte de cantine couverte en plein air. Des tas de minivans sont garés là et plein de touristes sont à table. On nous trouve deux tables sur lesquelles les serveurs déposent plusieurs plats. Nos assiettes sont en plastique, on redoute le pire, mais en fait la nourriture est plutôt bonne. Cette pause est l’occasion de discuter avec tous les membres de notre groupe. Certains ont vraiment beaucoup voyagé et nous donnent envie de suivre leur exemple.

Après le repas, nous ferons un dernier arrêt : la Sirithan Waterfall. Pour se faire pardonner la moitié du trek, le guide nous fait découvrir plusieurs points de vue sur la cascade, l’accès à l’un d’eux est clairement peu fréquenté, la végétation envahit le petit sentier. Cette cascade est vraiment belle. On y reste 20 bonnes minutes, puis on reprend la route vers Chiang Mai.

Le trajet est assez désagréable. Notre chauffeur conduit n’importe comment. Il accélère très fortement et freine tout aussi fortement. On roule très vite, doublant les autres véhicules de tous les côtés. On se fait d’ailleurs quelques frayeurs car il double dans les virages sans aucune visibilité. Sur l’un deux, un véhicule arrivait en face… À 16h15 on nous dépose à l’hôtel, soit une heure avant l’heure prévue.

Nous ne regrettons pas du tout cette visite, c’était pour nous la seule façon de voir le parc national de Doi Inthanon. On a fait de belles découvertes, et on a passé une très bonne journée. On s’attendait un peu au pire en faisant une excursion organisée, donc on n’est pas déçu, c’était même mieux que ce qu’on imaginait, mais cela conforte quand même nos à priori sur ce genre de service et de vacances !

En fin d’après-midi, on prend un petit gouter au Coffee Lovers puis on retourne se balader dans Chiang Mai. On fait quelques boutiques souvenirs et enfin on s’arrête manger deux bonnes soupes Kao Soi au Mamory Delicious. Demain, nous prendrons l’avion vers le sud (et la pluie) !

Jour 9

Du Nord au Sud

Dernier réveil dans le nord de la Thaïlande. Dans quelques heures nous nous envolerons pour les plages du sud.

Après le petit déjeuner, on sort retirer des sous, notre cagnotte est presque vide. On a un peu de temps devant nous, donc on s’installe en terrasse du Coffee Lovers et on commande deux green thai tea. Un délice.

L’hôtel nous a appelé un taxi. L’aéroport n’est qu’à 15 minutes de route. Il y a une grande queue devant le terminal car il y a des fouilles pour y entrer. Mais tout est automatisé, ça avance vite. On se fait aider pour faire le check-in air asia, puis on dépose nos bagages. Notre porte d’embarquement n’est pas encore annoncée, et le Mc Do nous fait presque envie après une semaine de repas thaï. Ce midi, ce sera cheeseburger et filet-o-fish ! La porte est enfin annoncée, il faut maintenant passer la seconde sécurité, il y a vraiment beaucoup de monde et notre vol part dans 30 minutes ! Petit coup de stress mais à nouveau ça avance bien. On aura pile le temps de passer aux toilettes avant de monter dans l’avion. Le vol est censé durer 2h mais on arrive avec 15 minutes d’avance. Depuis le hublot on observe la verdure en dessous, on ne s’attendait pas à autant de jungle au bord de la mer !

Le ciel est bien couvert ici, mais il ne pleut pas pour l’instant. De toute façon on ne va pas se plaindre. À Koh Samui, sur l’autre côte, les orages font rage et les intempéries ont déjà fait 80 morts !

On récupère nos sacs et on se met à la recherche d’un taxi. Il y a des minivans qui tentent péniblement de rassembler des groupes… Un chauffeur de taxi nous accoste, 500 bahts pour un taxi privé qui nous laissera direct à l’hôtel. On y monte !

On nous accueille au Vipa Tropical Resort Hôtel avec 2 cocktails de bienvenue. Sympa mais un peu encombrant au milieu de nos sacs et des papiers à signer ! Le cadre a beaucoup de charme. Très sauvage, la montagne en fond, et tous les petits chalets avec leur terrasse donnent envie. Il y a même une piscine !

Notre cottage est situé tout au bout de l’hôtel. Il s’agit d’un petit chalet en bois qui pourrait être juste trop mignon s’il ne donnait pas l’impression de n’être qu’un amas de bricolage vite fait mal fait. Le ménage laisse un peu à désirer également, les murs et les interrupteurs auraient besoin d’un bon coup d’éponge. Nos draps et serviettes sont d’un autre âge, plein de trous. Mais ce qui me dérange le plus est cette odeur d’humidité / moisi. On retourne donc à l’accueil demander à changer mais bien sûr, tout est complet. Il fallait essayer, mais on ne va pas se pourrir les vacances pour ça, une fois la clim en marche, l’odeur disparaît presque.

Nous sommes à 1 ou 2 km de la plage, et l’hôtel propose une navette toutes les heures. La prochaine est dans 15 minutes, vite on se prépare ! On y retrouve un couple de français avec qui on papote sur la route, puis on les laisse pour foncer sur le sable. Le temps est couvert c’est dommage, la plage est bordée de grandes falaises, avec une meilleure lumière cela doit être fabuleux.

Malgré cela le temps est très lourd. Ni une ni deux, on se jette à l’eau. Elle est si chaude que ce n’est presque pas rafraichissant !

Après quoi, on va marcher sur le front de mer. L’ambiance rappelle la côte d’azur en pleine saison touristique. Des boutiques souvenirs, des restaurants qui racolent et des agences de voyage par dizaine. On pose des questions dans quelques unes, mais les réponses ne sont pas claires et les tarifs ont l’air d’être à la tête du client. Ajouté à cela le bruit incessant des voitures et des long tail boat, le lieu qui pourrait être paradisiaque perd de son cachet. On doit avouer qu’on est un peu déçus, en particulier Emilie qui regrette déjà d’avoir quitté le nord. Assis sur la plage, on regarde le soleil se coucher.

Pour le repas, la recherche d’un restaurant s’annonce compliquée. Des spaghettis bolognaise, des steaks frites, des spécialités indiennes mais pas de pad thaï en vue. Et les tarifs sont plus de 4 fois supérieurs à ceux pratiqués dans le nord dy pays. On finit par s’installer dans un restaurant qui a un logo Trip Advisor car rien ne nous donne envie. C’est pas mauvais, mais c’est de loin notre moins bon repas.

Après mangé, on remonte la plage dans le noir. Sur le sable, on voit (et entend) de tout petits crabes qui s’enfouissent dans le sol. À l’autre extrémité de la plage, on trouve une nouvelle succession de restaurants / bars, mais ici, la rue est piétonne ! On y reviendra manger demain.

Un peu partout, on trouve des panneaux signalant la route à emprunter pour évacuer en cas de tsunami. Impossible de ne pas penser aux gens qui devaient se balader ici quelques années plus tôt quand la vague est arrivée.

De retour à l’hôtel, on réserve une excursion pour le lendemain puis on va se coucher. On se croirait en pleine nature, on entend les cri des oiseaux et animaux tout proche. Sur notre toit, certains s’amusent !

Jour 10

4 Islands

Muesli à la banane pour moi, toasts et fruits frais pour Emilie, à 8h la voiture vient nous chercher pour une excursion en bateau dans la baie de Ao Nang.

Un autre couple de l’hôtel nous accompagne, puis nous passons dans un autre hôtel mais les gens n’ont pas l’air prêts et on part sans eux. On nous dépose sur la plage de Ao Nang, une femme vérifie notre réservation et nous colle sur la poitrine deux étiquettes vertes et roses. “Attendez sur le côté”. Des tas de véhicules de différentes tailles s’arrêtent devant le stand et déversent un flot de touristes. Une chose est sûre, on sera loin d’être seuls aujourd’hui. Les speed boats seront les premiers à partir vers 9h. Puis suivra notre long tail boat.

Le ciel est dégagé ce matin. Quelques nuages mais le bleu domine. Il est tôt mais le soleil tape déjà fort. On craignait de ne pas le voir durant notre séjour dans le sud, nous voilà rassurés.

Le bateau longe la baie de Railay. De grandes falaises rocheuses, et plein de végétation au sommet. Notre premier arrêt se fait à la Phra Nang Cave. Une belle plage de sable blanc qui s’achève dans une cave. D’énormes stalactites plongent vers nous. Quand nous arrivons, la plage est encore praticable, mais les bateaux s’y garent / accostent les uns après les autres et la marée humaine se densifie. On n’a que 45 minutes ici mais on prend quand même le temps de piquer une tête.

On hésite ensuite. Remonter la plage vers l’autre extrémité ou traverser pour voir l’autre côté de la cave ? On décide de fuir le monde et passer par le petit sentier qui longe la falaise. Il pourrait être joli mais il est bordé de palissades qui délimitent l’hôtel de l’autre côté. On débouche sur un petit lagon très mignon et presque désert, mais ici le ciel est sombre, c’est tout triste. Demi tour, on a juste le temps de revenir au bateau !

Deuxième arrêt, Chicken Island. Son nom vient d’un massif rocailleux qui ressemble à une tête de poulet. Le bateau s’arrête non loin de l’île, on nous distribue masque et tuba, puis on se jette à la mer. Appâtés par la nourriture que jette notre guide, on découvre sous l’eau tout un tas de poissons colorés et rayés. C’est notre première expérience de snorkeling et on a adoré se laisser porter et observer la vie en dessous. Et faire ça en Thaïlande nous a permis de voir différents poissons que l’on ne croise d’habitude que dans les aquariums ! En voulant s’approcher de l’île, mon pied tape sur un rocher très saillant. Rien de grave mais une entaille sur toute la longueur.

De retour sur le bateau, on se dirige vers notre 3ème arrêt : Tup Island. Cette île est minuscule. Son seul intérêt est qu’elle est liée à une île voisine par un petit banc de sable. On fait l’aller retour, mais il y a un monde de dingue et très peu de place… Quelques gouttes se mettent à tomber, puis le soleil revient, avant qu’une grosse averse s’abatte sur nous. On rejoint le bateau en courant et arrivons bien trempés !

Quelques minutes plus tard, la pluie a stoppé, et il fait à nouveau très beau. Dernier arrêt ; Poda Island, pour 2h. On nous donne des plateaux repas. Emilie est contente, les deux plats contiennent du poulet. Je lui échange mes légumes contre sa viande. Cette île est beaucoup plus grande, donc on marche pour s’éloigner des bateaux. On débouche de l’autre côté de l’île, d’où on peut voir Chicken Island. La vue est sublime, on s’installe pour manger. On voit un gros nuage très sombre arriver depuis Koh Phi Phi. Va-t-il venir sur nous ou passera t-il à côté ? On traîne à prendre une décision et quand on commence à partir, la pluie nous tombe dessus. L’averse est loin d’être petite, on court mais il est sûr que l’on sera détrempé avant d’atteindre le bateau. Plan B : on se réfugie dans les WC avec un tas d’autres gens. L’odeur n’est pas terrible, mais on a nos papiers et nos appareils photos sur nous, on doit les garder au sec !

Un quart d’heure plus tard, ce gros nuage n’est qu’un mauvais souvenir, le soleil domine. Cette fois, on ne prend pas de risque et on s’installe à une distance correcte du bateau. Bain de soleil, baignade, somnolage, le tout dans un cadre paradisiaque (si l’on fait abstraction des touristes). En face de nous, un immense rocher semble avoir poussé comme par magie au milieu de la mer.

Vers 15h30, le bateau reprend la route vers le continent. Le ciel est très encombré, on a du mal à croire que la météo ait pu changer aussi vite. La pluie nous rattrape, encore et toujours. On nous dépose au port de Ao Nang, et de là des voitures nous raccompagnent à nos hôtels. À peine a-t-on fermé la porte de la chambre qu’un gros orage éclate.

On reste enfermé, au sec jusqu’à 18h environ, puis on décide de faire un tour en ville. Avant de monter dans la navette, on réserve une excursion pour le lendemain. La réceptionniste nous conseille d’en prendre une sur la matinée uniquement car la météo devrait être comme celle d’aujourd’hui.

Puis, on fait quelques achats, désinfectant et pansement pour mon pied, et de quoi se faire un apéro sur notre terrasse, puis on attend la navette du retour en regardant le soleil se coucher. 30 minutes plus tard, on en arrive à la conclusion qu’on a oublié de venir nous chercher, dommage pour notre apéro-terrasse. On commande deux pad thaï dans un snack non loin de la mer. Mais quand ça ne veut pas… ça ne veut vraiment pas ! On termine le repas en vitesse car la pluie reprend et que nous sommes dehors. Et puis on retourne attendre la navette en espérant que cette fois elle vienne ! Bingo, la voilà qui s’excuse car son collègue a oublié de lui transmettre notre demande. Pas grave, l’important est d’enfin pouvoir rentrer car la pluie ne semble pas vouloir se calmer ! Autour de nous, les grenouilles semblent comblées et nous improvisent un petit concert pour accompagner notre fin de soirée !

Jour 11

Emerald Pool

On prépare notre sac pour la journée. Tongs et maillot de bain mais aussi imperméable… Puis nous allons déjeuner et attendre le minibus qui va nous emmener voir la Hot Waterfall et l’Emerald Pool.

Nous ne voulions pas faire uniquement de la plage et voir un peu la jungle. Plusieurs excursions s’offraient à nous mais 90% incluaient de la balade à dos d’éléphant ou du “show de bébé éléphant”. À Chiang Mai, nous avions été enchantés de voir que les touristes réclamaient des excursions de plus en plus responsables, mais le touriste des plages semble être resté un gros con.

Bref. Nous voilà donc en voiture, on récupère 11 autres personnes et 2 bébés, majoritairement des asiatiques (japonais, coréens et thais). Notre guide-chauffeur n’est que peu communiquant, mais après avoir essayé de lui parler, on comprend qu’il ne connaît que quelques mots d’anglais à peine.

Il roule nerveusement, doublant à droite, à gauche, au milieu, en klaxonnant pour prévenir.

À 10h, il nous laisse pour une heure à la Hot Waterfall. Il s’agit d’une source d’eau chaude qui se jette dans un canal en formant une cascade. C’est mignon mais sans plus. Et si on prend en compte la horde de touristes qui s’entasse dans l’eau sur les 3m² ouverts à la baignade, cela perd tout son charme.

On ne tente même pas de les rejoindre (un bain à 40°C quand il fait déjà 30°C dehors… bof !) et on s’éloigne à la recherche d’une balade. Un peu plus haut, on trouve un petit sentier appelé Nature Trail. On en fait l’aller/retour (un peu moins de 2km) rapidement. C’est sympa de se balader au milieu de la végétation, mais pas transcendant.

On est de retour au parking avec 15 minutes d’avance… On en profite donc pour commander un de ces délicieux thai green tea. Ils vont nous manquer lorsque l’on va devoir rentrer en France…

Ensuite on nous laisse pour 2h à l’entrée de l’Emerald Pool. Un sentier de 1,4km s’enfonce dans la jungle et permet de découvrir 3 piscines naturelles. La plus célèbre est celle d’émeuraude dans laquelle on peut se baigner. D’ailleurs tout le monde y fonce avec hâte. On prend notre temps et on commence par la Crystal Pool, joli bassin dont l’eau est transparente. Sur les abords du sentier, au milieu de la végétation, on croise une énorme araignée dont le diamètre doit au moins faire 15 ou 20 cm !!

On rejoint ensuite l’Emerald Pool et son eau… émeraude. Les gens s’y entassent, donc on passe vite notre chemin et on continue la balade. Plus haut, le sentier se rétrécit et devient boueux, l’avancée se fait lentement avec attention et équilibre.

On débouche enfin sur la magnifique Blue Pool. Son eau est d’un… bleu sublime. Il y a bien sûr pas mal de monde occupé à la prendre en photo sous différents angles. On aurait envie de s’y jeter, mais l’eau y est à plus de 50°C !

On revient ensuite tranquillement vers notre point de départ. Pas le temps de faire une pause pour se baigner, pourtant cela ferait du bien. Dans cette jungle la chaleur est humide, c’est très inconfortable.

Sur le parking, on a tout juste le temps d’acheter un paquet de chips et une boisson pour se rafraîchir, puis on rentre vers Ao Nang. Sur la route, on s’accroche à nos sièges pour encaisser la conduite musclée du chauffeur fou, et on observe avec interrogation les forêts qui nous entourent et leurs arbres parfaitement alignés. Cette seconde partie de l’excursion était vraiment une jolie découverte, on ne regrette pas notre choix. En plus, la météo a été clémente aujourd’hui, les orages annoncés à partir de 10h n’ont toujours pas eu lieu.

Nous sommes de retour à l’hôtel vers 14h30. Heure idéale pour une petite sieste. Après quoi, on va goûter l’eau de la piscine !

On se prépare trop tard pour la navette de 18h, pas grave, bière et crackers = apéro en terrasse ! Peu avant 19h on réserve une excursion pour le lendemain puis on prend la navette pour la plage. C’est le nouvel an chinois aujourd’hui. Pour l’occasion les restaurants proposent des soirées sur le thème de la Chine, à base de buffet à 1000 bahts par tête, qu’on peut déguster en écoutant une thaï habillée en chinoise chanter de la pop américaine. Tandis qu’on se balade sur le front de mer, on nous propose des massages. 10 jours qu’on est là et on a toujours pas essayé, c’est l’occasion !

Je voulais tenter le massage thaï mais on me vend un peu de force un massage à l’aloe vera (qui coûte deux fois plus cher que celui que je voulais…), pas la motivation pour me battre, allons y ! En cours de route elle y ajoute même un soin des pieds (se moquant de moi en disant qu’elle a enlevé 1kg de corne). Mais au final, pendant plus d’une heure, on se fait donc malaxer de la tête aux pieds, en plein air bercés par le bruit des vagues. C’était sympa, on en refera peut-être un second avant de partir, et pourquoi pas dans un cadre plus cosy.

Nous n’avons plus le temps de nous poser pour manger maintenant. On commande donc deux pad thai à emporter, puis on prend la dernière navette et on finit la soirée sur la terrasse de notre cottage. Quand on se couche, on s’aperçoit qu’un lézard s’est incrusté dans notre chambre et se balade sur le mur au dessus du lit !

Jour 12

Hong Islands

Notre rituel du matin commence à être bien rodé. Sac à dos, petit déjeuner, minibus. On nous dépose aujourd’hui sur la plage de Nopparat Thara située au nord de celle d’Ao Nang. On attend que tous les membres de notre groupe soient déposés puis on embarque dans un long tail boat en direction d’Hong Island. Le trajet est environ 2 fois plus long que celui de l’avant veille mais la mer est calme donc la balade est agréable.

Vers 11h, on nous laisse sur la plage de Lading Island. L’île est magnifique. Très sauvage, très verte. La plage de sable blanc est bordée de falaises rocheuses. L’eau est d’un bleu limpide. On est séduit au premier coup d’oeil !

Nous avons jusqu’à midi pour faire du snorkeling. On a hâte mais on déchante vite. L’eau est trouble et il n’y a que très peu de poissons... mais un nombre fou de touristes au m² ! On abandonne vite nos masques et tuba, se contentant de faire trempette ; puis on se balade sur un petit sentier donnant sur une crique encore plus petite.

Ce midi, c’est barbecue ! Notre guide se reconvertit en cuisinier pour nous faire cuire des brochettes de poulet et des poissons, que l’on mangera avec du riz, une sorte de salade chaude et des moules.

Sur cette petite île vit toute une bande de chats qui s’incruste à l’heure du repas. Ils ne tardent pas à flairer le bon coup en venant traîner à côté de nous. On se demande comment ils sont arrivés là… il y a même une maman chatte avec ses petits chatons. Les guides leur donnent les restes du repas et de l’eau.

Après le repas, on embarque à nouveau pour rejoindre Hong Island. C’est dommage, tous les bateaux arrivent et partent en même temps, du coup les îles sont surchargées deux heures puis désertent le reste du temps.

Sur Hong Island, on nous confie un canoé car nous avons pris l’option kayaking ! On longe la rive jusqu’à un très joli lagon. On n’a pas osé embarquer l’appareil photo avec nous, donc nous n’emporterons que nos souvenirs avec nous. C’est un peu dommage car tout ce que l’on a vu était vraiment superbe. On a adoré cette balade et on s’en rappellera longtemps.

Quand on revient sur la plage à la recherche de notre sac, on trouve le banc où on l’avait laissé vide avec à côté un énorme varan ! Tout le monde vient faire des photos de lui ! (On retrouvera nos affaires un peu plus loin, ce sont les guides qui les ont déplacées !)

Après quoi, on nous laisse 1h30 pour de la baignade et du snorkeling. On ne retentera pas le second, on alterne balade sur la plage, baignade et boisson pour se rafraîchir. La plage de Hong Island est un magnifique endroit. Très étendue, du sable blanc, une belle eau bleue, et à nouveau beaucoup de végétation et ces falaises.

À 15h il est temps de revenir au port de Ao Nang, puis à notre hôtel. Sur le bateau, une grosse araignée tombe sur la lunette de la fille en face de nous. Elle est à moitié amusée/effrayée. Son père rigole et fait mine de l’envoyer vers nous, alors que nous sommes juste paniqués. Nous sommes vraiment conquis par cette excursion et les découvertes qu’elle nous a apporté. Ça y est, on se laisse amadouer par les plages du sud de la Thaïlande !

Le soir, épuisés, on mange au restaurant de l’hôtel. Emilie commande un curry aux crevettes et déclare le décès de sa langue dès la première cuillère.

Jour 13

Tonsai Beach

Pas d’excursion pour notre dernier jour dans le sud. Et c’est tant mieux. Notre clim’ est devenue folle en fin de nuit. Clignotant, sonnant et souffrant à fond, s’arrêtant d’un coup, etc. Et impossible de l’arrêter totalement, elle se remettait en route sans qu’on ait rien demandé pour reprendre son show.

Après le petit déjeuner, on prend la navette en direction de la plage, où on achète deux tickets pour rejoindre Tonsai Beach en long tail boat. On nous prend nos tickets, puis on nous fait attendre le bateau avec d’autres passagers. On se dit qu’ils doivent avoir une sacrée mémoire pour n’oublier personne ! Quelques minutes plus tard, on embarque. Le bateau sur lequel on est refuse de démarrer. La batterie semble à plat. Un second bateau tente de l’aider à la recharger en vain. Finalement, un troisième bateau arrive et on nous demande de monter à bord. Le trajet dure une quinzaine de minutes. On est parti tôt en espérant profiter de la plage avant la foule et on est satisfait, pas grand monde sur le sable !

On se balade en remontant la plage, et on reconnaît la cave que nous avions visité le premier jour ! Le mec s’est planté et nous a déposé sur Phra Nang Beach ! On revient là où on nous a laissé et on tente d’expliquer ça à un des bateaux qui vient d’arriver. Mais il ne veut rien savoir et refuse de nous laisser monter à bord si on ne repaye pas le prix du voyage ! Comme on nous a pris nos billets sur la plage de départ, on n’a aucune preuve… on lui tend l’argent.

C’est donc un peu plus tard que prévu que l’on arrive à Tonsai, mais la plage est quasi déserte. Le lieu est vraiment sublime, on est enchanté. De grandes falaises sauvages, du sable blanc, une belle eau transparente (pas comme la soupe à Ao Nang) et en face, la vue sur les 4 îles visitées quelques jours plus tôt. On s’installe à l’ombre d’un arbre et on se jette à l’eau. Puis on se balade le long de la plage. Tout au sud, des gens escaladent les hautes falaises. On les observe tandis que d’autres grimpeurs font des étirements au sol.

Après avoir bien profité, on attend un bateau pour rentrer à Ao Nang. Ce matin on a pas voulu nous vendre les tickets retour. Tant pis pour eux, on rentre avec une autre compagnie.

À Ao Nang, on s’installe dans un snack pour manger. La nourriture est correcte et pas chère, ça change des autres restaurants du coin. Mais le service est vraiment désagréable, dire que jusque là les thaïs nous avaient épatés par leur sourire. Ensuite, on fait quelques achats souvenirs. On achète un t-shirt. Emilie veut des pantalons. Aucun prix n’est affiché, la vendeuse nous dit 250 bahts. Quand on repose l’article en lui disant en avoir acheté un similaire à 100 bahts, elle accepte de nous le faire à 150. On aurait dû négocier le t-shirt.

À 14h, on attend la navette pour rentrer à l’hôtel, mais elle ne vient pas… Il semble qu’on nous ait à nouveau oubliés… On commence par rentrer à pieds mais la route est longue et il fait très chaud. Un taxi s’arrête pour nous proposer de nous ramener, allons y ! Il ne sait pas où est notre hôtel et passe plusieurs appels, mais personne ne semble savoir le renseigner. Si bien qu’il dépasse notre rue sans y tourner. On tape à la vitre pour lui demander de s’arrêter, mais il refuse de s’engager dans notre rue, il dit ne pas en avoir le droit ! On doit donc finir à pieds… Heureusement il nous a déjà bien rapprochés et du coup ne nous a même pas fait payer.

Arrivés à l’hôtel, on nous explique que notre chambre est en travaux pour réparer la clim’. C’est bien mais là on aimerait surtout savoir pourquoi on est pas venu nous chercher. “Le chauffeur du matin a oublié de faire passer le message”. C’est bien, c’est juste la seconde fois en 4 jours… On est épuisés et on a bien chaud. Notre chambre n’est pas accessible, direction la piscine ! La baignade fraîche un bien fou ! On voudrait bien se reposer à l’ombre, mais tous les transat sont pris. Ou du moins tous sont réservés car la plupart sont vides mais les gens ont laissé leur serviette dessus. Tiens, je devrais faire ça demain matin, déposer ma serviette de bonne heure et bloquer un transat toute la journée. On se réfugie donc sur notre terrasse. L’attente pourrait être agréable mais… Comme on est le week-end le chantier juste à côté est actif. Dire qu’on y a vu personne de la semaine… Cette répartition du temps de travail nous laisse perplexe ! Vers 16h, notre chambre est enfin prête, la clim’ est réparée. Tant mieux, une bonne douche et une sieste nous ferons le plus grand bien ! Mais à peine commence t-on à s’assoupir que quelqu’un frappe à la porte. C’est un électricien qui vient pour la clim’…

On se lève et on attrape nos affaires pour retourner en ville. On comme par refaire quelques emplettes. Un souvenir nous plaît, on demande son prix, puis sans même avoir dit quoi que ce soit le vendeur nous tend une calculatrice pour que l’on propose notre prix… Emilie se prend au jeu et divise son offre par deux. Il dit non mais baisse son prix initial. Une fois, deux fois, trois fois… On fait mine de partir, pas pour lui forcer la main mais parce que je trouve cette façon d’acheter ridicule, du coup il baisse son prix pour arriver entre le nôtre et son offre initiale. On ne sait que faire… Ce n’est pas le prix qui nous bloque (même le prix du départ était acceptable) mais ce marchandage auquel nous ne sommes pas habitués. Du coup, il continue de baisser son offre, et on finit par l’accepter. Au final, on a une “réduction” d’environ 40%. Le vendeur rigole, Emilie aussi, moi à moitié. Tout cela se fait dans la bonne humeur, mais au final nous ne connaîtrons jamais le juste prix, et tout ce petit jeu a pour seul objectif de savoir à quel point on se fera avoir, sur une échelle d’un peu à très beaucoup !

Un peu plus tard, on se pose dans au Last Fisherman Bar, un café en bord de plage. On commande deux pina colada. Nos verres sont bien tristes, tout blanc, sans un fruit, bonbon ou paille colorée pour les égayer, mais ils sont costaux. Le barman a eu la main lourde sur le rhum ! On regarde le soleil se coucher une dernière fois et le ciel se parer d’une multitude de couleurs. Puis, on sort nos cartes postales afin de les remplir. Quand elles sont finies, commande à manger puis on se dirige vers le point de rendez-vous pour prendre la dernière navette. Avant de monter dedans, on dépose nos cartes postales dans une boîte aux lettres. On est fiers de nous, lors de nos deux précédents voyages, on est rentré avec les cartes dans nos valises !

De retour à l’hôtel, on nous annonce que la clim’ est réparée, mais de toute évidence ce n’est pas le cas, elle continue à n’en faire qu’à sa tête. Par chance, une famille chinoise a annulé à la dernière minute, on récupère donc leur chambre. Il s’agit d’un petit pavillon avec une chambre séparée. Ici, les murs sont propres, les draps ne sont pas troués, et il y a deux serviettes de toilettes par personne !

Jour 14

Retour à Bangkok

C’est notre dernier réveil dans le sud. On est pas vraiment triste de quitter Ao Nang. Si les plages et les îles sont superbes, on y tourne vite en rond, et on regrette presque de ne pas avoir passé un jour de plus à explorer la diversité et la richesse culturelle du nord, qui nous semblent tellement plus authentiques que cette station balnéaire occidentalisée par le tourisme de masse. Une chose est sûre, ce voyage aura un impact sur nos futurs voyages. On essayera bien plus de sortir des sentiers battus.

Pas de précipitation ce matin, notre taxi ne vient nous chercher qu’à midi. Et tant mieux car il y a une coupure de courant sur tout l’hôtel, donc plus d’eau chaude ! On pensait au début profiter de la piscine pour notre dernière matinée mais le ciel est couvert, cela ne donne pas envie. Et puis les travaux proches continuent en ce lundi matin bousculant le calme auquel nous sommes habitués. En plus de ça, avec le changement de chambre dans la précipitation hier soir, nos affaires sont en vrac, les valises vont prendre plus de temps à être bouclées.

Vers midi, le taxi partagé arrive. On est les deux derniers à y monter. Tant mieux, on en a marre de faire la tournée des hôtels pour attendre les gens. L’aéroport de Krabi est très rustique. Pas de tapis roulant pour les bagages. On les dépose sur de grosses balances et des gens viennent les chercher. Même ambiance dans le hall d’embarquement. Pas de climatisation mais des ventilateurs aux 4 coins de la salle. Il n’y a pas non plus de panneaux d’affichage, mais des hôtesses qui font le tour en montrant un papier sur lequel est imprimé le numéro du vol qui va embarquer.

Nous voyageons avec Smile Thai (et non Air Asia comme le vol précédent). Leur cabine est plus spacieuse. J’avais oublié avoir pris un pack avec bagage en soute et repas… On a déjà mangé en attendant le vol alors qu’on nous sert un sandwich… Il est à base de poisson froid dans une sauce. Pas fameux.

Un peu plus d’une heure plus tard, on arrive à Bangkok. Le premier truc qui nous choque est la pollution. Plus l’avion se rapproche du sol plus l’horizon semble se flouter dans un brouillard gris. On éprouve quand même une pointe de nostalgie. Voici la toute dernière étape de notre voyage. On retrouve ainsi l’aéroport où tout a commencé. On récupère les sacs à dos puis on prend l’Air Link pour rejoindre la ville. On achète nos tickets et on a la surprise de voir qu’au lieu d’un billet au format carte, le distributeur nous donne un jeton. Il est magnétique et il faut le passer devant la borne pour l’ouvrir. Les thais sont bien disciplinés, attendant dans les zones marquées au sol, laissant ainsi la voie libre pour ceux qui descendront. Ça nous change de Paris ! Quand le métro arrive, tout le monde descend (on est au terminus), puis les portes se ferment sans que personne n’ait essayé de monter. Des agents de sécurité parcourent les rames pour les vérifier et quand il sont sûrs que tout est safe, les portes se réouvrent et on peut entrer.

C’est un métro aérien, ce qui est bien plus agréable qu’être dans le noir sous terre et nous permet de voir un peu la ville. Les autoroutes (aériennes elles aussi) sont très encombrées. Elles se croisent sur plusieurs niveaux, se rejoignent par endroit, dessinant des formes assez surprenantes. Plus on se rapproche du centre ville et plus le contraste est marquant entre les grandes tours de verre et d’acier modernes et les petites constructions en tôle aux allures de bidonville. À chaque station, un agent (du métro ?) s’assure que tout se passe bien. Quand le train démarre, il lui fait un salut militaire. Étrange. Cinq stations plus loin, on arrive à proximité de notre hôtel. Il n’y a que 10 minutes de marche, mais la chaleur, la circulation et le poids de nos sacs (qui ont bien grossi depuis notre arrivée) les rend difficile.

Dès que l’on arrive au Royal View Resort Rangnam Hôtel, on nous prend nos sacs, on nous sert un petit encas (riz coco) et un rafraîchissement (agrumes et gingembre). On nous installe sur des canapés et la réceptionniste quitte son comptoir et vient nous rejoindre pour signer les papiers et payer la chambre. Elle nous accompagne jusqu’à la chambre et ne nous laisse pas prendre nos sacs, le service d’étage nous les déposera plus tard. On est pas habitué à un tel accueil !

Notre chambre est au 7ème étage, elle a un petit balcon qui donne sur la ville et en particulier sur la Baiyoke Tower (la tour la plus haute de Bangkok). À 18h, une musique retentit (dans toute la ville ?). Les piétons et les coureurs s’arrêtent net dans la rue. Pendant quelques secondes la ville est comme paralysée. Puis la musique s’arrête et la vie reprend. Dans la chambre, un petit papier intitulé “souvenirs” liste le prix de chacun des objets de la chambre. On peut tout emporter, mais… il faudra payer ! Il y a dû y avoir un paquet de vols pour en arriver là.

On redescend ensuite pour déposer notre linge à laver. Dans tous les précédents hôtels, la lessive se paye 50 bahts le kilo. Ça nous a permis de faire une lessive tous les 4 jours pour presque rien. Ici c’est un système de pressing comme chez nous, où chaque article se paye à l'unité. Non merci. On achète un petit sachet de lessive à 5 bahts dans le 7eleven d’à côté et on lave les quelques vêtements dont nous aurons besoin pour finir le séjour à la main !

On voulait monter sur la Baiyoke Tower mais nous sommes arrivés en ville lorsque le soleil se couchait… Ce serait dommage de ne profiter de la vue que de nuit. On ira donc un autre jour, et on se contente de se balader dans notre quartier.

Rapidement on croise un petit marché. Il y a essentiellement des vêtements, et la clientèle est composée exclusivement de jeunes thaïs. Après 5 jours à côtoyer uniquement des européens et américains à Ao Nang, ça fait un bien fou de revoir des gens d'ici ! On remonte le marché jusqu’à un centre commercial. On hésite mais on se dit que ça fait aussi partie du voyage que de découvrir le quotidien actuel de la Thaïlande. À l’intérieur il y a de nombreux fast food. Devant certains, des thaïs font déjà la queue en attendant qu’une table se libère. On ne croise que très peu d’enseignes connues chez nous. Ce qui nous étonne le plus ce sont les petits stands qui sont installés dans les allées devant les magasins. De la manucure au vendeur de dvd en passant par les vêtements, il y a de tout !

Rapidement, les odeurs de nourriture m’écoeurent. Pour la première fois depuis le début du séjour je suis barbouillé et l’idée de manger un plat thaï épicé et plein de saveurs me donne la nausée. On sort de là et on s’installe dans une sorte de coffee shop, le Mobile Steak and Coffee. Je commande des spaghettis (on est loin de la bolognaise, c’est une sorte de sauce barbecue avec du poulet et du maïs, ça ira très bien pour ce soir). Emilie prend un suki aux crevettes.

Les serveuses sont clairement plus intéressées par la télé que par les clients. On a du mal à avoir un sourire. Entre deux commandes, elles s’installent sur les chaises et regardent une sitcom digne des productions AB. Quand elle est finie, elles zappent vers une sorte de The Voice, puis une nouvelle sitcom aussi mal jouée que réalisée commence. On aimerait bien comprendre ce qu’il se dit !

Après le repas, on se balade encore un peu. On arrive vers un magasin qui ressemble aux Galeries Lafayette de chez nous. De ce qu’on comprend tout est détaxé. On devra s’y reprendre à deux fois avant de trouver l’entrée, et on refuse de nous laisser monter à l’étage… On finit la balade par un détour dans le petit parc devant notre hôtel. De nombreux coureurs font le tour de l’étang. lls ont bien du courage par cette chaleur ! Le parc est bien aménagé. Il y a même une zone avec des appareils de musculation en accès libre. Et un petit kiosque avec des livres accessibles gratuitement, il est juste demandé de les ramener après les avoir finis !

Assez bizarrement, on s’attendait à détester Bangkok, on en a encore rien vu mais on est déjà très contents d’y retrouver la Thaïlande.

Jour 15

Bangkok [1/2]

On débute la journée en découvrant le petit déjeuner de l’hôtel. Le buffet est très varié, du croissant à la soupe asiatique en passant par les oeufs brouillés, les macaronis à la tomate et la salade de crudités. On goûte à plein de choses, mais on est loin d’avoir fait le tour et on est bien calé !

Pour rejoindre la vieille ville, on prend le métro aérien. Les distributeurs de tickets ne prennent que des pièces. Le personnel au guichet ne sert qu’à faire de la monnaie. Ce pays ne cesse de nous étonner. De la haut, on observe Bangkok. La ville est vraiment construite à la verticale. Le métro et les autoroutes passent au dessus des rues, parcs et habitations. Ce qui nous étonne le plus c’est la verdure. On s’attendait à une ville très bétonnée, mais partout on voit la cime des arbres qui pointe.

Il est tôt, les gens partent travailler, mais les descentes et montées dans les rames se font dans le calme le plus complet. Les longues files d’attente laissent la place pour les voyageurs qui descendent. Et dès que la rame commence à être remplie, les gens arrêtent de monter. C’est un choc pour les ex-parisiens que nous sommes. En France, on fait tenir 3 à 4 fois plus de personnes au m², et c’est la cohue tous les matins sur les lignes les plus encombrées.

Arrivés à Taksin Station, on descend pour prendre le bateau. Un premier guichet tente de nous vendre une carte à la journée pour 150 bahts. Nous ne voulons pas prendre les bateaux touristiques mais les bateaux que prennent les Thaïs à 15 bahts. Un peu plus loin, on trouve le bon embarcadère.

Le bateau remonte le Chao Phraya, le fleuve qui traverse Bangkok, en marquant des arrêts sur les deux rives. L’eau est dégueulasse. Pleine de détritus. D’ailleurs quand on monte à bord, quelqu’un semble avoir oublié ses tongs. Ni une ni deux, les gens devant nous les jettent par dessus bord. Ok…

On descend à Tha Chang, comme tous les autres touristes. Avant de rejoindre le Grand Palais, on veut voir le Wat Mahathat. Je lis mon guide pour en savoir un peu plus sur ce temple et un thaï nous aborde pensant que l’on est perdu. Il nous dit de ne pas y aller car c’est l’heure de la prière. Il faut revenir à midi. En attendant, il peut nous emmener en tuk-tuk voir un Bouddha debout. Ben tiens. Heureusement qu’on était prévenu que ce genre de pratiques étaient courantes, on y va quand même et bien sûr on peut y accéder, aucune prière en vue !

On n’est pas entré par la porte principale et on se retrouve perdu dans les bâtiments autour du temple. Un autre thaï nous accoste et nous fait une petite visite guidée. Il nous montre le grand Bouddha, quelques tours et vitraux, et nous pose plein de questions sur notre voyage. Quand on lui dit que l’on va au Grand Palais, il nous dit que le temple est fermé jusqu’à 14h et nous conseille d’aller au Wat Arun en attendant.

On ne l’écoute pas et on y va quand même et nous avons eu raison, le temple est bien ouvert. En revanche, le palais ferme à partir de 13h à cause d’une cérémonie en l’honneur du défunt Roi. Si on avait suivi son conseil, on serait arrivé trop tard !

La circulation dans le Grand Palais est très compliquée. Il y a un nombre incroyable de touristes, seuls ou en groupes organisés. Tellement que les piétons forment des bouchons aux entrées et aux sorties ! La tenue est stricte ici. Mon bermuda ne passe pas, j’enfile donc un de ces pantalons hyper léger et large qu’on a trouvé sur les marchés. Emilie passe un foulard autour de ses épaules pour les couvrir. Mais les contrôles sont minutieux et elle se fait recaler. Elle est forcée d’acheter un t-shirt à la boutique souvenir si elle veut rentrer. Partout ailleurs il était possible de se faire prêter des vêtements mais ici non. À la boutique, on est nombreux à venir acheter les vêtements les moins chers possibles (on repart avec un t-shirt pour homme, noir et trop grand, vendu au même prix que chez nous), ce racket me fait un peu raler mais les vendeuses ont l’air d’avoir l’habitude !

Malgré cela, il vaut la visite ! Le Wat Phra Kaeo est immense et très varié, bien plus que tous les temples que l’on a vu avant ! Quand on arrive dans la partie du Grand Palais, on constate que les invités pour la cérémonie commencent à arriver. Tous sont vêtus de noir et attendent de pouvoir entrer. Du coup on est bloqué derrière des ficelles. On ne sait pas si c’est toujours comme ça ou si d’autres jours il y a plus à voir…

Il est midi et la chaleur est écrasante. Ajoutée au petit déjeuner copieux, on n’a pas faim et on achète juste deux thés glacés en sortant. Ensuite on marche pour rejoindre le Wat Pho. Un nouveau thaï nous accoste pour nous proposer de nous emmener voir un grand Bouddha debout. Dis donc il est à la mode lui… Sans façon, on se débrouille !

Le Wat Pho est un grand temple très ancien. Il rappelle un peu le temple précédent mais en plus vieux. Il est connu pour son célèbre Bouddha couché ! Ici aussi les contrôles sur la tenue sont stricts mais cette fois on est prêt !

Le premier bâtiment que l’on voit est très grand, et quand on y entre, on y découvre le Bouddha couché qui y tient à peine. Il touche les murs et le plafond ! Impressionnant ! On ne réussit même pas à le prendre en photo.

On se balade ensuite dans le reste des “dépendances”. Partout on trouve des Bouddhas assis bien alignés. Il paraît qu’il y en a 394 !

À la sortie du Wat Pho, on envisage de manger mais ce qu’on trouve est soit bondé soit dégoûtant… On verra plus tard. Direction le Wat Arun qui se trouve… de l’autre côté de la rivière ! Il faut prendre un ferry pour traverser. C’est marrant, ce fleuve sans ponts et ces bateaux qui se prennent pour des bus.

À l’entrée du Wat Arun se trouve un très joli jardin très calme. Il y a de la musique un peu plus loin (pour le nouvel an chinois ?), du coup l’ambiance est très sympa.

On est un peu déçu, la tour principale du temple est en travaux. L’échafaudage gâche tout… Sans cela, le temple doit être vraiment très joli. On s’y balade un peu, puis on s’installe dans le jardin avec deux nouveaux thés. On n’arrête pas de boire mais pourtant on sent qu’on se déshydrate avec cette chaleur !

Après cela, on reprend le bateau jusqu’à Taksin Station...

...puis le métro jusqu’à Siam Square. C’est ici le centre actuel de Bangkok. On voulait s’y promener un peu mais on déchante vite. Une succession de centres commerciaux aux allures de labyrinthes, des rues encombrées par la circulation, très bruyantes, impossibles à traverser sans passer par les passerelles aériennes qui rallongent le trajet…

On est rapidement saoulé et on décide de rejoindre la Baiyoke Tower située quelques pâtés de maisons au dessus. On découvre vite que marcher dans Bangkok est une vraie galère. Peu de passages piétons, beaucoup de voitures (et de pollution). À mi-chemin, un thaï nous aborde et nous demande où l’on va. Il nous dit qu’on ne devrait pas aller vers la tour. Elle est fermée jusqu’à 20h aujourd’hui. En attendant, on peut aller au Wat Arun ou dans les centres commerciaux. C’est vraiment un fléau ce truc ! On aura parlé à 4 thaïs aujourd’hui et les 4 auront essayé de nous envoyer ailleurs !

On continue de marcher. Les derniers mètres sont les plus agaçants. On se retrouve dans une rue bordée par un marché. Il y a à peine la place de passer. Mais nos efforts payent, on arrive à la tour… qui est bien ouverte !

On prend 2 billets et on fait la queue pour les ascenseurs. Nous voilà au milieu d’un groupe. Tout ce monde ici, c’est très désagréable. Arrivés au 83ème étage, on se pose au bar. Notre billet nous donne droit à une boisson. On n’est pas sûr que ce soit une bonne idée vu qu’on a le ventre vide mais on commande deux pina colada. Vu le peu de rhum qu’il semble y avoir dedans, elles ne nous feront pas de mal. Puis on monte au 84ème et dernier étage ! Une passerelle tournante située à 309 mètres de haut offre une super vue sur la ville. C’est une chouette astuce ce truc qui tourne tout seul, pas besoin de se battre avec les gens qui squattent les meilleurs spots. On s’appuie sur la rambarde puis on profite de la vue qui défile.

Il est bientôt 18h, le soleil approche de l’horizon et les lumières de la ville s’allument. La pollution gâche un peu le ciel, mais ça reste une très chouette vue ! Les autoroutes qui se superposent sont pour la plupart bien bouchées.

Avant la nuit noire on descend et on rentre à notre hôtel à pieds. Au coin de la rue, on s’installe au B-Resto pour manger deux pad thaïs. Ça fait combien depuis le début du voyage ?

On est vidé par cette marche et cette chaleur. Il est encore tôt dans la soirée mais on rejoint notre chambre. Ce soir, on ne fera pas long feu !

Jour 16

Bangkok [2/2]

On a du mal à réaliser que c’est notre dernière vraie journée en Thaïlande. On est encore un peu fatigué de toute la marche d’hier mais on a envie de profiter !

Direction le buffet de l’hôtel pour un copieux petit déjeuner, puis on prend le métro. Pour seulement deux stations, ensuite on rejoint à pied le Khlong Saen Saep. C’est un petit canal autrefois utilisé au quotidien pour se déplacer. S’il est aujourd’hui délaissé au profit des routes et voitures, des bateaux sont toujours en service. Ils sont beaucoup plus petits que ceux pris hier sur le fleuve Chao Phraya, mais du coup ils sont aussi plus authentiques. On descend au terminus.

Quelques mètres plus loin se trouve le Wat Saket, aussi appelé Golden Mountain. En haut des 344 marches du temple, on a une jolie vue. Ici, très peu de touristes, on est loin de la cohue d’hier, et c’est très appréciable ! On en profite d’ailleurs pour boire un thé vert bien installés, dans le calme.

Ensuite, on marche jusqu’au Wat Suthat. La première rue que l’on prend sent le bois et la sciure, elle est bordée de petits ateliers de menuiserie qui exposent leurs créations dans la rue. De la porte à la sculpture, on y trouve de tout !

Sur le trajet, on aimerait bien passer par le marché des amulettes. On se trouve dans de toutes petites rues, heureusement qu’il y a quelques autres touristes sinon on serait un peu inquiets tant cela ne paye pas de mine. Finalement on arrive au Wat Suthat sans même avoir trouvé le marché. Le temple est très grand et très peu fréquenté. On se délecte de cette tranquillité.

Puis on descend jusqu’aux quartiers indiens. On traverse le marché Phahurat, et ses nombreux stands de vêtements ou de nourriture. L’avancée est difficile tant la place est réduite.

Enfin, on se dirige vers les quartiers chinois. On ne doit pas être là où on le devrait. Notre guide parle d’échoppes et de restaurants, on est plutôt dans une sorte de zone artisanale. Pourtant pas de doute, on est bien dans Chinatown, tout est traduit dans les alphabets thaï et chinois… Il fait bien trop chaud pour faire demi-tour, on rejoint le Khlong et on prend le bateau en direction de la maison de Jim Thompson. Cet architecte américain reconverti en espion a fait fortune en exportant la soie thaïlandaise à l’international. Sa maison, une demeure thaï traditionnelle est aujourd’hui un musée.

Mais avant de visiter, on s’installe au restaurant afin de ne pas reproduire notre erreur d’hier !

La visite est obligatoirement guidée, mais on a de la chance, il y a une visite en français ! On ressort de là avec plein de nouvelles connaissances sur l’architecture thaï, et sur les spécificités apportées par Jim Thompson (son immense maison est en fait l’assemblage de 6 autres maisons !). C’était très intéressant.

Sur le chemin vers le métro, on fait un arrêt obligatoire pour un de nos derniers (le ?) thé thaï, puis on rentre dans quelques magasins de marques pour comparer le prix des produits avec nos prix français. Plusieurs fois on a croisé des offres à des prix incroyablement bas et on a soupçonné des contrefaçons. En voyant les étiquettes avec des prix comparables à ceux que l’on a en europe, on confirme nos doutes !

La journée est loin d’être finie, mais on rentre à l’hôtel préparer nos sacs afin de profiter ensuite pleinement de la soirée ! Mais finalement le salon de massage situé à l’entrée de l’hôtel nous fait plus envie. On monte se doucher puis on demande deux massages. Un massage thaï pour moi et une réflexologie des pieds pour Emilie. Pendant une heure on se fait malaxer, compresser, étirer, contorsionner avec énergie. On ressort de là super détendu, c’était génial et n’avait rien à voir avec l’attrape touristes dans lequel on s’était fait avoir à Ao Nang.

Le soir, on trinque à ces excellentes vacances avec deux pina colada (ou plutôt coroda comme c’est écrit sur la carte du B-Resto), puis on commande un curry vert au poulet et un curry rouge aux crevettes. Les plats sont beaucoup trop épicés. Et les légumes n’ont vraiment pas bon goût. Quelle déception, dire que j’avais failli faire un sans faute !

Jour 17

Voilà, c'est fini. Un dernier petit déjeuner, puis on ferme les sacs et on retourne prendre le métro en direction de l'aéroport.

Nous sommes là plus de 2h avant le départ, l'enregistrement est rapide, mais on nous conseille de ne pas trainer et d'aller directement passer la sécurité car il y a du monde aujourd'hui. En effet, rien n'est automatisé, des agents de douane vérifient tout manuellement, l'attente est très longue. Pas de soucis pour nous, grace à notre avance on est dans les temps pour avoir notre vol (on apprendra à notre retour en France que très régulièrement des passagers ratent leur vol à Bangkok à cause de la sécurité des frontières qui est surchargée). Dans un peu plus 13h, nous serons à Paris :'(